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Full text of "Catalogue de la faune de l'Aube, ou, Liste méthodique des animaux vivants et fossiles, sauvages ou domestiques : qui se rencontrent, soit constamment, soit périodiquement, dans cette partie de la Champagne / par Jules Ray"

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FAUNE DE L'AUBE. 



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2£3 CATALOGUE 

FAUNE 



DELA 



AUBE, 



OU 

XaXS'PS MÉTHODïQtTS 
He§ Animaux 

VIVANTS ET FOSSILES, SAUVAGES OU DOMESTIQUES, 
Oui se rencontrent, soit constamment, soit périodiquement, 

DANS CETTE PARTIE DE LA CHAMPAGNE; 

Par Jules BAY, 
» » > 

Membre correspondant de la Société d'Agriculture de rAube ? 

Membre de la Société Cuviérienne. 



(Extrait de VÀjgnjÂMA de 1843, publié à Troyes, sous les 
auspices de la Société d'Agriculture, 'Sciences; Arts et Belles- 
Lettres de l'Aube. 

- ***+*=**-—**- RICHMONP • ' 

TROYES. ^ 

IMPRIMERIE ET LITHOGRAPHIE BOUQUOT. 
1843. 

». DR0U6T. - TftôTO, 



DE LA 



Faune du département de l'Aube, 



LISTE MÉTHODIQUE 

Des Animaux vivants et fossiles, sauvages ou domestiques, qui se 
rencontrent, soit constamment, soit périodiquement, dans cette 
partie de la Champagne. 



^ÏH^SH 



3tttvti00sment. 



Ce n'est pas un traité d'histoire naturelle, mais seu- 
lement un catalogue que je viens offrir à la Société d'A- 
griculture, comme Esquisse d'une Faune de l'Aube. Je n'ai 
pas eu, un seul instant, la prétention de présenter des 
aperçus nouveaux ; les observations que j'ai pu faire 
sont trop peu nombreuses. Je ne donne ici qu'une 
simple liste des espèces, mais avec l'indication précise 
des localités ou on les rencontre ; encore n'ai-je abordé 
dans cette nomenclature qu'une partie du sujet. Il 
n'est peut-être pas un seul des cantons de notre dé- 



- 4 - 

parlement qui ne possède des animaux ou des plantes 
qui lui soient tout-à-fait propres et dont quelques es- 
pèces ne soient pas encore décrites. On croit assez géné- 
ralement qu'il n'y a plus rien à découvrir, ni même 
à étudier en fait d'histoire naturelle dans le pays que 
nous habitons; c'est là, je crois, une grande erreur. 
Je citerai quelques exemples : les chauves-souris, les 
musaraignes sont-elles bien connues ? Depuis Buffon, 
plusieurs nouvelles espèces ont été trouvées au centre 
de la France ; qui pourrait affirmer qu'il n'en existe pas 
d'autres encore ? N'y a-t-il plus rien à dire sur les dif- 
férentes espèces de mulots et de campagnols, qui font 
le désespoir des cultivateurs ? Parmi les fauvettes, les 
quatre â cinq espèces de pouiilots de France, qui ont en- 
tre elles de si grands rapports, scnt-eiles bien détermi- 
nées ? Peut-on se flatter de connaître suffisamment les 
œufs des oiseaux? Les auteurs ne s'accordent guère, 
et sans aucun doute de grossières confusions ont été 
faites dans cette partie de l'histoire naturelle. Les 
mues, simples et doubles, si intéressantes chez quel- 
ques oiseaux, les lézards, les salamandres, dont on ne 
peut qu'avec peine distinguer les espèces, n'ont-ils pas 
besoin d'être mieux étudiés ? On pourrait presque dire 
que les poissons des mers les plus éloignées sont 
mieux connus que ceux de nos rivières. Plusieurs 
petites espèces ne sont pas encore décrites, d'au- 
tres se trouvent confondues. Combien d'autres ques- 
tions n'aurait-on pas à soumettre à un examen 
long, attentif et détaillé? Si tout n'est point encore 
dit pour la connaissance des espèces, combien de 
lacunes doit-on s'attendre à trouver, à plus forte rai- 
son , dans ce qui est relatif à leurs mœurs, à leur 
genre de vie, etc. En effet, presque tout est à étudier 
de nouveau pour rendre complète l'histoire des ani- 
maux qui vivent chez nous. Ne reste-t-il pas à faire 
des observations suivies sur les passages réguliers et 
irréguliers des oiseaux ? à connaître quelle est la cause 
qui peut rendre ce passage abondant dans certaines 



— 5 — 
années, cl presque nui dans d'autres? Enfin n'avons- 
nous plus à rechercher si parmi tant d'espèces qui 
nous environnent, il ne s'en trouverait pas que nous 
pourrions asservir, comme nous avons réussi à le faire 
pour des espèces étrangères? 

Mais il est bien difficile que les hommes, qui s'occu- 
pent en grand de la science, fassent par eux-mêmes 
tant d'observations minutieuses. Que les naturalistes 
de Paris tracent les grandes divisions, qu'ils généra- 
lisent, en un mot qu'ils fassent la synthèse, c'est leur 
tâche. N'en est-il pas une autre, plus humble, mais 
utile aussi, qui naturellement doit échoir aux natura- 
listes de province ? En toutes choses, il faut des spé- 
cialités et de l'analyse. Si donc chaque département, 
se renfermant dans le cercle qui lui est tracé, pouvait 
résoudre les questions d'histoire naturelle qui le con- 
cernent, la science ne trouverait-elle pas là une grande 
source de progrès ? 

Il y aurait, ce me semble, avantage incontestable^ 
sous tous les rapports, si les sociétés scientifiques et 
littéraires de province s'occupaient d'une manière 
toute spéciale de ce qui regarde la circonscription à la- 
quelle eiles appartiennent, et si les musées départe- 
mentaux d'histoire naturelle contenaient plus particu- 
lièrement les sujets du département. Tout ce qui est 
exotique y serait admis seulement comme objet de 
curiosité ou de comparaison. Ces collections particu- 
lières prendraient alors un véritable intérêt, parce 
qu'elles pourraient devenir complètes ; il serait bien 
plus utile de réunir plusieurs individus d'un môme 
animal indigène, différant entre eux par l'âge, le sexe, 
et pris à différentes époques de l'année, que de se 
procurer une nouvelle espèce venant à grands frais 
de l'Océanie : car, c'est en comparant et en étudiant 
ces différences de robe ou de plumage qu'on arrive 
tous les jours à découvrir les erreurs de Buffon et de 



_ 6 — 

Linnée, qui d'une seule espèce parfois en ont formé 
plusieurs. 

Après les vœux que je me permets d'exprimer, on 
trouvera sans doute bien mince la part que je viens 
prendre à leur réalisation. 

J'ai dû laisser de côté les mollusques, les articulés 
et les rayonnes, sur lesquels je n'avais pas de notions 
suffisantes, et qui demanderaient de longues observa- 
tions toutes spéciales; je ne me suis occupé que des 
vertébrés. 

Il est à désirer que les personnes qui ont étudié plus 
particulièrement les autres divisions continuent cette 
liste. Ainsi M. Cottet en peu de temps pourrait com- 
pléter le catalogue des mollusques dont, depuis plu- 
sieurs années, il a commencé l'étude, et 1V1M. Carte- 
reau et Dupin, celui des articulés. 

Le faible travail que je présente, si aride qu'il soit, 
m'a demandé beaucoup de temps et de recherches ; à 
défaut d'autre mérite, je voulais qu'il eût au moins ce- 
lui de l'exactitude. Il me paraît utile; il détermine Té 
tendue de nos richesses en une certaine partie de l'his- 
toire naturelle, et il fixe l'objet de nos études. Ce ca- 
talogue peut guider dans la recherche des animaux 
que le musée doit aspirer à posséder, et diriger les 
amateurs du département dans l'étude de tous ceux 
qu'ils doivent désirer connaître. Il peut encore être 
utile aux personnes qui s'occupent de la statistique de 
quelques-unes de nos localités. 

Peu de personnes dans notre département s'adon- 
nent, il faut bien l'avouer, aux études scientifiques, et 
de toutes les sciences la zoologie est la plus délaissée. 

La collection d'histoire naturelle appartenant à la 
Société d'Agriculture, a commencé à être organisée 
en 1830 par le zèle éclairé de MM. Patin et Leymerie, 
et d'après les vœux déjà exprimés quelques années au- 



paravant par M. Delaporte. Elle eut pour premier 
noyau quelques objets provenant de l'ancien lycée qui 
précéda la société actuelle, recueillis par M. Serqueil, 
membre le plus zélé de cette société, et son secrétaire, 
et qui, depuis les désastres de 1815, restaient enfouis 
dans des armoires de la bibliothèque. Le conseil mu- 
nicipal y ajouta une collection de minéralogie, qui 
avait été donnée à la ville par un généreux conci- 
toyen. 

Un appel fait au public ayant bientôt rendu in- 
suffisant le local de l'hôtel de la préfecture, occupé 
par la société, il fallut chercher un emplacement plus 
convenable, et les salles inférieures des bâtiments de 
St. -Loup, dont la jouissance avait été concédée au ly- 
cée pour le même usage, furent rendues en 1831, 
par le conseil municipal de Troyes , à la nouvelle 
Société d'Agriculture. Le conseil-général accorda des 
fonds pour y établir quelques armoires vitrées, et le 
conseil municipal vota avec empressement les sommes 
nécessaires pour l'achèvement de ces armoires et pour 
mettre ces salles en état. 

Il est à regretter que, depuis longues années, le con- 
seil-général n'ait accordé aucun secours à cet utile 
établissement, et qu'en raison de ce qu'il appartient 
à la Société d'Agriculture, qui est une institution dé- 
partementale, la ville de Troyes ne l'ait pas pris entiè- 
rement à sa charge. 11 résulte de cet état de choses, 
que ses collections ne reçoivent que bien peu d'ac- 
croissement. La Société d'Agriculture, qui n'a point 
assez de ressource et qui ne peut plus guère en espérer 
du conseil-général pour donner au musée l'extension 
dont il a besoin, obtiendrait peut-être, en le plaçant 
sous le patronage de la ville, qu'une allocation annuelle 
fournît les moyens de l'entretenir et de le compléter. 

Pour que le musée de St. -Loup présente un intérêt 
positif et immédiat, pour qu'il devienne véritable- 



ment profitable à l'instruction publique, il faut que 
des cours d'histoire naturelle y soient régulièrement 
faits, et qu'un jardin botanique, que tant de per- 
sonnes réclament, y soit établi dans l'emplacement, 
maintenant inutile, qui attend cette destination. Quels 
avantages ne retireront pas de ces cours les élèves du 
collège qui se destinent aux sciences, en trouvant ainsi 
à leur disposition le complément indispensable des 
cours de chimie et de physique qu'ils suivent déjà ! 

Outre cette collection, il en est bien peu d'autres 
que l'on puisse citer : qu'il me soit permis de passer 
en revue les cabinets de zoologie que possède le dépar- 
tement. 

Mais d'abord jetons un regard en arrière et déplo- 
rons la perte que la science a faite dans notre pays, 
en la personne de M. Serqueiî, médecin distingué, 
zélé pour les sciences naturelles, mort en janvier 1814, 
victime du dévouement qu'il montra en soignant les 
malades qui encombraient non-seulement l'hôpital, 
mais encore St.-Nizier et Févêché actuel, pendant l'é- 
pidémie qui fit tant de ravages à cette époque. 

Lors de l'établissement à Troyes d'une école cen- 
trale, M. Serqueiî fut chargé du cours de zoologie et 
de botanique. Il avait su faire partager aux élèves 
qu'il réunissait autour de lui, son amour pour la science 
dont l'étude remplissait les courts loisirs que lui lais- 
sait le soin de ses malades. Ses élèves se rappellent en- 
core avec plaisir les excursions scientifiques qu'il di- 
rigeait, s'occupant, suivant la saison, tantôt de zoo- 
logie, tantôt de botanique. II avait rassemblé et classé 
dans son cabinet les animaux de notre pays, et son 
herbier renfermait trois mille plantes, qu'il avait re- 
cueillies, soit dans le midi de la France quand il étu- 
diait la médecine à Montpellier, soit dans nos contrées 
qu'il avait explorées en tous sens. Il avait érigé en jar- 
din botanique le terrain qui dépend de Févêché, et qui 



— 9 — 
toi avait été concédé pour la démonstration de son 
cours, conformément à l'arrêté du directoire qui avait 
décidé que chaque chef-lieu da déparlement aurait 
son jardin des plantes. Plus tard il transporta son jar- 
din botanique dans les dépendances de l'ancienne 
abbaye de St.-Loup. Il est bien à regretter que les pré- 
cieuses collections que Ton devait à son zèle infati- 
gable aient été dispersées et perdues pour les ama- 
teurs. 

ïl ne reste plus qu'une très-faible partie de son ca- 
binet, qui à sa mort est passée entre les mains de M. 
Simon not, juge-de-paix à Troyes. 

Ces collections, les premières qui aient existé à 
Troyes, et les cours que M. Serqueil professa pendant 
quelques années, ont sans aucun doute donné la pre- 
mière impulsion à l'étude des sciences naturelles dans 
notre pays. 

M. Jourdain, d'Ervy, savant numismate qui a con- 
sacré tant d'années à former une collection de mé- 
dailles des plus précieuses, est encore bien connu par 
son cabinet d'histoire naturelle, où se trouvent ras- 
semblés la plupart des mammifères et des oiseaux du 
département. Ce cabinet, remarquable par le nombre 
des individus qu'il renferme, offre quelques oiseaux 
dont le passage dans nos contrées est excessivement 
rare; M. Jourdain paraît avoir abandonné la zoologie 
pour consacrer tous ses instants et tous ses soins à 
l'augmentation des richesses de son médailler, dont 
heureusement la possession est acquise à la ville de 
Troyes. 

C'est à l'obligeance de M. Jourdain que l'on doit 
une liste des mammifères et des oiseaux de son cabi- 
net, insérée dans l'Annuaire de l'Aube en 183ZJ. 

A propos de cette notice, je ferai, dans l'intérêt de 
la science, avec la réserve que me commande la haute 



ÎO 

opinion que j'ai dû savoir de M. Jourdain, une obser- 
vation qui n'est peut-être pas sans quelqu'impor- 
tance. La plupart des nombreux albinos, qui sont in- 
diqués dans cette notice sous le nom d'espèces, ne 
seraient-ils pas seulement des variétés passagères et ac- 
cidentelles, occasionnées par la vieillesse, par quelque 
maladie, par un froid subit au moment de la mue, ou 
peut-être par une décharge d'électricité sur le fœ- 
tus ? (*) 

Comme entomologiste distingué, on doit citer au 
premier rang M. Dupin, médecin à Ervy, dont la pré- 
cieuse collection de lépidoptères ne pourrait trouver 
de rivale qu'à Paris. Pour nous, ce qui en fait surtout 
le prix, c'est qu'elle a été rassemblée dans le pays, 
et que les échantillons ne proviennent point d'achat, 
mais de larves trouvées dans des excursions et soignées 
jusqu'à la sortie de l'insecte parfait. 

M. Dupin a fait la promesse désintéressée de dé- 
poser au Musée de Troyes une collection de lépidop- 



(*) Cette dernière cause peut, si je ne me trompe, avoir une 
grande influence ; voici du moins ce qui me porte à le croire : 
dans un pays que j'ai habité quelques temps, je voyais très-sou- 
vent une ou deux pies presque blanches. Comme je cherchais 
à rn'expliquer cette anomalie, je me rappelai que quelquefois 
dans la grille de l'hôpital de Troyes, on dénichait de jeunes 
moineaux blancs, dont le père et la mère avaient le plumage 
ordinaire. Il me semble voir une coïncidence remarquable dans 
ces deux faits : une grille de fer est un excellent conducteur de 
l'électricité, et les peupliers où nichent communément les pies , 
quoique moins bons conducteurs de leur nature, deviennent, 
par leur élévation, de grandes voies de communication électri- 
que dans les temps d'orage. 

Il est encore un fait bien connu que je citerai à l'appui de mon 
raisonnement : le tonnerre fait souvent mourir le fœtus dans 
l'œuf, cela est constant; or, quand il ne le tue pas, ne peut-il 
pas l'émouvoir au point de faire changer de couleur les plumes 
à peine formées? On a vu des chevelures d'hommes encore jeu- 
nes blanchir presque instantanément sous le coup des émotions 



— 11 — 

tères de l'Aube, aussitôt qu'un endroit convenable 
aura été préparé pour les recevoir. Espérons qu'on 
répondra à une offre si belle , en se metlant sans re- 
tard en mesure de l'accepter. 

Bar-sur-Seine possède un amateur d'entomologie 
qui s non content d'étudier les lépidoptères ainsi que 
M. Dupin, s'occupe de rassembler les divers ordres 
des insectes. Il est malheureux que les occupations 
trop nombreuses de M. Cartereau, comme médecin, 
ne lui permettent pas de nous faire connaître, dans les 
Mémoires de la Société d'Agriculture, les découvertes 
qu'il fait tous les ans. 

C'est à M. Cartereau que Ton doit l'herbier des 
plantes cryptogames de l'arrondissement de Bar-sur- 
Seine. Cette précieuse collection , dont les échantil- 
lons ont été revus avec soin par le docteur Mougeot, 
des Vosges, qui s'occupe exclusivement de cryptoga- 
mie , et dont on connaît la compétence en pareille 
matière, est déposée au Musée de Troyes, à côté de 



morales ; les émotions physiques ne peuvent-elles changer aussi 
la couleur de la robe des animaux? Peut-être pourrai-je donner 
plus tard des preuves plus positives du système que je hasarde ; 
je me propose préalablement de renouveler et de vérifier quel- 
ques expériences. 

Du reste, ce ne serait là qu'une cause passagère d'albinisme, 
car les êtres qui pourraient provenir de ces albinos ressemble- 
raient, sans aucun doute, à l'espèce primitive. Il ne faudrait donc 
pas, au nombre des espèces, ajouter tous les animaux qui ne se 
rencontrent qu'accidentellement en robe blanche. Toutefois il 
est des variétés constantes (ou races) *, dans lesquelles l'albi- 
nisme est naturel et se transmet aux enfants. (Ex. la souris 
blanche). Ces exceptions sont rares, et on en fait facilement la 
distinction. 

* Il faut savoir bien distinguer les variétés purement accidentelles (dont nous ne 
parlerons point dans le catalogue de notre Faune) de.*< variétés constantes, ou races : 
celles-ci reproduisent leur anomalie dans leurs enfants, tandis que les enfants des 
premières ressemblent constamment à la souche primordiale. 



— ï 2 

l'herbier de l'Aube, que l'on doit aux courses scien- 
tifiques de M. Des Etangs. 

 Chaource, nous avons visité avec plaisir le ca- 
binet de M. Coffinet, qui a réuni la plupart des mam- 
mifères et des oiseaux de son canton, et qui peut offrir 
quelques sujets fort rares dans nos contrées. 

Nous devons encore citer M. Du pré , médecin à 
Bar-sur-Aube , qui a bien voulu plusieurs fois dis- 
traire de sa collection divers animaux préparés, pour 
en enrichir notre Musée. 

A Briel, M. Gaston de Mesgrigny rassemble dans 
un cabinet, qui deviendra précieux, les mammifères 
et les oiseaux qu'il doit à son adresse de chasseur. Le 
voisinage des forêts et de plusieurs étangs favorise l'ac- 
croissement de cette collection intéressante. 

D'autres cabinets se forment encore. 

Ainsi, M. Lenfant, maire de Romilly, voisin de la 
Seine et de plusieurs marais, a pu rassembler les oi- 
seaux de passage qui, l'hiver, fréquentent nos con- 
trées. 

M. Rabiet , chirurgien à Saint-Lyé, a entrepris, 
depuis quelques années, l'étude de la zoologie, et 
chaque saison lui amène quelques individus nouveaux 
à ajouter au fort beau commencement de collection 
qu'il possède déjà. 

Outre les collections que je viens de citer, j'indi- 
querai encore celle que j'ai rassemblée moi-même; 
elle a servi de base à mon travail, et, si elle n'est pas 
des plus nombreuses, elle offre au moins une réunion 
assez complète des animaux vertébrés recueillis dans 
le département. J'y ai joint, en outre, les nids et les 
œufs de la plupart des oiseaux de nos contrées. 

Pour le classement, j'ai suivi autant que possible. 



— i5 — 

ie système du règne animal de Cuvier. Je dis autant 
quepossible,parcequ'il est des suppressions et des chan- 
gements inévitables et nécessaires dans les familles et 
dans les genres, quand on a les animaux d'une seule 
contrée à étudier. Four les oiseaux, j'ai cru devoir 
adopter les espèces admises par Temminck, dans son 
Manuel d'Ornithologie, dont la supériorité sur tous 
les traités de ce genre n'est plus contestée, et qui est 
le plus généralement suivi par les amateurs. 

Pour les espèces litigieuses, nouvelles ou mal dé- 
crites, j'ai comparé avec soin mes échantillons avec 
les échantillons-types des Musées de Paris, et j'en ai 
soumis plusieurs à l'examen de naturalistes exercés : 
c'est ainsi que M. Bibron , collaborateur de M. Du- 
méril, pour l'histoire des reptiles, des suites à Buffon, 
a bien voulu, avec une complaisance dont je ne sau- 
rais trop le remercier, vérifier mes reptiles et quelques- 
uns de mes poissons. M. Dumérila eu aussi la bonté de 
me donner la solution de quelques questions qui m'em- 
barrassaient. 

Tout en conservant un classement scientifique, né- 
cessaire, j'ai tâché d'être facile à comprendre; je me 
suis reporté à l'époque où, commençant l'étude de 
l'histoire naturelle , je manquais d'un ouvrage spé- 
cial qui pût me guider dans l'étude des animaux 
de mon pays. Je n'ai point la prétention d'écrire pour 
les savants, et je n'ai pas perdu de vue que je m'a- 
dressais principalement aux élèves de notre collège : 
je serais heureux si mon travail pouvait servir de base 
à leurs collections naissantes. 

Je mentionne bien quelques espèces que je n'ai 
pas rencontrées moi-même, et sur lesquelles je man- 
que de renseignements locaux; mais, dans ce cas, j'ai 
indiqué la source à laquelle j'ai puisé. 

J'ai ajouté le nom vulgaire sous lequel certains 



- 14 - 

animaux sont généralement connus dans notre dé- 
partement; j'ai vu là un moyen de populariser la 
science. On remarquera combien est quelquefois vi- 
cieuse l'application de ces noms. Par exemple, le lérot 
est commu nément appelé loir ; la cresserelle est connue 
sous le nom d'énierillon , le bruant sous celui de 
verdière, le torcol est appelé par les chasseurs or- 
tolan , etc. 

Je prie ici les personnes qui pourraient signaler les 
omissions et les inexactitudes qui doivent nécessaire- 
ment se rencontrer dans cette Faune de l'Aube, de 
vouloir bien communiquer leurs observations. 

Pour que ce catalogue devienne aussi complet que 
possible, il faut le concours de plusieurs, et, dans 
quelques années , il est probable qu'un supplément 
deviendra nécessaire. 

Je remercie les personnes qui ont bien voulu m'ai- 
der de leurs conseils, sans lesquels ce petit travail 
n'aurait sans doute jamais eu lieu, et je leur en té- 
moigne ma reconnaissance. Je dois citer M. Cottet, 
conservateur-adjoint de notre Musée , qui m'a com- 
muniqué une foule de renseignements sur nos fos- 
siles, et qui a bien voulu me donner plusieurs modèles 
en plâtre, coloriés. 

M'adonnant depuis l'enfance à la zoologie, dont 
l'étude est mon bonheur, je n'ai pu résister au désir 
de faire connaître mes observations. Avec la cons- 
cience de mon insuffisance, j'ai cédé au penchant qui 
m'entraînait. Je m'estimerai heureux si je contribue 
à répandre le goût des collections indigènes, et si cet 
essai, excitant l'émulation d'amateurs plus capables, 
les amène dans la carrière : n'aurait-il pas d'autre 
résultat, que je m'applaudirais de l'avoir provoqué. 



— i5 — 



NOMS DES AUTEURS CITÉS : 

les Mammifères. Pour les Oiseaux. Pour les Reptiles. Pour les Poisson». 



Bâillon. 

Blumenbach. 

Buffon. 

F. Cuvier. 

G. Cuvier. 

DeSelys Longchamps 
Desmarets. 
Erxleben. 

Geoffroy St-Hilaire. 
Gmelin. 

J. Hermann. 

Linnée. 

Pallas. 

Shaw. 

Sowerby. 

Wagler. 



Bechstein. 

Bremh. 

Brisson. 

Buffon. 

G. Cuvier. 

Frisch. 

Gmelin. 

Gould. 

Illiger. 

Latham. 

Leisler. 

Linnée. 

Meyer. 

Montagu. 

Savi. 

Scopoli. 

Swainson. 

Temminck. 

Vieillot. 

Wolf. 



Boié. 

Bonaparte, Ch. 

Daudin. 

Dugés. 

Fontana. 

G. Cuvier. 

Gmelin. 

Jacquin. 

Kuhl. 

Lacépède. 

Latreille. 

Laurenti. 

Linnée. 

Merrem. 

Milne Edwards, 

Risso. 

Rœsel. 

Schinz. 

Wagler, Jean, 



Agassiz. 
Bloch. 
Duhamel. 
Duméril. 
G. Cuvier. 
Gmelin. 
Jurine. 
Lacépède. 
Linné. 
Rafinesque. 
Schneider. 
Valencienne» 
Vallot. 



Pour Pindication des ouvrages de ces naturalistes, on cher- 
chera dans les catalogues ou les biographies. 



Signes et Abréviations. 



R. R. 


Très-rare. 


C. 


Commun. 


R. 


Rare. 


ce. 


Très-commun. 


A.R. 


Assez rare. 


J 


Signe de certitude 


A. C. 


Assez commun. 


? 


Signe de doute. 



SIGNES ET ABREVIATIONS POUR LES OISEAUX. 



®. Se rencontre toute Tannée. 
H. — pendant l'hiver. 
P. — pendant le printems. 



E. Se rencontre pendant l'été. 
A. — pendant l'automne. 
N. Niche dans le département. 



— i6 — 



La connaissance du règne animal (zoologie) com- 
prend : 

1" FORME. — AmimawoD Verié&rés. 



A SANG CHAUD. 



Classe 1" 
Classe 2 e 



Ciasse 3 e . 
Classe h\ 



Les Mammifères (Mammalogie). 
Les Oiseaux (Ornithologie). 



A SANG FROID. 



Les Reptiles 
Les Poissons 



(Erpéthoiogie). 
(Ictyologie). 



Classe 
Ciasse 
Classe 
Classe 
Classe 



FOEME. — AmiwM&woc Wlaiëwsqtues. 
5 e . Les Céphalopodes. 



Classe 10 e 



Les Ptéropodes. 
Les Gastéropodes. 
Les Acéphales. 
Les Branchipodes. 
Les Cirrhopodes. 



3 fi FOKftSS. — Amimmwmt® ArttcwMés* 



Classe 11 e . 
Classe 12 e . 
Classe 13 e . 
Classe 14 e . 



Les Annélides. 
Les Crustacés. 
Les Àrachmides. 
Les Insectes. 



4 e FORME. — An,iÊMMM& Mi€ë^®mmé®. 

Classe 15 e . Les Echinodermes. 

Classe 16 e . Les Intestinaux. 

Classe 17 e . Les Acalèphes, 

Classe 18 e . Les Polypes. 

Classe 19 e . Les Infusoires. 



- \f) 






LES VERTÉBRÉS. 



i' e CLASSE. — !Les Mammifères, 

QUADRUPÈDES ONGUICULES. 

1" Ordre. Les Bimanes, 

2 e Ordre. Les Quadrumanes, 

3 e Ordre. Les Carnassiers, 

l\ e Ordre. Les Rongeurs, 

5* Ordre. Les Edentés, 

QUADRUPÈDES ONGULÉS. 

6 e Ordre. Les Pachydermes, 
T Ordre. Les Ruminans, 

BIPÈDES A NAGEOIRES. 

8 e Ordre. Les Cétacés, 

Total, 



29 
17 



56 espèces. 



i" ORDRE. — Xes Bimanes. 

Genre Homo, 

ou Caucasienne. 



Qui comprend ! 

La race blanche 
La race jaune, 
La race noire, 
La race rouge, 
La race brune, 



ou Mongolienne, 
ou Ethiopienne, 
ou Américaine, 
ou Hyperboréenne. 



Ces quatre 
races ne sont 
ici que pour 
ordre. 



— 18 — 

2 e ORDRE. — Etes Quadrumanes. 

Cet ordre comprend les singes et autres animaux 
analogues. On ne les trouve ni vivants ni fossiles dans 
le département de l'Aube. 



3 e ORDRE. — lies Carnassiers. 

Ire FAMILLE. — LES CHÉIROPTÈRES. 
Genre Rhinolophus. 
Le Grand Fer-à-cheval. Rhinolophus unihasta- 
tus. (Geoff.) 

Habite l'hiver les carrières souterraines, aux voû- 
tes desquelles il se cramponne la tête en bas; il a la 
singulière faculté de s'envelopper de ses ailes comme 
d'un manteau ; l'été on ne le rencontre plus que 
dans les greniers et dans les crevasses. 

Il n'a été encore observé que dans l'arrondissement 
de Bar-sur-Seine, plus particulièrement aux Ri- 
ceys. (R. R.) 

Le Petit Fer-à-cheval. Rhinolophus bihastatus. 
(Geoff.) 

Se rencontre dans les mêmes lieux que le précé- 
dent, mais plus rarement encore. (R. R.) 

Ces deux espèces, qui diffèrent principalement par 
la taille, ont été ainsi nommées à cause des mem- 
branes du nez, qui imitent un fer à cheval. 

Genre Vespertilio. 
La Chauve-Souris Murin. Vespertilio murinus. 
(Linn.) 

Cette grande espèce habite les vieux bâtiments, 
les crevasses des murs, des ponts, des carrières. 
Elle se rencontre dans tout le département; à 



— *9 — 
Troyes on la voit voler l'été au-dessus des fossés du 
rempart. (G.) 

La Chauve-Souris Noctuîe. Vespertilio noctuta. 
(Linn.) 

Habite les bâtiments, et probablement aussi les 
arbres creux, car on la rencontre autour des ver- 
gers. 

Les individus de ma collection ont été tués sur le 
canal, près du bois de Fouchy. On les voit voler, 
par petites troupes, au-dessus de l'eau. (À. R.) 

La Chauve-Souris Sérotine. Vespertilio seroti- 
nus. (Linn.) 

Habite les arbres creux, et sous les toits des édi- 
fices. 

Je l'ai tuée près du bois de Fouchy; elle sort un 
peu plus tard que la précédente. (A. R.) 

Chauve-Souris Pipistrelle. Vespertilio pipistrel- 
lus. (Linn.) 

Habite les greniers. Son sommeil hivernal est 
peu profond, car on la voit voler dans l'hiver, aus- 
sitôt que le temps s'adoucit. (G. dans les villes.) 

Genre Plécotus. 
L'Oreillard commun. Plécotus auritus (Des- 
mar.) 

Cette espèce habite les arbres creux, les greniers, 
les clochers ; l'hiver on la rencontre dans les car- 
rières, dans les caves, ou elle s'accroche la tête en 
bas. Le nom d'Oreillard lui vient de la longueur dé- 
mesurée de ses oreilles. (G. partout.) 

L'Oreillard Barbastelle. Plécotus barbastellus. 
(Desmar.) 

Habite les combles des vieux édifices, les carriè- 
res; il se suspend par les pieds de derrière comme 
les Fers-à-cheval. (A. R.) 



m. 20 -— ■ 

M. Jourdain l'indique dans son catalogue. Je 
n'en ai encore vu qu'un individu. 

2»e FAMILLE. — LES INSECTIVORES. 
Genre Erinaceus. 
Le Hérisson d'Europe. Erinaceus Europœus. 
(Liniï.) 

Cet animal, que l'on mange dans nos campagnes, 
se tient dans les bois et dans les grandes haies, ou il 
dort pendant le jour. Quand il est inquiété, il lâche 
son urine, et peut se cacher sous ses piquants, en 
ramenant la peau de son dos sur ses flancs. Un fait 
à noter, et déjà connu, c'est qu'il peut se nourrir 
de cantharides, qui sont un poison violent. (A. C.) 

Genre Sorex. 
La Musaraigne Carrelet. Sorex tetragonurus. 
(Herm.) 

Foint dans Buffon. Son nom spécifique lui vient 
de sa queue qui paraît carrée, surtout quand i'ani- 
mal est desséché. 

Elle habite les haies dans la campagne, les bois, 
es garennes ; les renards la chassent, mais ne la 
mangent pas; aussi en parcourant les bois en voit- 
on souvent de mortes sur les chemins. (C) 

La Musaraigne Porte-Rame. Sorex Ciliatus. 
(Sowe.) 

Point dans Buffon. (Les sorex remifer, collaris et 
îineatus de Geoff. sont le même animal ; le dernier, 
à chanfrein blanc, est une variété.) 

Elle habite le bord des fontaines et des rivières ; 
elle nage et plonge assez bien : pour cela elle ferme 
ses oreilles au moyen de Valvules. On l'a nommée 
ciliatus, et porte- rame, à cause des poils raides 
qui bordent ses doigts, et de la rangée de poils serrés 
qui se trouvent sous la queue, comme pour servir 
de gouvernail. J'ai pris les individus de ma collée- 



— 2) 

tion le long de la Barse et de la Laignes (A. R. ou 
plutôt difficile à trouver.) 

La Musaraigne d'eau. Sorex fodiens. (Pall.) 

Ou sorex daubentonii de Geoffroy; le sorex Her- 

manîi de Duvernoy est un vieux : les sorex constric- 

tus d'Hermann, leucodon de Geoffroy, sont des 

jeunes. 

On la reconnaît â son pelage doux comme celui 

des taupes, noir en dessus, blanc en dessous ; elle 

n'a point de taches blanches suî' les oreilles comme 

la précédente. 

Elle habite les bords de nos ruisseaux, où elle se 

nourrit de crevettes et d'insectes. (R.) 

Genre Crocidura. 
La Musaraigne Leucode. Crocidura leucodon. 
(Wagl.) 

Ou sorex leucodon d'Herm. Point dans Suffon. 

Les crocidures se distinguent des musaraignes par 
leurs dents blanches et le» longs poils dont leur 
queue est parsemée. (Dans les musaraignes, la 
pointe des dents est colorée en rouge, et tous les 
poils de la queue sont égaux.) 

La crocidure leucodon habite les tas de pierres, 
les vieux murs dans la campagne ; mais elle est 
R. R. 

La Musaraigne commune. Crocidura aranea. 
(Selys L.) 

Ou sorex araneus des anciens auteurs. 

On la nomme ordinairement Musette. Elle se trouve 
le long des murs, des haies dans les villages, et l'hi- 
ver dans les habitations. Les chats la tuent, mais 
son odeur musquée les empêche de la manger. Cette 
odeur est sécrétée par des glandes, qu'on voit faci- 
lement sur les flancs, quand l'animal est en mue. 
On croit vulgairement que la musaraigne est veni- 
meuse pour les bestiaux, qu'elle les fait enfler ; c'est 



— 22 — 

à tort, car sa morsure est innocente. (C. C.) 

Il est vraiment curieux de voir avec quelle fureur 
et quelle voracité, ce petit carnassier se jette sur 
de la viande, ou des mouches, quand on l'élève en 
cage. 

Genre Talpa. 

La Taupe commune. Talpa Europœa (Linn.) 
Trop C. dans les jardins et dans les prés. On en 
voit quelquefois des variétés accidentelles blanches, 
nankin, grises. (Musée, ma collection.) 

3»e FAMILLE. — LES CARNIVORES. 

§ 1 er . Les Plantigrades. 
Genre Ursus. 
L'Ours des cavernes. Ursus spœlœus. (Blum. et 
G. Cuv.) 

Ses débris fossiles se rencontrent dans les gra- 
viers, ou dans les terrains d'alluvion; plusieurs 
dents de ce mammifère ont été trouvées dans le tuf 
de Resson (près Noge^t-surSeine). Un os a encore 
élé trouvé, près de la Barse, dans le gravier, par 
M. Des Etangs, qui l'a déposé au musée. (R. II.) 

Genre Mêles. 

Le Blaireau ordinaire. Mêles vulgaris. (Desm.) 
Habite les forêts non'marécageuses, et se creuse des 
terriers, ou il reste, sans sortir, quelquefois plus de 
quatre jours, quand il craint le danger. On fait des 
pinceaux avec ses poils, et sa dépouille sert à proté- 
ger la croupe des chevaux de trait. 

Il devient excessivement rare, même dans les con- 
trées où il était commun il y a 25 ans, comme dans 
les bois de Mussy, de Fiel, d'Orient. 

§ 2. Les Digitigrades a ongles fixes. 
Genre Mustela. 
La Marte. Mustela martes. (Linn.) 



— 2 5 — 

Cette belle espèce, dont la fourrure est estimée* 
vit solitaire dans nos plus grandes forêts. On dis- 
tingue facilement cette espèce, à sa gorge jaune, de 
la fouine dont la gorge est blanche. (R. R.) 

La Fouine. Mustela foina. (Linn.) 

On la nomme communément un Foin. Elle habite 
les granges, les tas de bois, et fait beaucoup de tort aux 
éleveurs de volaille ; quand elle pénètre dans un co- 
lombier, elle emporte tout ce qu'elle a le temps de 
tuer. Sa peau d'hiver est recherchée. (À. G.) 

Le Putois. Mustela putorius. (Lion.) 

Son nom lui vient de la mauvaise odeur que sé- 
crètent les glandes de l'anus. 

Cet animal, redouté des fermiers, habite les ga- 
rennes à proximité des villages, suce le sang des vo- 
lailles, des lapins, et se contente quelquefois d'en 
manger la tête. (A. C.) 

Le Furet. Mustela furo. (Linn.) 

Originaire d'Afrique. On l'élève en domesticité 
pour la chasse du lapin de garenne. (A. R.) 

L'Hermine. Mustela erminea. (Linn.) 

Le Roselet de BufFon est l'hermine en pelage d'été. 
Cette espèce, très-vorace, habite les coteaux pier- 
reux, le chevet des vignes; elle se rencontre dans tout 
le département, mais elle y est en trop petit nombre 
pour que nos pelletiers en fassent le commerce. Sa 
fourrure, que tout le monde connaît, est extrême- 
ment belle et recherchée. 

L'hermine, dont la robe est blanche en hiver, re- 
prend en été le pelage roux de la belette, mais elle 
s'en distingue facilement parce qu'elle est plusgrosse, 
et par le bout de la queue, qui est noir en tous 
temps. (R.) 

La Belette. Mustela vulgaris. (Linn.) 

Souvent nommée Bacolle dans nos environs; sa 



- 2 4 - 

petitesse ne l'empêche point d'être dangereuse pour 
la volaille, car elle est très-carnassière» L'été, elle 
habite les champs. 

Les chasseurs doivent la tuer sans pitié, car elle 
détruit les œufs de perdrix et de caille. (C.) 
Genre Lutra. 

La Loutre d'Europe. Lutra vulgaris. (Erxl.) 
Habite le bord des étangs et des rivières, où elle 
se creuse des terriers; on sait combien elle est à re- 
douter pour le poisson. 

Sa fourrure étant très-recherchée, on lui fait 
bonne guerre, ce qui la rend A. R. 
Genre Canis. 
1" "ûtosâ-ou. Les Loups. 

Le Loup commun. Canis lupus. (Linn.) 

Cet animal, si redouté dans les campagnes, pour 
le menu bétail, se tient dans nos grands bois ou 
dans les contrées environnantes. Parfois on en a 
trouvé des portées jusqu'au milieu des emblaves 
de nos plaines, à Luyères par exemple. 

Le loup (comme le chien, le renard) chasse à 
voix, c'est-à-dire qu'il poursuit sa proie en jappant, 
dans l'espérance qu'un autre loup, averti, pourra 
couper au-devant, et s'emparer du gibier. Mais trop 
inquiété dans nos contrées, on ne l'entend plus faire 
ce manège. Sa voix se fait entendre par des hurle- 
ments seulement au moment du rut. (A. C.) 

Voici le nombre des loups tués depuis quelques 
années dans notre département, d'après les relevés 
faits à la préfecture sur les états tenus pour les pri- 
mes à accorder : 

En 1835, 80 loups, louves ou louveteaux. 

En 1836, 64 id. 

En 1837, 75 id. 

En 1838, 76 id. 

En 1839, 55 id. 

En 1840, 75 id. 



— 2à — 

2 me Bwm Les Renards. 

Le Renard rouge. Canis vulpes. (Linn.) 

Est multiplié dans les bois taillis, et détruit beau- 
coup de gibier. On sait qu'il dépose ses petits au 
fond d'un terrier ; sa peau fait de beaux tapis de 
pied. 

Le renard, moins craintif que le loup, sa permet 
encore assez souvent de chasser à voix, et par de 
belles nuits calmes, au milieu des bois, le chas- 
seur atardé écoute avec intérêt la chasse de cet 
animal. Il est probable qu'ils se réunissent plusieurs, 
car quelquefois la voix change, et souvent on en 
entend deux ensemble. (G.) 

Le Renard charbonnier. Canis alopex. (Linn.) 
Est regardé par la plupart des naturalistes comme 
une variété du précédent; dans ce dernier cas. est- 
ce une variété accidentelle ou une race constante, 
qui reproduit ses caractères dans ses enfants ? 

Je n'ai encore vu que deux peaux de renards 
vrais charbonniers.il doit avoir le bout de la queue 
noir, le premier l'a blanc. Je crois que nos chasseurs 
ne le connaissent point; ils nomment, le plus sou- 
vent, charbonnier, le renard ordinaire, qui, ayant 
moins d'un an, a encore la robe rembrunie du jeune 
âge. (R. R.) 

3 me IiW\s\ou. Les Chiens domestiques. 

Le Chien domestique. Canis familiaris. (Linn.) 
On ne connaît point la souche sauvage de cet 
animal, répandu partout ou l'homme habite : par 
conséquent on ignore sa patrie. Il manque de ca- 
ractère spécifique qui puisse s'appliquer à toutes 
ses races, que la domesticité modifie tous les jours 
à l'infini. 

Les chasseurs savent qu'un braque ou un épâ- 
gneul ne doivent pas avoir de noir sur le pelage, et 

2 



— 26 — 

ils rejettent, comme mâtiné, tout chien d'arrêt taché 
de noir, ou dont le palais est noir. 

Le pointer, sous-race nouvellement obtenue par 
le croisement, fait exception à cette règle applicable 
aux chiens d'arrêt. 

Les animaux de ce genre n'ont point de vaisseaux 
sudorifères, la sueur est sécrétée parla langue. C'est 
ce qui explique comment un chien, après une lon- 
gue course, peut sans danger se mettre dans l'eau; 
ce qui serait souvent mortel pour un cheval. 

RACES PRINCIPALES, OU VARIÉTÉS CONSTANTES ." 

Le Chien de berger. Canis f. domestlcus. (Linn.) 
Le Chien Mâtin. Canls f. laniarius. (Linn.) 
Le Chien Dogue. Canis f. molossus. (Linn.) 

Sous-race ; le Doguin. 
Le Chien Danois. Canis f. danicus. (Desm.) 
Le Chien Lévrier. Canis f. grajus. (Linn.) 

Sous-race : le Levron-d'Italie. 
Le Chien Epagneui. Canis f. extrarius. (Linn.) 

Sous-race ; le Gredin. 

— le Bichon. 

— le Chien-Lion. 

Le Chien Braque. Canis f. avicularius. (Linn.) 
Le Chien Barbet. (Caniche) Canis f. aquaticus. (Linn.) 
Le Chien Courant. Canis f. gallicus. (Linn.) 
Le Chien Basset. Canis f. vertagus. (Linn.) 
Sous-race : le Basset à jambes torses. 
Le Chien Turc. Canis f. œgyptiacus. (Linn.) 
Le Chien de Terre-Neuve. Canis f. palmatus. (••••?) 

De ces douze races principales, on a obtenu par 
le croisement toutes les variétés, plus ou moins 
constantes, que nous connaissons; ainsi, du lévrier, 
croisé avec l'épagneul ou le braque, les Anglais ont 
obtenu le pointer, ou chien anglais, estimé des chas- 
seurs au chien d'arrêt. Tel est encore le griffon, va- 
riété qui provient du barbet croisé avec tel antre 
chien, dont on désire qu'il tienne. 



— 2 7 — 

§ 5. Les Digitigrades a ongles retkactiles. 

Genre Felis. 

Le Chat Sauvage. Felis catus. (Linn.) 

VARIÉTÉS CONSTANTES : 

Le Chat domestique. Felis catus domesticus. (Linn.) 
Le Chat d'Angora. Felis catus angorensis. (Linn.) 

Le Chat sauvage, souche de notre chat privé, vit 
isolé dans nos grandes forêts de Chaource, d'Orient. 
Il se retire dans des terriers, dans de vieux troncs 
creux. Sa belle fourrure est recherchée. (R.) 

Le chat domestique est le plus souvent gris tigré ; 
quelquefois il a le poil gris ardoisé, c'est la variété 
dite des chartreux; quand il a le pelage tricolore, 
c'est le chat d'Espagne. On ne voit guère que les 
femelles de cette dernière variété, ce qui indique 
qu'elle est bien peu stable. 

( = Une 4 me famille (les carnivores amphibies) 
comprend les Phoques et autres animaux analogues, 
qui habitent les plages de l'Océan.) 



4 e ORDRE. — Wiem Moi*tge^m*m t 
ire FAMILLE. — LES CLAVICULES. 
Genre Sciurus. 
L'Ecureuil ordinaire. Sciurus vulgarîs. (Linn.) 
Ce joli animal, que l'on élève souvent en domes- 
ticité à cause de sa gentillesse, vit dans nos forêts, 
et se construit un nid de feuilles à l'extrémité d'une 
branche de chêne. Un effet assez singulier et que 
doivent connaître ceux qui l'élèvent, c'est qu'une ou 
deux amandes amères contiennent assez d'acide 
prussique pour le tuer. (A. C. à Bouilly, Bar-sur- 
Seine, etc.) 

Genre Mus. 

Le Surmuiot. Mus decumanus. (Pall.) 

Cette espèce, qui a établi son quartier général à Ta- 



— 28 — 

battoir de Montfaucon, près Paris, a été introduite en 
France, en 1750, par des vaisseaux de l'Inde. Elle 
commence à se multiplier dans notre département. 
On la distinguera de la suivante, qui est noire, par 
son pelage gris roux, et par sa taille plus forte. 

Je l'ai observée à Troyes, sur les remparts de la 
porte de la Tannerie, etc. (A. C.) 

Le Rat commun. Mus rattus. (Linn.) 

Bien connu de tout le monde, pour son incom- 
mode voracité. Il habite les greniers, les caves. Par- 
tout où le précédent s'établit, il détruit le rat com- 
mun. (C. C.) 

Le Mulot. Mus sylvaticus. (Linn.) 

Habite les champs, les haies, où il se creuse des 
terriers pour y amasser ses provisions; dans cer- 
taines années il cause beaucoup de dégât aux ré^ 
coites. Il ronge aussi Pécorce des arbres. On le con- 
fond vulgairement avec le campagnol, mais celui-ci 
a la queue très-courte, et le mulot a la queue aussi 
longue que le corps. (C. C.) 

La Souris. Mus musculus. (Linn.) 

Variété constante : la Souris blanche. 

Ce commensal incommode de nos habitations 

n'est que trop commun, surtout dans les granges. 

Aux Piiceys, plusieurs fois, j'en ai vu une variété à 

ventre rosé. 

Je n'ai jamais rencontré la race blanche à l'état 

sauvage. 

Le Rat des moissons. Mus minutus. (Pall.) 

Mus messorius. (Schaw) Mus campestris. (f. Cuvi.) 
Mus soricinus et pendullnus. (Herm.) M. de Selys Long- 
champs vient de vérifier que ces cinq noms avaient 
été donnés à cette espèce, trouvée par Pallas en 
Piussie, par Schaw en Angleterre, par F. Cuvier à 
Paris, et par Hermann à Strasbourg. 

Ce joli, petit rongeur, inconnu à Buffon, cons- 



— 29 — 
truil un nid à la manière des roitelets, et le suspend 
dans les emblaves. Un ami, qui prend intérêt à ma 
collection, m'a envoyé, des environs de Nogent. cette 
espèce nouvellement découverte en France. (R. R.) 

Genre Myoxus. 

Le Loir. Myoxus glis. (Gmel.) 

Ce petit animal habite le creux des arbres, dans 
les forêts, les parcs ; il s'engraisse à l'automne pour 
s'engourdir l'hiver. C'était un mets recherché des 
Romains. (A. R.) 

Je l'ai observé dans les bois de Riceys, de Ven- 
deuvre, etc. 

Le Lérot. Myoxus nitela. (Gmel.) 

Est connu généralement sous le nom de Loir. Ce- 
pendant le lérot est bien reconnaissahle à la tache 
noire qu'il porte sur l'œil et sur l'oreille, et à sa 
queue touffue seulement à l'extrémité; tandis que le 
loir manque de balafre noire et a la queue touffue 
comme celle de l'écureuil. 

Il fait beaucoup de dégât aux fruits des espaliers, 
et s'engourdit l'hiver dans les trous des arbres et les 
crevasses des murs. (C.) 

Il se trouve dans les jardins autour de Troyes,etc. 

Le Muscardia. Myoxus Muscardinus. (Gmel.) 
Ce charmant rongeur habite les forêts où domi- 
nent les hêtres ou les coudriers, dont il recherche 
les fruits; il construit, avec la mousse, sur le troue 
d'un arbre, un nid de forme sphérique et percé 
d'un seul trou. (R.) 

Genre Ârvicola. 

Le Rat d'eau. Arvicola amphibius. (Desm.) 

Vit le long des rivières, des ruisseaux, dans des 
trous. Il fait la guerre à l'alevin. Quelques person- 
nes mangent sa chair, qui ressemble, dit-on, à celle 
du lapin. (C. C.) 



_ 5o — 

Le Campagnol ordinaire. Arvicola vulgaris. 

(Desm.) 

On le nomme communément Souris des champs. 
C'est le fléau des céréales, quand l'hiver n'a pas été 
pluvieux. 

Il vit en compagnie, et se creuse des trous pour 
amasser ses provisions d'hiver. (C. C.) 

Le Campagnol des prés. Arvicola subterranem. 
(De Selys.) 

Ou Lemmus pratensls. (Baill.) N'est pas indiqué 
dans Bu Mon. 

Je ne connais pas précisément la localité qu'ha- 
bite cette espèce : un individu est au musée, un 
autre dans ma collection ; je crois me rappeler que 
celui que je possède m'a été donné par un jardinier 
de St.-André. Ce petit animal, fossoyeur comme ses 
congénères, vit sous terre, à la manière des taupes, 
dans les prairies humides, les jardins potagers, et se 
nourrit de racines. (R. R.) 

Le Campagnol roussâtre. Arvicola rubidus (de 
Selys.) 
N'est pas décrit dans Buffon. 

Il habite les champs autour des bois humides; je 
ne connais pas encore parfaitement cette espèce qui 
se trouve dans plusieurs départements limitrophes. 
Genre Castor. 
Le Castor. Castor fiber. (Linn.) 

Une mâchoire fossile de cet animal a été trouvée 
dans le tuf à Resson. M. Gérost, de Villenauxe, qui la 
possédait, en a fait don au Musée de Troyes. 

Le castor pouvait bien exister le long de la Seine, 
puisqu'on en trouve encore le long du Rhône, oii 
il se creuse des terriers. (R. R.) 
2me FAMILLE. — LES N ON -CL AVIC U LÉ S> 
Genre Lepus. 

Le Lièvre. Lcpus timidm. (Linn.) 



— 5i — 

On a dit que c'est sur VHase que l'on peut exa- 
miner les mystères de la supérfétation. (?) D'après 
les lois de Moïse et de Mahomet, la chair du lièvre 
était défendue aux Juifs et aux Mahometans, pro- 
bablement comme trop excitante pour des pays 
chauds. (G. C.) 

Combien le lièvre serait multiplié dans nos cam- 
pagnes, si les lévriers ne le détruisaient pas si faci- 
lement ! Il est a désirer que l'autorité supérieure 
s'occupe bientôt de la conservation du gibier, avec 
la sollicitude qu'elle a monîrée en 1831, pour pro- 
hiber les moyens trop destructeurs de la pêche flu- 
viale. 

Le Lapin sauvage. Lepus cuniculm. (Linn.) 

Variétés constantes : le Lapin Clapier ou Dômes t. 

— le Lapin d'Angora. 

Originaire d'Afrique ou d'Espagne, cet animai est 
répandu en France depuis un temps immémorial. 
Far sa turbulence nocturne, il inquiète tellement 
les lièvres, que ceux-ci abandonnent les contrées où 
il a établi ses terriers. îl est la souche de notre ia- 
pin domestique, dont la couleur et la grosseur va- 
rient beaucoup. Celui-ci ressemble parfois au sau- 
vage, d'autres fois il est argenté ; il est encore ou 
blanc, ou noir. On le distinguera toujours du lapin 
de garenne par ses grandes oreilles. fC. C.) 

Genre Cavia. 

Le Cobaye Cochon-d'Inde. Cavia cobaya. (Gmel.) 
Originaire du Brésil; on s'amuse à l'élever à l'état 
domestique, dans la confiance qu'il chasse les rats. 
On dit que sa chair est bonne. Sa couleur varie 
beaucoup, comme celle de tous les animaux domes- 
tiques. (R.) 

5 e ORDRE. — &ei§ Edentés. 
Cet ordre renferme le paresseux, le fourmilier, 



— 62 — 

l'ornithorynque, etc. On ne les trouve ni vivants ni 
fossiles dans le département de l'àube : ces animaux 
sont d'Amérique. 



6 e ORDRE. — lies F>a©!iy dermes. 

!'• FAMILLE. — LES P RO BOSCIDIE N S , 

Genre Eïephas. 

L'Eléphant fossile. Elepkas primogenlus. (Blum. 

et G. Cuv.) 

Le baron Cuvier, qui, par son génie, a su recréer 
ces gigantesques mammifères et ces immenses rep- 
tiles ailés qui gisent dans les carrières de la France, 
pensait que ces monstres étaient organisés pour vivre 
sous notre ciel froid et humide. Ce qui corrobore 
l'idée du grand maître, c'est qu'en 1771, on trouva 
dans les glaces de la Sibérie un rhinocéros tichori- 
nus (G. Cuv.) rhinocéros pallasls (Desm.) dont le ca- 
davre avait conservé la chair recouverte de sa toison. 
Les débris fossiles de cette espèce se trouvent en 
France. En 1790, on découvrit en Sibérie un mam- 
mouth (notre éléphant fossile) ayant encore sa peau 
recouverte d'une fourrure très-épaisse, qui formait 
sur le cou une sorte de crinière. Ces deux animaux, 
dont les analogues, ayant la peau nue, vivent sous 
des climats brûlants, pouvaient bien exister sur no- 
ire sol, puisque leur fourrure devait les protéger 
contre les intempéries. 

En effet, celte espèce antédiluvienne gît dans 
notre département; on en a trouvé des dents, dont 
quelques-unes sont énormes, dans le tuf à Resson, 
dans le terrain d'alluvion à Ervy, à Yillebertin, à 
Isle-Àumont, et dans les grèves d'autres localités. 
Dans la Voire, près de Longeville, on a rencontré 
une extrémité inférieure de tibia monstrueux, ayant 
appartenu à cette espèce. Guvier, dans son ouvrage 
sur les ossements fossiles, cite une machelière d'é- 



— 53 — 

léphant provenant de Villeberlin. (R. R.) (Muséede 
Troyes.) 

2« FAMILLE. — LES VRAIS PACHYDERMES. 
Genre Sus. 
Le Sanglier. Sus scrofa. (Linn.) 

Variétés constantes : le Cochon domestique, ou à 
grandes oreilles. 
— le Cochon de Siam, ou Ton- 

quin. 

On le trouve constamment dans nos grandes fo. 
rets de Chaource, d'Othe, de l'Orient et de Clair- 
vaux, et de séjour irrégulier dans les autres bois; il 
sort souvent la nuit pour ravager les récoltes. Bien 
des chasseurs ont éprouvé combien ses défenses 
sont cruelles, quant il se sent blessé. 

Les fermiers lâchent à certaines époques leurs 
porcs dans le bois, et quelquefois il arrive que les 
sangliers viennent se faire tuer jusque dans la cour, 
en poursuivant des truies en chaleur. Ce fait se re- 
nouvelle tous les ans dans une ferme près de feanta- 
ges. (/L C) 

Je possède divers ossements fossiles de sanglier» 
trouvés sur les bords de la Laignes; il est bien pro- 
bable, vu la formation récente du terrain, qui était 
un petit ban de tourbe, que l'espèce était celle ac- 
tuelle. 

Le sanglier est la souche de notre cochon domes- 
tique. 

On dit que notre département est tributaire de 
celui de la Marne pour la consommation des porcs 
qui lui sont nécessaires. 

Le département de l'Aube en possède 38,966. 

Celui de la Côte-d'Or, 70,877. 

Celui de la Marne, 70,397. 

Et celui de Seine-et-Marne (*), 22,293. 

(*) Comme objet de comparaison, j'ai choisi, parmi les dé- 



— o4 — 

Se FAMILLE. — LES SOLIPÈDES. 
Genre Equus. 
Le Cheval domestique. Equus cabaltus. (Linn.) 
L'espèce est originaire de la Tartarie ; elle ne se 
trouve plus nulle part maintenant à l'état sauvage. 

Races princ. : Arabe. Equus c. Arabicus. 

— Anglaise. Equus c. Anglicus. 

— Hanovrienne Equus c. Hanoverlanus 

— Frisone. Equus c. Frisius. 

— Andalouse. Equus c. Andalusius. 

— Normande. Equus c. Normanus. 

— Limousine. Equus c. Liemovicensis. 

— Suisse. Equus c. Helveticus. 

— Italienne. Equus c. Itallcus. 

— Corse. Equus' c. Corsicus* 
Des dents et des os fossiles appartenant à ce soli- 

pède, ont été trouvés dans les graviers de diverses 
localités : aux Hauts-Clos, commune de Troyes, et 
à St. -Julien. 

Le nombre de chevaux s'élève dans le départe- 
ment de l'Aube, à 36,^39. 

Dans celui de la Marne, à 55,567. 

Et dans celui de l'Yonne, à 28,163. 

L'Ane domestique. Equus asinus (Linn.) 

L'âne sauvage habite encore en grandes troupes 

les déserts de la Tartarie. 

On sait qu'on nomme Bardeau, le produit infécond 

d'un cheval et d'une ânesse, et Mulet, le résultat de 

l'alliance d'un âne avec une jument. 



parlements limitrophes, celui qui donne le chiffre le plus élevé 
et celui qui donne le moindre. Ces chiffres, ainsi que ceux in- 
diqués pour les autres animaux domestiques, sont extraits de la 
statistique de la France, publiée par le ministre de l'agriculture 
et du commerce, en 1840. 



— 55 — 

Notre département emploie 3,151 ânes, 

celui de Seine-et-Marne, 14,511 id. 

et la Haute-Marne, seulement 540 id. 

On compte dans le départ, de l'Aube, 578 mulets, 
dans le département de l'Yonne, 3,787 id. 
et dans la H te -Marne, seulement 50 id. 



7 e ORDRE. — 3Les Ruminants. 

1" FAMILLE. — A CORNES CADUQUES ET PLEINES. 
Genre Cervus. 

Le Cerf. Cervus elaphus. (Linn.) 

On le trouve encore sédentaire dans nos grandes 
forêts de l'Orient et de Glairvaux, où à certaines 
époques il se réunit en bordes. Il devient rare de- 
puis 1830. On apporte parfois aux couteliers les 
bois dont sa tête se défait annuellement, et que les 
gardes rencontrent dans leurs tournées. (R.) 

Dans le gravier d'îsle-Aumont, et dans le tuf de 
Resson, on a trouvé des bois fossiles de cerf, dont 
l'espèce n'est pas déterminée. 

Le Daim. Cervus dama. (Linn.) 

Suivant Cuvier, il est originaire de Barbarie, d'où 
on l'a répandu en Europe. 

Il ne se trouve point dans nos forêts, seulement 
on le voit parfois dans quelques grands parcs, où on 
le met comme ornement. (R. R.) 

Le Chevreuil. Cervus capreolus. (Linn.) 

De même que la gazelle, qui est souvent nom- 
mée dans la poésie arabe, ce gracieux animal peut 
être regardé comme le symbole del'amour conjugal; 
il affectionne les taillis montueux, les lisières des 
bois, où il vit par couples. Sa chair est estimée, sa 
fourrure l'est peu. La sève des jeunes pousses du 
bouleau l'enivre parfois complètement au mois 



— 56 — 

d'avril. On sait que, de même que le cerf, il perd 
son bois tous les an§. (A. G.) 

Quelques auteurs affirment avoir vu des biches et 
des chevrettes avec des cornes ; je citerai aussi un 
exemple de cet anomalie : il y a quelques années, 
M. de Larquelay, des Riceys, tua, au mois de mai, 
un chevreuil portant deux petites cornes, longues 
comme le doigt et encore garnies du poil (ou mous- 
se) qui les recouvre à l'époque annuelle où elles se 
reproduisent. Mais grandfut l'étonnement des chas- 
seurs, quand en faisant la curée, ils s'aperçurent 
que c'était une chevrette, qui portait deux chevril- 
lards. 

2e FAMILLE. — A CORNES PERSISTANTES 
ET CREUSES. 

Genre Bos. 

Le Bœuf domestique. Bos taurus. (Lion.) 

Le type sauvage de cette espèce est détruit ; il ha- 
bitait les forêts d'Europe. 

Nous en avons plusieurs races, dont une sans 
cornes. 

Le nombre de têtes de la race bovine s'élève, 
dans l'Aube, à 83,618. 

La Côte-d'Or, à 144,176. 

Seine-et-Marne, à 83,051. 

Dans ces chiffres sont compris les veaux. 

Des dents et des os de bœuf anlè-diluvien gisent 
dans les graviers et les terrains d'alluvion de notre 
territoire; on rencontre de ces débris fossiles no- 
tamment dans le gravier d'ïsle-Auinont et dans le 
tuf de Resson ; l'espèce n'en est pas encore déter- 
minée avec certitude. 

Genre Capra. 

La Chèvre domestique. Capra œgagrus. ("Pal!.) 



- 3 7 - 
Variétés constantes : la Chèvre sans cornes gu d'Es- 
pagne. Capra m. acera. 

— ' la Chèvre du Thibet. Capra œ. 

thibetana. 

— la Chèvre de Cachemire. Ca- 

pra œ. lanigera. 
Notre département possède 2,003 chèvres. 
La Haute-Marne, 4,830 — 

Et Seine-et-Marne, 1,519 — 

Notre chèvre domestique descend du Paseng ou 
chèvre sauvage, qui habite les montagnes d'Asie. 

L'industrie n'a pas encore essayé en grand l'ac- 
climatement des chèvres du Thibet, ni de celles de 
Cachemire. 

Genre Ovis. 

Le Mouton domestique. Ovis aries. (Desm.) 

Variétés constantes ; le Mérinos d'Espagne. Ovis a, 
Hispanica. 

— le Mouton d'Angleterre. Ovis 

a. Anglica. 

Le mouton domestique provient du Mouflon ou 
mouton sauvage, qui habite les montagnes élevées 
de Corse, de Grèce, etc. 

Le nombre d'individus de la race ovine s'élève, 
dans l'Aube, à 327,836. 

Seine-et-Marne, à 749,250. 

La Haute-Marne, à 238,055. 

Dans ces chiffres sont compris les agneaux. 



8 e ET DERNIER ORDRE. — Jbem Oetaeé®. 

Il n'existe point de cétacés vivants dans le dépar- 
tement de l'Aube, car ces animaux, comme les 
dauphins, les cachalots, les baleines, habitent les 
mers. 

Nous n'avons pas encore vu de débris fossiles 



— 38 — 

d'animaux de cet ordre rencontrés sur notre terri- 
toire ; cependant M. Leymerie, dans un mémoire 
présenté à la Société d'Agriculture 9 cite une côte 
de baleine trouvée près d'Ervy. 



2 e CLASSE. — lies Oiseaux. 



1 er Ordre. 
2 e Ordre. 
3 e Ordre. 
4 e Ordre. 
5 e Ordre. 
6 e Ordre. 



Les Rapaces. ♦ . 24 

Les Grimpeurs. . 18 

Les Passereaux. . 95 

Les Gallinacées. . 16 

Les Echassiers. . 49 

Les Palmipèdes . 40 



Total 242 espèces. 

Non compris les variétés constantes, non plus 
que les quinze races de pigeoas et de coqs dômes- 
tiques. 

Tl en niche environ 130 espèces dans notre dé- 
partement. 

l ot ORDRE. — Etes Mapaeein t 

ire FAMILLE. - LES DIURNES. 

Genre Falco. 

ire Section. Les Faucons. 

Le Faucon Pèlerin. Falco peregrinus. (Linn.) 
Les jeunes sont décrits dans Bufifon sous les noms 
de faucon sors et de faucon passager. 

Cette espèce était une de celles que l'on dressait 
pour la chasse au faucon, à cause de la hardiesse 
et de l'adresse que montre cet oiseau pour fondre, 
à tire-d'aile, sur des animaux même plus gros que 
lui. 

Il niche dans les contrées mon tueuses de l'Europe, 



-3 9 _ 

et ne se montre que très-accidentellement dans 
notre département. Outre la femelle que je possède, 
j'en ai vu deux individus chez les préparateurs de 
de Troyes. (R. R.) (A. P.) 

Le Faucon Hobereau. Falco Subbuteo. (Lath.) 
Habite la lisière des bois, et nous quitte au mois 
de septembre pour des contrées plus méridionales. 
Combien de chasseurs, étonnés, ont vu cet oiseau 
venir enlever, malgré le chien, un perdreau abattu, 
souvent même avant qu'il fût tombé à terre! (A. R.î 
(NO (E. A.) 

Le Faucoa Cresserelle. Falco Tinnunculus. 
(Linn.) 

Bien connu, mais à tort, sous le nom (VEmerillon. Il 
habite les églises, les trous des murs élevés, et moins 
souvent les bois. Il niche tous les ans, en quantité? 
dans les trous d'échafaudage de la cathédrale de 
Troyes, où soir et matin il fait entendre son cri fa- 
tigant, que Ton a comparé au moulinet de bois 
appelé crécelle. (C. C.) (N.) ((§).) 

Le Faucon Emerillon. Falco JEsalon. (Tem.) 
Buffon a fait du vieux mâle une espèce sous le 

nom de Rochier. 

Niche dans le nord, et n'a pas un passage régulier 

dans nos contrées. C'est le plus petit de nos oiseaux 

de proie. (R.) (H.) 

2e Section. Les Aigles. 

L'Aigle Royal. Falco Fulvus. (Lin.) 

Buffon a fait du jeune une seconde espèce, sous 
le nom d'aigle commun. 

Cet oiseau, si souvent employé en poésie et dans 
le blason, comme emblème du courage et du génie, 
n'est que de passage très-accidentel dans nos con- 
trées. Depuis quinze ans on pourrait citer à peine 
huit captures. (R. R.) (A. H.) 



- 4o - 
L'Aigle Balbuzard. Falco Haliœtus. (Linn.) 

La disposition naturelle de ses serres lui permet 
de saisir facilement le poisson, dont il se nourrit. 
Cet oiseau offre un caractère distinctif qui ne se 
voit que chez lui : ses ongles sont ronds et non 
creusés en gouttière comme chez les autres ra- 
paces. Il habite les bois voisins des rivières et deft 
grands étangs, dans l'arrondissement de Bar-sur 
Seine, et il émigré l'hiver. (R.) (N.) (P. E. A.) 

L'Aigle Botté. Falco Pennatus. (Linn.) 

Ni décrit ni figuré dans Buffon. L'épithète de 
Botté lui vient de ses pieds emplumés. 

Cette jolie espèce du Midi, dont on peut compter 
les captures faites en France, a été une seule foie 
rencontrée dans notre département. M. Gabiot, mé- 
decin, a fait don au Musée d'un individu tué à Bar- 
sur-Seine, en octobre 1838. (R.R.) 

L'Aigle Pigargue. Falco Albicilla. (Lath.) 

Buffon a décrit le jeune sous le nom d'Orfraie, et 
le vieux sous le nom de Pigargue. 

M. Jourdain cite une capture de cet oiseau faite 
à Nogent-sur-Seine, bien qu'il n'habite que les 
côtes maritimes. (R.R.) (H.) 

(Nous n'avons pu nous procurer aucun renseignement sur 
l'aigle Jean-le-Blanc, Falco Brachydactylus (Wolf.), autrefois 
commun en France, suivant les anciens naturalistes). 

5e Section. Les Autours. 

L'Autour. Falco Palumbarius. (Linn.) 

L'autour sors de Buffon est le jeune âge de cette 
espèce. Dans la fauconnerie, c'était un oiseau de 
bas vol. Dans notre pays, on ne tue le plus souvent 
que des jeunes ; cependant il en niche quelquefois. 
Les échantillons que je possède ont été tués à Ricey. 
dans le mois de juillet. (R.) (N.) (E. A.) 



r 4t - 

L'Epervier. Falco Nisus. (Linn.) 

Connu sous le triple nom vulgaire d'Emouchet, 
Chasse-Pigeon, Tiercelet. Ce dernier nom s'applique 
plutôt au mâle, d'un tiers plus petit que la femelle. 

Il habile les bois à proximité des champs. On a 
vu des alouettes, poursuivies par cet oiseau, venir 
chercher un refuge jusque dans les mains des la- 
boureurs. Il poursuit sa proie avec tant d'ardeur, 
qu'il se fait prendre quelquefois dans les nappes 
d'alouettes. (C.) (N.) ((§).) 

4 e Section. Les Milans. 

Le Milan Royal. Falco Milvus. (Linn.) 

Cet oiseau, reconnaissable de loin à sa queue 
fourchue, a sans doute été remarqué par les chas- 
seurs, pour les cercles gracieux que décrit son vol 
élégant. Il niche dans les bois de Vandeuvre, Lusi- 
gny, Estissac ; il nous quitte à l'automne. (A. C.) 
(N. !)(P.E. A.) 

5 e Section. Les Buses. 

La Buse commune. Falco buteo. (Linn.) 

Cette espèce, de passage fréquent à l'automne, se 
tient dans nos bois à proximité des champs et y niche 
tous les ans. Le plumage de cet oiseau es! des plus 
variables, et se mêle de blanc avec l'âge ; alors il 
constitue la Buse changeante, dont on a voulu, à tort, 
faire une espèce. 

On pourra facilement distinguer la buse, par les 
poils qui se trouvent garnir le lorum, de la bondrée 
chez laquelle ce même espace, entre le bec et l'œil, 
est garni de petites plumes imbriquées. On voit la 
buse, quand elle estrepue, rester une journée entière 
à la même place. Aussi passe-t-elle pour l'emblème 
de la stupidité. (C.) (N.) ((§).) 

La Buse bondrée. Falco apivorus. (Linn.) 

C'est à l'automne qu'a lieu le passage de celle 

2. 



-4 2 - 

espèce. Quelques couples nichent cependant dans 
nos bois, car je possède une femelle tuée sur son 
nid dans les bois de Lusigny. (A. R.) (N. !) (E. A,) 

La Buse pattue. Falco lagopus. (Linn.) 

Point dans Buffon. On l'a nommée Pattue à cause 

des petites plumes qui recouvrent ses pieds. 

Du nord de l'Europe, elle est de passage accidentel 

dans nos climats, pendant l'automne qui précède 

les forts hivers. Je n'ai encore pu me la procurer. 

Il en est venu en 1829. (?) 

6 e Section. Les Busards. 

Le Busard des marais. Falco rufus. (Linn.) 

La Harpaye, de Buffon, est l'adulte de cette es- 
pèce. Il habite les étangs boisés, les vastes marais du 
département, où il chasse les grenouilles et les oi- 
seaux aquatiques. Il émigré l'hiver. (A. G. à l'au- 
tomne.) (N.) (P. E. A.) 

Le Busard S'-Martin. Falco cyaneus. (Monta.) 
La femelle se trouve décrite dans Buffon sous le 
nom de Soubuse. ~ 

De passage dans nos climats à la Saint-Martin 
(d'où son nom). On le voit alors raser nos grandes 
plaines, et le mâle se reconnaît de loin à son plu- 
mage gris de ciel, à ses ailes noires et à son crou- 
pion toujours blanc, même quand il est jeune. 
(R.) (A.) 

Le Busard montagu. Falco cineraceus. (Monta.) 
Cet oiseau, inconnu dèf Buffon, est accidentelle- 
ment de passage. J'en possède un individu tué au- 
près de Montgueux pendant l'automne. (R. R.) (A.) 

2« FAMILLE. — LES NOCTURNES. 

Genre Strix. 

l r e Section. Les Chouettes ou sans aigrettes. 

La Chouette hulotte. Strix aluco. (Mey.) 



- 45 - 

Buffon a fait de la femelle une deuxième espèce, 
sous le nom de Chat-huant. 

Elle habite au fond de nos grandes forêts. Son cri, 
qui imite celui d'un homme égaré, a trompé sou- 
vent bien des personnes. Je me suis procuré ses 
œufs dans la forêt de Chaource. 

Elle nous quitte en septembre. (A. R.) (N.) (P.E.) 

La Chouette effraie. Strix flammea. (Linn.) 
Elle habite et niche dans les combles des églises, 
des bâtiments. C'est en imitant le cri de cet oiseau, 
que les oiseleurs à la pipée attirent si bien les geais 
et les petits oiseaux. 

On la regarde comme un oiseau de mauvais au- 
gure : aussi a-t-on l'habitude delà clouer vivante sur 
les portes cochères. C'est ainsi qu'on reconnaît les 
services signalés qu'elle rend à l'agriculture en dé- 
truisant les mulots et les souris : on devrait, au 
contraire, lui donner un gîte dans les granges. (C.) 
(N.) Ǥ).) 

La Chouette chevêche. Strix passerina. (GmeL) 

Les oiseleurs s'en servent pour attirer les petits 

oiseaux. Elle habite les arbres creux, les masures 

abandonnées. J'ai parfois trouvé son nid dans de 

vieux saules. (A.. C.) (N.) (P. E.) 

2 e Section. Les Hibous oc a aigrettes. 

Le Hibou grand-duc. Strix bubo. (Linn.) 

Est le plus grand de nos oiseaux de nuit, dont 
l'aspect est si désagréable pour tout le monde. Sui- 
vant des renseignements que Ton m'a fournis, cet 
oiseau se trouverait de passage deux fois par an 
dans les bois de Clairvaux et de Yerpillières. (R. R.) 

(a. r.) 

Le grand-duc uîche dans la Haute-Marne , dans 
les rochers entre Andelot et Morteau. 

Le Hibou brachiotle. Strix brachyotos. (Lalh.^ 



-^44 - 

C'est la Chouette de BufFon : Stria) ulula. (Gmel.) 
Cette espèce, qui niche dans le Nord, opère son 
passage régulièrement au mois de septembre; elle se 
tient à terre dans les broussailles, les emblaves. Les 
aigrettes se voient peu distinctement sur l'oiseau 
mort: c'est ce qui fait que Gmelin Ta rangé parmi 
les choueUes ; mais quand il est vivant, on les re- 
marque mieux. (C. C.) (à.) 

Le Hibou inoyen-duc. Strix otus. (Linn.) 

Habile et niche dans nos bois. Ce qui devrait le 
protéger, c'est qu'il détruit, ainsi que ses congé- 
nères, beaucoup de campagnols. Tous n'é migrent 
pas l'hiver. Cet oiseau nocturne était, dans la fable, 
l'emblème de la prudence et de la sagesse : aussi 
est-il l'un des attributs de Minerve. (A. C.) (N.) ((§).) 

Le Hibou petit-duc. Strix scops. (Linn.) 

Ce joli petit hibou n'est pas plus gros qu'une 
grive : M. Jourdain l'indique dans son catalogue. 
Mes recherches, pour me procurer quelques obser- 
vations sur cet oiseau des Vosges, ont toujours été 
infructueuses. Cependant plusieurs chasseurs m'ont 
assuré que, tous les étés, il en venait nicher dans 
nos bois. (R. R.) (N. ?) (E.) 



2 e ORDRE. — lies Grimiieurs. 

i*e FAMILLE. - A DEUX DOIGTS DERRIÈRE. (Zygodaclyl&s.) 

(C'est ici que se trouvent placés les Perroquets, les Perru- 
ches et autres genres voisins, dont plusieurs espèces sont éle- 
vées en domesticité. Ces oiseaux sont originaires d'Afrique , 
d'Amérique.) 

Genre Picus. 

Le Pic noir. Picus martius. (Linn.) 

Je ne connais qu'une seule capture de cet oiseau, 
qui habite les forêts du Nord. 
Tous les pics (comme le ïorcol) sont caractérisés 



- 45 - 

par une longue langue visqueuse qu'ils peuvent al- 
longer à volonté, et qui leur sert à s'emparer des 
insectes, 

Le Pic cendré. Picus canus. (Gmel.) 

Plusieurs auteurs, Buffon, par exemple, ne par- 
lent point de ce pic, qui a été souvent confondu 
avec le pic vert : il en diffère surtout par ses joues 
et son cou, qui sont cendrés. 

Cet oiseau habite particulièrement les forêts d'Al- 
lemagne. Je l'ai tué plusieurs fois dans nos bois, et 
je le possède sous divers plumages. (A.R.) (N. ?) (©•) 

Le Pic vert. Picus viridis. (Linn.) 

Les pics grimpent continuellement le long des 
arbres, et sont servis en cela par les pennes de la 
queue, qui sont très-raides. 

Celui-ci habite tous nos bois, et niche dans les 
trous des arbres. On en voit moins l'hiver. (C.) 

(n.) m.) 

Le Pic épeiche. Picus major. (Linn.) 

On le reconnaît à son plumage noir varié de blanc, 

et à sa nuque rouge. 

Cet oiseau est connu des bûcherons sous les noms 

de Toc-bois, Pic-bois. Il se trouve dans les bois, les 

vergers, etc. (C.) (N.) ((§).) 

Le Pic mar. Picus médius. (Linn.) 

On le trouve dans les grandes forêts de chênes de 
la France; mais je ne l'ai pas encore rencontré. 

Le Pic épeichette. Picus minor. (Linn.) 

Ce joli petit grimpeur habite les hautes futaies, 
les vieux parcs. 

Malgré la petitesse de ce pic, son bec, en forme 
de coin, comme dans les autres, lui sert à enlever 
Técorce, sous laquelle il cherche les insectes , et à 
creuser les arbres pour y nicher. (R.) (N.) ((§).) 



^-46 - 

Genre Cuculus. 

Le Coucou gris. Cuculus canorus. (Linn.) 

Le coucou roux de quelques auteurs est le jeune 
d'un an. 

Il habite les bois, les plantations qui bordent les 
prairies. On sait que cette espèce fait couver par les 
fauvettes ses œufs, qui sont très-petits. La femelle 
les transporte dans son gosier, et n'en met qu'un ou 
deux dans chaque nid, sans manger les œufs qui 
s'y trouvent, comme on l'a prétendu. Les uns disent 
que c'est la structure du sternum qui l'empêche de 
couver ; d'autres, que continuellement à la chasse des 
chenilles velues dont il fait sa principale nourriture, 
et qui aiguisent sans cesse son appétit, il ne peut va- 
quer à l'incubation; d'aulres encore, que cet oiseau 
pondant ses œufs à plusieurs jours d'intervalle, le 
premier serait gâté avant la ponte du dernier. Une 
autre version accuse le mâle de manger les œufs 
des oiseaux et même les siens; c'est pourquoi la 
femelle les cacherait. 

Toutes ces opinions sont plus ou moins fausses. 
Il paraît que le véritable motif est que cet oiseau 
est polygame, mais à l'inverse de quelques autres 
oiseaux, c'est-à-dire que les femelles sont fort rares, 
et que, forcées de satisfaire plusieuis mâles qui les 
poursuivent sans cesse, il leur est impossible de cons- 
truire un nid. Le phrénologiste Gall prétend que le 
crâne du coucou indique la haine de la progéniture; 
cependant, en observant les mœurs de cet oiseau , 
on voit que si la femelle est forcée d'abandonner 
ses œufs, elle ne laisse pas néanmoins de les sur- 
veiller en visitant les nids auxquels elle les a con- 
fiés. (A. G.) (N.) (E.) 

Genre Yunx. 

Le Torcol. Yunx torquilla. (Linn.) 

Nos chasseurs nomment cet oiseau Ortolan, sans 
doute parce qu'il est très-gras à l'automne. (Voyez, 



-47 - 

pour ce dernier, le genre Emberiza, Bruant. Quand 
on le tient dans la main, et même quand il est 
perché , il a la singulière habitude de renverser 
la tête sur son dos, et de tordre le cou en différents 
sens, d'où son nom. 

Il se trouve l'été dans les bois, les plantations. J'ai 
plusieurs fois trouvé son nid dans des trous d'ar- 
bres. Il ne grimpe pas, bien qu'il ait les pieds des 
grimpeurs. (A. C.) (N.) (E.) 

2* FAMILLE. — A UN DOIGT DERRIÈRE. (Anlsodacty les .) 
Genre Sitta. 

La Sitelle torchepot. Sitta europœa. (Linn.) 

Le sobriquet de Torchepot lui vient de ce qu'elle 
diminue avec de la boue rentrée des trous d'arbres 
ou elle fait son nid. Elle se trouve sédentaire dans nos 
grands bois. Cet oiseau sait fort bien assujettir les 
noisettes entre l'écorce des vieux arbres, pour les 
percer de son bec et en retirer l'amande, dont il est 
très-avide. (A. C,)N. ((§).) 

Genre Certhia. 
Le Grimpereau familier. Certhia familiaris. 
(Linn.) 

On le nomme vulgairement Gravichat. Il vit dans 
les bois, les vergers, et niche dans les arbres creux. 
On le voit souvent grimper sur les arbres des pro- 
menades de Troyes, en poussant le petit cri aigu qui 
lui est propre. (G. C.) (N.) ((§).) 

Genre Ticbodroma. 
Le Tichodromedes murailles. Tichodroma phœ- 
nicoptera. (ïem.) 

Niche sur les rochers, dans le Midi. On en tue 
quelquefois dans notre département, mais très-ac- 
cidentellement. Le rouge vif qui orne les ailes de cet 
oiseau, le rend bien facile à connaître. (R. R.) (A.) 



- 48 - 

Genre Upûpa. 

La Huppe. Vpupa epops. (Linn.) 

Connue aussi sous le nom de Popue. Le nom de 
Huppe lui a été donné à cause de ce bel ornement 
qui surmonte sa tête; et son nom vulgaire de Popue 
(Pot-pue) lui vient de ce que l'on croit, dans les 
campagnes, que son nid est composé d'excréments. 
Elle vit dans les bois, à proximité des prairies. (A.R.) 
(N.) (E.) 

3« FAMILLE. — A DOIGTS ANTÉRIEURS RÉUNIS. 

(Zyndactyles.) 

Genre Alcedo. 

Le Martin-pêcheur. Alcedo ipsida. (Linn.) 

Bien connu sous le nom dePêche-véron et d'Oiseau 
bleu, à cause de son plumage supérieur bleu d'azur, 
qui fait de cet oiseau l'un des plus beaux de no- 
pays. 

C'est une erreur de croire qu'un martin-pêcheur, 
desséché, éloigne les insectes des lainages, comme 
quelques personnes le pensent. 

Il se tient le long des ruisseauxet des rivières; il ni* 
che dans les trous qu'il se creuse le long des berges, 
et se nourrit de petits poissons qu'il attrape avec 
dextérité en volant. (C.) (N.) ((§).) 

4* FAMILLE. — A POUCE REVERSIBLE EN AVANT. 

{Hé iéroda c ty les . ) 

Genre Hirundo. 

L'Hirondelle de fenêtre. Hirundo urbica. (Linn.) 
Tout le monde connaît cette espèce, remarquable 
par son croupion blanc, et qui vient tous les ans 
placer son nid sous la protection de l'homme, aux 
angles de nos fenêtres et sous nos toits. Dans des 
lieux déserts, comme certains sites de Provence , 
elle attache son nid aux rochers. (C.C.)(N.) (P.E. A.) 



-4 9 - 
L'Hirondelle de cheminée. Hirundo rustîca. 
(Linn.) 

Cette espèce se reconnaît facilement à sa queue 
fourchue et à sa gorge rousse. 

Elle arrive à la fin de mars, et repart au com- 
mencement d'octobre, pour passer l'hiver en Afri- 
que. Les jeunes se répandent dans les campagnes 
à l'automne, et partent quelques jours plus tard. 
Elle niche sous les toits et dans les écuries. (C. C.) 
(N.) (P. E. A.) 

L'Hirondelle de rivage. Hirundo riparia. (Linn.) 
Cet oiseau cosmopolite est plus sauvage que ses 
congénères. Il arrive plus tard et repart plus tôt. Il 
niche dans les trous qu'il se creuse sur les bords 
escarpés de la Seine, et dans les carrières de grèves, 
comme à Rosières. (A. R.) (N.) (E.) 

Une erreur, peu répandue, il est vrai, attribue aux 
hirondelles la faculté de passer l'hiver au fond des 
étangs, dans un état léthargique. Nous ne pouvons 
nous empêcher de réfuter en deux mots un préjugé 
si absurde, rapporté par quelques auteurs, ama- 
teurs du merveilleux. On sait que les hirondelles ne 
muent pas sous notre climat, et que les jeunes, qui 
nous quittent à la fin de septembre, nous revien- 
nent au printemps revêtues de leur plumage parfait. 
Donc, en admettant que les hirondelles puissent 
vivre plusieurs mois sous l'eau, il faudra nécessai- 
rement supposer qu'elles y opèrent leur mue. Ces 
deux faits, dont la théorie est impossible, nous pa- 
raissent contre toutes les lois connues de la nature, 
et sont des preuves sans réplique, dit Temminct, 
contre l'idée ridicule de leur torpeur pendant l'hiver. 

Genre Cypselus. 
Le Martinet de murailles. Cypselus murarius. 
(Tem.) 
Tout le monde a remarqué cet oiseau à cause du 

3 



— 5o — 

cri aigre et désagréable qu'il fait entendre en volant 
autour des églises. 

Il arrive chez nous en avril, fait une seule ponte, 
et repart en août. Après le coucher du soleil, les mâ- 
les s'élèvent dans les airs et s'y rassemblent à grands 
cris; bientôt l'œil les perd de vue, et on ne les voit 
redescendre qu'à la pointe du jour. Les femelles les 
accompagnent dans ce voyage nocturne et aérien , 
aussitôt que les petits n'ont plus besoin de chaleur. 
Pendant une partie du jour ils dorment et restent 
cachés sous les plombs et dans les crevasses des 
édifices. Le mâle ne couve pas, mais il nourrit sa 
femelle. (G.C.)(N.) (E.) 

(Pour plus de détails sur les mœurs singulières du mar- 
tinet, voir Spallanzani, Voyage dans la Sicile, où il traite 
aussi du prétendu engourdissement des hirondelles,) 
Genre Caprimulgus. 

L'Engoulevent. Caprimulgus européens. (Linn.) 
Il doit à son bec, qui s'ouvre jusque sous les yeux, 
le nom d'Engoulevent, et celui de Crapaud-volant, 
sous lequel il est connu des chasseurs. Les anciens 
l'avaient nommé Caprimulgus, parce qu'ils suppo- 
saient que son bec, largement fendu, lui servait à 
traire les chèvres. 

Il habite le bord des bois, les broussailles, où, le 
soir, on le voit chasser les phalènes et autres in- 
sectes nocturnes. Il niche à terre, dans les bruyères. 
(À.R.)(N.)(E.) 



3 e ORDRE. — I*es Passereaux. 

Ire FAMILLE. — LES OMNIVORES. 

Genre Corvus. 

d.™ Section. Les Corneilles. 

(Le Corbeau noir, Corvus corax (Linn.), est le type de ce 
genre, et n'a pas encore été tué dans notre pays. Il se distin- 



— 5i — 

gue facilement de la Corneille noire, car il est plus fort et ne 
"voyage pas par bandes. Les plumes de ses ailes sont employées 
pour le dessin linéaire et pour armer les touches de clave- 
cin.) 

La Corneille noire. Corvus corone. (Linn.) 

On la nomme vulgairement Corbeau, mais à tort. 
De grandes bandes de cet oiseau viennent tous les hi- 
vers peupler nos campagnes, et s'abattre à grands cris 
sur les charognes. Quelques couples restent pendant 
l'été. Une auberge de Troyes a pris pour enseigne 
un Corbeau blanc, variété accidentelle de cette es- 
pèce, qui avait été élevée dans la maison. (C. C. 
surtout TH.) (N.) ((§).) 

La Corneille mantelée. Corvus cornix. (Linn.) 
On en voit tous les hivers; mais ses bandes sont 
moins nombreuses que celles de la corneille noire. 
La disposition de son plumage, moitié gris, moitié 
noir, qui figure un mantelet, lui a fait donner son 
épithète spécifique. Dans les campagnes, on croit 
que c'est l'âge qui a fait grisonner la corneille 
noire. (C.) (H.) 

Le Freux. Corvus frugilegus. (Linn.) 

Comme l'espèce précédente, niche dans le Nord, 
et ne se montre dans notre pays que l'hiver. 

L'habitude de cet oiseau de chercher sa nourri- 
ture dans la terre, empêche les plumes de la face de 
pousser, et c'est un caractère propre à l'espèce d'a- 
voir la face dénuée de plumes. Il cause du dégât aux 
champs nouvellement ensemencés. (A.C.) (H.) 

Le Choucas. Corvus monedula. (Linn.) 

Habite les tours et les grands édifices. Il niche tous 
les ans sur la cathédrale de Troyes. La ponte a lieu 
dès le 15 avril, et n'est pas double. L'hiver il s'abat 
dans les marais. (A. R.) (N. )((§).) 

(Le Chouc, Corvus spermologus (Frisch.) pourrait bien être 
de passage dans nos contrées. Je soupçonne que c'est de 
cette espèce que l'on voit à l'automne un individu ou deux 
dans les bandes d'étourneaux. ) 



— 52 — 

â* Section. Les Geais. 

Le Geai. Corvus glandarius. (Linn.) 

Habite les bois, d'où il sort peu. (C.C) (N.) ((§).) 

3e Section, Les Pies. 

La Pie. Corvus pica. (Linn.) 

Habite les bois, les vergers, les plantations, et se 
répand dans les champs. (C.C.) (N.) ((§).) 

Ces deux derniers oiseaux, le premier sous le nom 
de Jacquot, le second sous celui de Margot, étaient 
autrefois peut-être plus qu'à présent les favoris des 
gens du peuple, qui parvenaient à leur faire répéter 
quelques mots. 

Genre Goracias. 
Le Rollier d'Europe. Coracias garrula. (Linn.) 
Ce bel oiseau d'Allemagne, couleur d'aiguema- 
rine, n'est pas même de passage dans notre dépar- 
tement; ceux qu'on a tués étaient des individus 
égarés. (R. R.) (H.) 

Genre Sturnus. 

L'Etourneau. Sturnus vulgaris. (Linn.) 

On le nomme aussi Sansonnet; il niche dans nos 
bois, et à l'automne il se rassemble dans les prés en 
bandes immenses pour émigrer. On le voit souvent 
autour des troupeaux. (C.) (N.) (P. E. A.) 

Genre Oriolus. 

Le Loriot. Oriolus galbula. (Linn.) 

Ses ailes noires, en tranchant sur Je jaune d'or de 
son corps, font de cet oiseau l'un des plus beaux de 
nos climats. Son chant est passé en proverbe. 

Il arrive au mois d'avril dans nos bois, et nous 
quitte au mois d'août. On sait combien il recherche 
les cerises ; l'adresse avec laquelle il suspend son nid 
à une branche bifurquée est vraiment admirable. 
(C.)(N.)(E.) 



— 55 -~ 

2« FAMILLE. - LES IIS S ECTIV ORES. 
Genre Turdus. 

Ire Section. Les S yl vains. 

La Draine. Turdus viscivorus. (Linn.) 

Cette espèce, la plus grande du genre, est peu sau- 
vage; elle revient en février, et, comme le merle, 
fait son nid dès le mois de mars; elle habile les 
bois, les vergers. (C.) (N.) (P. E. A.) 

LaLitorne. Turdus piiaris. (Linn.) 

Se distingue des autres grives par le cendré de 
sa tête. Son nom vulgaire de Tiatia a été formé, par 
onomatopée, de son cri. Cet oiseau est naturelle- 
ment méfiant; il niche dans le nord, et arrive en 
bandes à la fin de l'automne. Les fruits du gené- 
vrier, dont il se nourrit, rendent sa chair amère. 

mm 

La Grive. Turdus musicus. (Linn.) 

Au printemps on remarque le chant mélodieux 
de cette espèce. Quelques couples nichent dans nos 
bois; mais à son passage régulier d'automne, elle 
est très-fréquente. (C.C.) (N.) (P. E. A.) 

Le Mauvis. Turdus iliacus. (Linn.) 

Cette grive se distinguera toujours facilement des 
autres par ses flancs roussâtres. 

Elle niche dans le nord, et nous visite tous les 
ans deux fois. A l'automne on la trouve dans les 
vignes; à la fin de l'hiver, le long des prairies. (C.) 
(H.) 

Le Merle noir. Turdus merula. (Linn.) 

Le Merle à bec jaune de nos oiseleurs est le mâle 
adulte. 

Tl habite toute l'année uos bois, nos vergers ; quel- 
ques-uns émigrent l'hiver; pendant les gelées on le 
trouve le long de l'eau. (C.) (N.) ((§).) 



— 54 — 
Le Merle à plastron. Turdus torquatus. (Linn.) 
Ainsi nommé à cause de ce collier blanc qui 
tranche si bien sur son plumage noir. Il habite le 
nord. On le voit dans nos contrées, à son double pas- 
sage, en novembre et en mars. (A. R.) (H.) 

2 e Section. Les Saxicoles. 

Le Merle de roche. Turdus saxatilis. (Lath.) 
Habite les montagnes de la Franche-Comté, de 
la Suisse, et se montre ici très-accidentellement. On 
en a tué un sur l'église de iVlussy-sur-Seine ; il y a 
quelques années, une femelle a été tuée à Bouilly, 
pendant l'automne, etc. (RR.) (A.) 

Genre Lanius. 

La Piegrièche grise. Lanius excubitor. (Linn.) 
Le chant des piegrièches est très-varié, elles sa- 
vent imiter le chant des fauvettes. 

Celle-ci habite les garennes, les lisières des bois, 
et disparaît en grande partie l'hiver comme les au- 
tres espèces de piegrièches. (C.) (N.) (($).) 

La Piegrièche rousse. Lanius rufus. (Bris.) 

On trouve cette espèce sur les arbres qui bordent 
les routes ; elle émigré de bonne heure. (A. C.) (N.) 
(E.) 

La Piegrièche à poitrine rose. Lanius minor. 
(Linn.) 

C'est la piegrièche d'Italie de BufFon. Elle res- 
semble assez à la grise, mais on peut facilement la 
distinguer de cette dernière par la bande noire 
qu'elle porte sur le front. 

Cette espèce, que les naturalistes disent habiter la 
Provence, l'Italie, vient tous les ans nicher sur les 
noyers de nos plaines ; pendant le moment des 
pontes, on la rencontre plus souvent que la grise. 
Son nid, comme on l'a déjà observé, est construit 
de plantes aromatiques. (C.) (N.) (E.) 



— 55 — 
La Piegrièche Ecorcheur. Lanius collurio. 

(Bris.) 

Son nom lui vient de son habitude d'accrocher 
les grillons et les sauterelles aux épines. 

Elle habite les haies, les broussailles. (C.G.) (N.) 

(E.) 

Genre Muscicapa. 

Le Gobe-Mouche gris. Muscicapa grisola. (Lath.) 
Il est connu aux environs de Troyes sous le nom 
de Tique- Mouche. Il habite les parcs, les vergers 
humides, où on l'entend souvent pousser son cri 
aigu et plaintif. Je n'ai jamais remarqué qu'il ni- 
chât dans des trous d'arbres, comme ou l'a indiqué. 
(C.) (N.) (P. E.) 

Le Gobe-Mouche à collier. Muscicapa albicollis. 
(Tem.) 

Un collier d'un blanc pur tranche sur le noir de 
son cou. Il habile les forêts, les bois touffus ; je l'ai 
rencontré au printemps et â l'automne, mais je n'ai 
pas encore vu son nid. (II.) (N. ?) (P. A.) 

Le Gobe-Mouche Bec-figue. Muscicapa luctuosa. 
(Tem.) 

BufFon a décrit le plumage d'été sous le nom de 
Traquet d'Angleterre, et le plumage d'hiver sous 
celui de Bec-figue. 

Il habite les plantations, les vergers humides. 
Pendant les pontes, on le voit dans le bois de Fou- 
chy. Il est très-gras à l'automne; on le rencontre 
alors par petites bandes. L'oiseau que l'on nomme 
bec-figue, chez nous, est le plus souvent le pipit des 
buissons (page 64.) (C.) (N.) (P. E. A.) 

Genre Sylvia. 
l r e Section. Les Riverains. 

Le Bec-Fin Rousserole. Sylvia turdoïdes. (Mey.) 
Le nom vulgaire de Racaca a été donné à la Rous- 



— 56 — 

serolle, parce qu'il imite son cri, qui est très-fort 
Elle se plaît et niche clans les roseaux et les joncs 
de la Seine et des marécages ; on la trouve à Ro- 
sières, etc. (A. R.) (N.) (P. E.) 

Le Bec-Fin Locustelle. Sylvia locustella. (Lath.) 
Buffon a nommé cet oiseau Alouette locustelle, 
et l'a figuré par erreur sous le nom de Fauvette ta- 
chetée. 

Il est nommé ainsi parce que son cri imite celui 
d'une grosse sauterelle (Locusta). On le reconnaît 
facilement à sa gorge grivelée et à sa queue étagée, 
Je l'ai tué dans les broussailles qui bordent la 
Seine, à la ferme de Marivas, à S tc -Cyre, à Gyé. Il se 
tient quelquefois dans les trous de taupes, dans les 
prairies humides. (R. R.) (N.) (E.) 

Le Bec-Fin aquatique. Sylvia aquatlqua. (Lath.) 
On peut facilement distinguer cette fauvette à la 
bande blanchâtre du sommet de la tête. 

Avant que le marais de S^Germain ne fût des- 
séché, elle y nichait parfois dans les roseaux. On la 
retrouvera peut-être dans d'autres marécages. (R.R.) 
(N.)(E.) 

Le Bec- Fin Fhragmite. Sylvia phragmitis. 
(Bechst.) 

Son nom lui vient de phragmites (le roseau à ba- 
lais). Il ne se trouve pas dans Buffon. 

Cette fauvette, qui habite et niche dans les ro- 
seaux, est remarquable par ses deux sourcils blan- 
châtres. On la trouve, mêlée à la suivante, sur les 
bords touffus delà Seine. (R. R.) (N.) (E.) 

LeBec-Fin Efarvatte. Sylvia arundinacea. (Lath.) 
Ce petit oiseau riverain fait entendre continuelle- 
ment sa grosse voix dans les roseaux de la Seine et 
des rivières. On le nomme aussi petite Rousseroie, 
parce qu'il est moitié moins gros et qu'il ressemble 



-5 7 - 

à la rousseroîe. Son nid est entrelacé avec art dans 
les joncs. (A. C.) (N.) (P. E.) 

Le Bec-Fin Verderolle. Sylviapalustris. (Bechst.) 
Cette fauvette, qu'on avait confondue jusqu'à ces 
derniers temps avec la précédente, s'en distingue ce- 
pendant par son bec plus fort et plus large. 

Elle a encore été peu observée. Cependant on la 
trouve depuis l'Italie jusqu'en Hollande. Je ne l'ai 
vue que rarement autour de Troyes. (R. R.) (N.) CE.) 

2e Section. Les Sylvains. 

Le Bec-Fin Rossignol. Sylvia luscinia* (Lath.) 
On connaît léchant nocturne et hamonieux dont 
le rossignol fait retentir nos jardins et nos bois. Son 
chant cesse aussitôt qu'il doit s'occuper de ses petits. 
Il nous quitte de bonne heure pour chercher des 
contrées sans hiver. (A.C.) (N.) (P.E.) 

Le Bec-Fin à tête noire. Sylvia atricapilla. 
(Lath.) 

Cette fauvette, bien connue, charme les soirées 
de printemps, par son chant agréable. Elle se plaît 
dans nos bosquets et nos jardins. Ses œufs varient 
d'une manière étonnante; il est difficile de trouver 
deux nids semblables. (C. C.) (N.) (P. E.) 

Le Bec-Fin Fauvette. Sylvia hortensis. (Bechst.) 
Le plumage de ce bec-fin est des plus uniformes; 
il habite nos garennes et nos bosquets, où il fait en- 
tendre un chant assez éclatant. (C. C.) (N.) (P.E.) 

Le Bec-Fin Grisette. Sylvia cinerea. (Lath.) 

Son nom lui vient de la couleur grisâtre de son 
plumage. Cette espèce, qui chante, babille, remue 
et voltige continuellement, se rencontre dans les 
haies, les jardins; elle niche dans les buissons et 
les charmilles. (C. C.) (N.) (P. E.) 

Le Bec-Fin babillard. Sylvia curruca. (Lath.) 



— 58 — 

Cette fauvette mériterait mieux le nom de Grisette 
que la précédente, car son plumago est cendré , et 
quoique son nom semble indiquer le contraire, elle 
est bien moins babillarde que la grisette. La babil- 
larde a les ailes bordées de cendrés, et la grisette 
les a bordées de roux. 

Elle habite les haies, les taillis. (À. G.) (N.) (P.E.) 

Le Bec-Fin Rouge-gorge. Sytvia rubecula. (Lath.) 

On le nomme plus vulgairement Bourse-rouge. Il 
est bien reconnaissable à sa gorge d'un beau roux. 
Sédentaire dans nos forêts, il aime le voisinage des 
eaux; à l'automne on en trouve beaucoup de pas- 
sage. 

Pendant les neiges, on voit cet oiseau familier 
suivre pendant des lieues entières les bûcherons, 
pour venir ensuite chercher, sous leurs yeux, les dé- 
bris de leur repas. (G.) (N.) ((§).) 

Le Bec Fin Gorge-bleue. Sylvia suecica. (Lath.) 

Cette fauvette est remarquable par sa gorge d'un 
beau bleu. Elle habite les lisières des forêts, et s'a- 
vance très-loin dans le nord; elle n'est que de 
passage très -accidentel dans nos contrées. (R. R.) 

(H.) 

Le Bec-Fin Rouge-queue. Sylvia tithys. (Scopo.) 
Sa queue est d'un roux ardent; il vit dans les bos- 
quets et les broussailles, et niche dans les lisières 
des bois, quelquefois dans les vieux murs éboulés. 
(R.) (N.) (P. E.) 

Le Bec-Fin de murailles. Sylvia phœnicurus. 

(Lath.) 

Sa queue rousse et sa gorge noire le font souvent 
confondre avec le précédent. Buffon l'a nommé 
rossignol de murailles, parce qu'il niche souvent 
dans les masures, mais son chant est peu varié ; il 



— 5 9 — 
habite les garennes et les broussailles ; les jeunes 
sont communs à l'automne. (C.) (N.) (P. E. A.) 

3° Section. Les JMuscivores. 

Le Bec-Fin à poitrine jaune. Sylvia hippolaïs. 
(Lath.) 

Buffon l'a figuré par erreur sous le nom de Fau- 
vette de roseaux, à laquelle se rapporte son texte. 

Toutes les fauvettes de cette section ont le ventre 
jaune. Mais dans celle-ci la couleur est plus tran- 
chée, et sa grosseur l'emporte de beaucoup sur les 
suivantes. Vieillot a voulu changer son ancien nom 
pour celui de Polyglotte, qui exprime que son chant 
semble imiter celui d'autres oiseaux. 

Elle habite les bois, les charmilles, et vient nicher 
tous les ans dans les haies de lilas de S l -Àndré. (À. 
C.) (N.) (P. E.) 

Le Bec-Fin Ictérine. Sylvia icterina. (Yieil.) 
Cette espèce, nouvellement décrite, avait été con- 
fondue avec les suivantes. 

On trouve le Bec-Fin ictérine dans les aulnaies 
qui bordent les rivières aux environs de Troyes, et, 
de même que les autres pouiliots qui suivent, il cons- 
truit avec art un nid ayant la forme d'un petit four, 
c'est-à-dire ayant l'entrée sur le côté, et placé, à 
terre, entre les racines d'une souche, ou à l'abri 
d'un buisson. Ses œufs, plus gros, se distinguent 
par là de ceux des pouiliots qui suivent. (A.. R.) (N.) 
(E.) 

Le Bec-Fin siffleur. Sylvia sibilatrix. (Bechst.) 
Il n'est pas décrit dans Buffon. 
On l'a nommé sifïleur à cause du chant flûte qu'il 
fait entendre en entr'ouvrant ses ailes (s, s, s.r, r, r, 
r, (îd, fid, fid,). Vieillot l'a nommé sylvicole, parce 
qu'il se plaît dans les grands bois. Il vient tous les 
uns nicher clans les bois touffus et les futaies de 



— 6o — 

notre pays. Je l'ai souvent rencontré dans le petit 
bois de Fouchy. (A. C.) (N.) (P. E.) 

Le Bec-Fin Pouillot. Sylvia trochilus. (Lath.) 
Celui-ci est le pouillot proprement dit, et le plus 
commun ; Vieillot le nomme Fitis. Son petit cri 
d'appel qu'il fait entendre continuellement est imité 
par la syllabe chuits, et son chant par dldl, diht , 
dehi 9 zia 9 zia; il habite nos bois, nos vergers, nos 
jardins. (G.) (N.) (P. E.) 

Le Bec-Fin véloce. Sylvia rufa. (Lath.) 

Buffon l'a décrit sous le nom de petite Fauvette 
rousse, mais sa planche 581 représente la grisette. 
Vieillot nomme cet oiseau Colîybite. On ne com- 
prend guère la répugnance de ce naturaliste, à 
adopter les noms donnés avant lui. 

Le bec-fin véloce se trouve dans les plantations 
et dans tous nos grands bois. Comme tous les autres 
pouiilots, on peut Pattirerfacilement en sifflant entre 
les dents; sa voix pénétrante est exprimée par tzip, 
tzap, tzip, tzap. (A. C.) (N.) (E.) 

Le Bec-Fin natterer. Sylvia nattereri. (Tem.) 
Cette nouvelle espèce arrive au printemps comme 
les autres pouiilots, mais ne se tient que dans les 
bois secs, les collines boisées. On peut l'observer 
dans les environs de Bar-sur-Seine, de Riceys. Son 
nid est arrondi et placé sur la terre. Son chant est 
exprimé par tié, klè. (R. R.) (N.) (E.) 

Tout est à refaire pour la distinction des espèces de pouii- 
lots ; l'ictérine de Temminek ne paraît pas être l'ictérine de 
Vieillot, car l'oiseau que Vieillot a décrit sous ce nom se 
rapproche d'hippolaïs; et Temminek, dans la description 
qu'il donne de l'ictérine, dit qu'il est facile de confondre 
celui-ci avec le pouillot ordinaire : cependant il donne au 
premier une longueur d'un pouce de plus. Cette contradic- 
tion, dans l'ouvrage de Temminek, provient-elle d'une er- 
reur typographique ? 

Je pense qu'il existe encore chez nous deux et même trois 
espèces de pouiilots non admises par Temminek ; mais 



_ 6i — 

comme ces espèces ne sont pas suffisamment étudiées, et 
que leur détermination ne repose pas jusqu'ici sur des ca- 
ractères différentiels bien reconnus, je m'abstiens d'en par- 
ler ici, me proposant de remettre les renseignements qui 
me sont propres à M. Gerbe, à Paris, qui s'occupe d'une 
monographie des pouillots du centre de la France. 

Genre Regulus. 

Le Roitelet huppé. Regulus cristatus. (Tem.) 
Buffon ne faisait qu'une espèce de nos deux roi- 
telets. 

Celui-ci et le suivant sont les plus petits de nos 
oiseaux. Ils sont remarquables aussi par la huppe 
d'un jaune aurore très-ardent, qui couronne leur 
tête et à laquelle sans doute ils doivent leur nom, 
diminutif du mot roi. 

On rencontre le roitelet huppé, par petites bandes, 
dans les bois et les taillis, seulement pendant l'hi- 
ver. (A. C.) (H.) 

Le Roitelet triple-bandeau, Regulus ignicapillus. 
(Tem.) 

Ce charmant petit oiseau a été ainsi nommé 
parce qu'il a sur les joues trois bandes, deux blan- 
ches et une noire au milieu (dans le précédent les 
joues sont cendrées). Je l'ai souvent rencontré dans 
les petits bois et les garennes, au printemps et à l'au- 
tomne. Mais je ne sais s'il niche dans nos forêts. (A. 
C.) (N. ?) ((§). ?) 

Genre Troglodytes. 

Le Troglodyte. Troglodytes vulgaris. (Tem.) 
C'est ce petit oiseau brun qu'on voit sautillant 
dans les buissons en relevant sa queue. Il porte 
chez nous, mais à tort, le nom de Roitelet, ou plus 
communément celui de Royat. On l'appelle Troglo- 
dyte (c'est-à-dire, qui habite les trous), parce qu'il 
se retire dans les fentes des masures. Il se tient l'hi- 
ver, le long des rivières, parmi les racines et les brous- 
sailles, et il place quelquefois son petit nkl de mousse 



— 62 — 

sous les toits de chaume des granges et des han- 
gards. Quoiqu'il soit le plus petit de nos oiseaux, il 
semble défier les rigueurs de l'hiver, et on le voit 
parfois, placé sur la cheminée du laboureur, faire 
entendre son petit chant agréable, quand tout, 
dans la nature, semble mort autour de lui. (G. C.) 
(N.) ((§).) 

Genre Accentor. 

L'Accenteur Mouchet. Accentor modularis. 

(Cuv.) 

On le nomme aussi Traîne- buisson, à cause de son 
habitude d'aller de buisson en buisson. 

On en voit beaucoup plus l'hiver que l'été, d'où 
son troisième nom de fauvette d'hiver ; il habite 
les haies; on le rencontre pendant le moment des 
pontes dans les broussailles le long de la Seine, à 
Marivas, etc. (Â. C.) (N.) ((§).) 

Genre Saxicola. 
Le Traquet Cul- blanc. Saxicola œnanthe. 
(Bechst.) 

On le nomme ordinairement Tourne-motte, à cause 
de son habitude de chercher les vers, en suivant le la- 
boureur, et Çul-blanc, parce qu'en s'envolant il mon- 
tre son croupion et partie de sa queue, qui sont blancs. 
Il habite les champs rocailleux, les alentours des 
carrières. On le trouve surtout sur les friches des 
coteaux de Bar-sur-Seine, où il niche sous les pier- 
res plates. (C. C.) (N.) (P. E.) 

Le Traquet Tarier. Saxicola rubetra (Bechst.) 
Vulgairement nommé Trictrac, par onomatopée 
de son chant; il habite et niche dans les prai- 
ries, où il est continuellement en mouvement. Il 
va passer l'hiver dans le midi. (C. C.) (N.) (P. È.) 

Le Traquet Pâtre. Saxicola rubicola. (Bechst.) 
Il niche dans les bruyères des bois, dans les lieux 



— 63 — 

arides et buissonneux, à Vendeuvre, à Bar-sur-Seine ; 
je l'ai lue pendant l'automne autour de Troyes ; il 
émigré l'hiver, mais revient dès février. (A. R.) (N.) 
(P. E. A.) 

Genre Motacilla. 

La Bergeronnette grise. Motacilla alba. (Linn.) 
En plumage d'été et en plumage d'hiver, elle se 
trouve dans Buffbn sous deux noms, ceux de Lavan- 
dière et de Bergeronnette grise. 

Les bergeronnettes sont connues sous les noms 
de Hoche-queue, de Branle-queue, parce qu'elles agi- 
tent continuellement leur longue queue. La grise 
aime le bord des eaux, et niche dans les champs ; 
on la voit souvent se percher sur les toits de chau- 
me. (C.) (N.) (P. E.) 

La Bergeronnette de printemps. Motacilla flava. 
(Linn,) 

Celle-ci, qui se distingue de la précédente par son 
ventre jaune, habite le bord des rivières, et niche 
dans nos prairies. Elle recherche les troupeaux ; 
elle nous quitte quand les insectes disparaissent. 
(C. C.) (N.) (P. E.) 

La Bergeronnette flavéole. Motacilla fiaveola. 
(Gould.) 

Confondue longtemps avec la précédente, elle s'en 
distingue cependant par le dessus de la tête qui est 
jaunâtre, au lieu d'être cendré. 

On l'a déjà tuée dans les environs de Paris; il est 
probable qu'on la rencontrera chez nous au prin- 
temps, quand elle se rend en Angleterre. 

La Bergeronnette jaune. Motacilla boarula. 
(Linn.) 

Elle mérite bien moins l'épithète de jaune que les 
deux précédentes. On la rencontre chez nous, l'hiver, 
le long des sources, des ruisseaux limpides. On dit 



- 64 - 

qu'elle niche quelquefois dans le centre de la 
France ; mais je n'ai pas encore vu son nid. (A. C.) 
(H.) 

Genre Anthus. 

Le Pipit Spioncelle. Anthus aquaticus. (Bechst.) 
Buffon l'a représenté sous le nom à' Alouette pipi. 
On le trouve tovis les hivers le long de nos ruis- 
seaux, de nos rivières, par bandes de sept à huit ; 
c'est le seul de ce genre qui ait les pieds noirs : aussi 
quelques chasseurs le nomment-ils la Patte-noire. 
ïemminck dit qu'il niche dans les Pyrénées. En 
s'envolant il pousse le petit cri commun aux pipits 
(pitt, pitt). D'où vient leur nom générique. (A. C.) 
(H.) 

Le Pipit Rousseline. Anthus rufescens. (Temra.) 
La rousseline est figurée dans Buffon sous le nom 
d' Alouette de marais 9 et le jeune de l'année s'y 
trouve mal figuré sous le nom de Fist de Provence. 

Il habite et niche dans les champs secs, les lieux 
arides. Je l'ai tué sur la route de Saint-Germain, 
et dans les vignes de Payns. (A. R.) (N.) (E.) 

Le Pipit Farlouse. Anthus pratensis. (Bechst.) 
La farlouse est figurée dans les planches enlumi- 
nées de Buffon, par erreur, sous le nom de Cujelier, 
qui est le même oiseau que l'alouette lulu. 

Elle habite les lieux marécageux, et niche rare- 
ment chez nous ; à l'automne, on la voit par petites 
bandes dans les prairies inondées ; elle ressemble 
au pipit des buissons, mais on peut remarquer que 
l'ongle du pouce de ce dernier est très-court, tandis 
que la falouse l'a très-long. (C.) (N.) ((§).) 

Le Pipit des buissons. Anthus arboreus. 
(Bechst.) 

Buffon l'a figuré dans ses planches enluminées 
sous le faux nom de Farlouse ; le jeune s'y trouve 
aussi figuré sous le nom de Pivote ortolane. 



— 65 — 
Cet oiseau devient très-gras à l'automne, et est 
alors un manger délicieux; on le recherche sous le 
nom de Bec- figue, nom sous lequel il est connu ici 
et à Paris ; en Provence on le nomme Grasset. Il 
émigré l'hiver, mais revient de bonne heure nicher 
dans les clairières de nos bois. (C. C.) (N.) (P. E.) 

On doit savoir gré à Temminck d'avoir si bien indiqué 
les erreurs dans lesquelles est tombé le dessinateur de Buf- 
fon, pour ces quatre pipits, car il faut remarquer que le 
texte ne se rapporte nullement avec les figures enluminées. 

Le Pipît à gorge rousse. Anthus rufogularis. 
(Brehm.) 

Au mois de septembre, je tuai, dans une petite 
bande, un jeune pipit, n'ayant que quelques plu- 
mes rougeâtres à la gorge, mais ayant bien tous les 
autres caractères du pipit à gorge rousse. Je n'osai 
cependant le reconnaître pour cette espèce d'Afrique 
qu'après avoir pu le comparer avec une femelle et 
un jeune de cette espèce, pris au filet, pendant l'au- 
tomne, aux environs de Paris. (!) (R. R,) (A.) 

3 m e FAMILLE. — LES GRANIFOBES. 
Genre Alauda. 

L'Alouette des champs. Alauda arvensis. 
(Linn.) 

La girole dont parle Buffon est probablement un 
jeune. 

Tout le monde connaît cette espèce qui chante si 
agréablement, en s'élevant perpendiculairement en 
l'air, pour saluer le soleil levant. Elle vit dans les 
champs de céréales. En octobre, on en voit de gran- 
des bandes de passage, et alors noire marché est 
abondamment fourni d'alouettes prises aux filets. 
{C. C) (N.) ((§).) 

L'alouette Lulu. Alauda arborea. (Linn.) 

C'est la petite alouette huppée, et le cujelier de 

3. 



— 66 — 

Buffon ; mais la figure du cujelier représente le pi- 
pi t farlouse. 

Au printemps, on la voit placée à l'extrémité d'une 
branche, ou s'élevant très-haut en Pair, et faisant 
entendre un chant assez agréable, où se trouve ré- 
pété la syllabe lu-lu, qui lui a valu son nom. Elle 
niche dans les friches près des bois, dans l'arrondis- 
sement de Bar-sur-Seine, où les vignerons la nom- 
ment Tréplu. Je l'ai tuée rarement autour deTroyes, 
et seulement pendant l'automne. (A. G.) (N.) (P. 
E. A.) 
L'Alouette Cochevis. Alauda cristata. (Linn.) 

Buffon a décrit et figuré un mâle, à plumage 
foncé, sous le nom de Coquillade. 

Tout le monde a pu remarquer l'alouette huppée, 
qu'on voit courir le long des grandes routes. Elle 
habite les plaines blanches de la Champagne, et il 
semble qu'elle a, jusqu'à un certain point, pour li- 
mite le terrain crélacé, car je remarque que dans 
plusieurs faunes de provinces voisines, elle n'est que 
de passage accidentel. (G. C.) (N.) ((§).) 

L'Alouette Calandrelle. Alauda brachydactyla. 
(Temm.) 

Elle était inconnue à Buffon. 

Cette nouvelle espèce d'alouette n'a encore été 
mentionnée que comme habitant le midi. Plus pe- 
tite que l'alouette des champs, on la reconnaîtra 
aux plumes qui recouvrent les ailes et qui sont aussi 
longues que ces dernières. 

Je l'ai tuée sur les friches de Ricey, et dans les 
plaines arides de Créney et des Chapelles ; je pos- 
sède aussi son nid. (A. R.) (N.) (E. A.) 

Genre Parus. 

La Mésange Charbonnière. Parus major. 

(Linn.) 
Le courage des mésanges est tel, que si une 



-6 7 - 
(chouette sort pendant le jour, on les voit venir la 
combattre avec acharnement. Aussi ce sont les oi- 
seaux qui donnent les premiers à la pipée. 

Celle-ci habite tous nos bois. (C. C.) (N.) ((g).) 

La Mésange petite-charbonnière. Parus ater. 
(Linn.) 

Elle habite les bois de sapins de l'Allemagne. M. 
Jourdain la dit indigène chez nous, mais on ne la 
trouve que de passage très-accidentel à l'automne. 
(R.R.)(A.) 

La Mésange bleue. Parus cœruleus. (Linn.) 

Les oiseleurs de Troyes la nomment sicilienne. 
Elle habite les bois, les jardins. (G. G.) (N.) ((§).) 

La Mésange Nonnette. Parus palustris. (Linn.) 

On la nomme ainsi à cause de son plumage gris 
et noir, cette dernière couleur figurant un capu- 
chon sur la tête. 

Elle niche dans les arbres creux des bois, dans 
les saules des endroits marécageux. (G. G.) (N.) 
(®0 
La Mésange à longue queue. Parus caudatus. 
(Linn.) 

Cet oiseau, le plus petit de corps de ceux que 
nous avons, paraît cependant plus gros que le roi- 
telet, à cause de sa longue queue. Il ne niche point 
comme les espèces précédentes dans des trous d'ar- 
bres, mais il construit un nid admirable, de forme 
sphérique et percé d'un seul trou sur le côté. 

Il habite les bois, les garennes. L'hiver, on le voit 
en petites bandes, volant par saccades, le long des 
rivières. (G. C.) (N.) ((g).) 

La Mésange Moustache. Parus biarmicus. 
(Linn.) 

Ainsi nommée à cause de ces deux belles mous- 



— 68 — 

taches noires qui s'étendent sur sa gorge, et qui 
tranchent sur son plumage roussâtre. 

Cette mésange niche en Hollande; elle est quel- 
quefois de passage en France. M. Jourdain l'a ren- 
contrée à Ervy. (R. R.) (A.) 

Genre Emberiza* 

Le Bruant jaune. Emberiza citrinella. (Linn.) 
Connu partout sous le nom de Verdière. Voyez* 
page 70, l'article relatif au verdier, auquel presque 
tout le monde a imposé le nom de Bruant. 

Le bruant jaune vit dans les bois, les vergers; il 
est très-commnn l'hiver ; on le voit alors par grandes 
bandes, le long des routes; le verdier au contraire 
est rare pendant cette saison. (G. C.) (N.) (@.) 

Le Bruant Proyer. Emberiza miliaria. (Linn.) 
On lui a donné vulgairement le nom de Trille, à 
cause de son cri. 

Il habite et niche dans les prairies. A l'automne, 
époque à laquelle il est très-gras, il se réunit en 
grandes bandes pour émigrer. (C. C.) (N.) (P.E. À.) 

Le Bruant de roseaux. Emberiza schœniculus. 
(Linn.) 

Cet oiseau se fait remarquer par son petit collier 
blanc. Il habite les marais boisés, et niche dans les 
roseaux des étangs du canton de Piney, etc. A l'au- 
tomne, il voyage par petites bandes pour émigrer. 
(A. C.) (N.) (E. A.) 

Le Bruant de marais. Emberiza palustris. (Savi.) 
Je rapporte à cette espèce, encore peu connue, 
un bruant à taille plus forte et à bec plus gros 
que le précédent, et que j'ai tué, dans les vignes, 
autour de Troyes, pendant certains automnes. (?) 
(R.) (A.) 

Le Bruant Ortolan. Emberiza hortulana. (Linn.) 
La chair de l'ortolan, si dilicate et si grasse, mais- 



-6 9 - 
seulement à l'automne, Ta rendu célèbre dans la 
gastronomie. Je l'ai tuébien des fois autour de Troyes. 
Il niche à Javernant, Bar-sur-Seine, Riceys. 

L'oiseau que nos chasseurs nomment Ortolan, est 
le Torcol. (Page U6.) 

Son chant (wui, wui, wui, pui, wui, wui) l'a fait 
remarquer dans l'arrondissement de Bar-sur-Seine, 
où on le nomme Vigneron, nom vulgaire qu'il porte 
aussi en Provence. (A. C.) (N.) (P. E. A.) 

Le Bruant Zizi. Emberiza cirlus. (Linn.) 

La syllabe zi-zi rappelle un peu son chant. Il res- 
semble au bruant jaune; mais il a la gorge noire. 
Il en vient nicher tous les ans dans les broussailles 
qui longent les rivières de notre pays. (A. R.J (N.) 
(E.) 

Le Bruant fou. Emberiza cia. (Linn.) 

BufFon le décrit sous deux noms : Bruant de pré, 

Ortolan de Lorraine. 

On le nomme fou, parce qu'il donne étourdi- 

ment dans les pièges, comme tous les bruants. 
Je ne connais qu'une capture de cet oiseau. Il 

niche dans le midi. (R. R.) (A.) 

Le Bruant de neige. Emberiza nivalis. (Linn.) 
On le trouve sous deux noms dans BufFon : Orto- 
tolan de neige. Ortolan de passage. 

Il niche dans le Nord; quelquefois il est de pas- 
sage en France pendant l'hiver. On l'a déjà ren- 
contré dans plusieurs départements limitrophes ; 
mais je ne l'ai pas encore observé dans le nôtre, 
quoique, bien certainement, il y passe. (R.R.) (H.) 

Genre Loxia. 

Le Bec-croisé des Pins. Loxia curvirostra. (Linn.) 
Cet oiseau, remarquable par sa singulière habi- 
tude de nicher, en ikllemagne, pendant l'hiver, l'est 
encore par la forme de son bec, qu'explique son 



— 7 o — 

mmi, et qui lui sert à arracher les semences des 
cônes de pins. Le mâle a le plumage rougeâtre. 

Cet oiseau nous visite accidentellement^ et ne se 
défie point de l'homme. (R. R.) (A. H.) 

Genre Pyrrhula. 

Le Bouvreuil commun. Pyrrhula vulgaris. 

(Briss.) 

Ce bel oiseau habile nos forêts; il niche dans 
celles de Chaource et d'Orient. Plus rare l'hiver, on 
le rencontre alors le long de l'eau. 

Un oiseleur a pris, près de Troyes, une variété 
accidentelle d'un noir brillant. Temminck dit bien 
que la femelle prend quelquefois ce plumage quand 
elle est nourrie en cage avec du chenevis, et tenue 
dans un endroit sombre; mais la variété que j'ai 
vue était sauvage. (A. C.) (N.) ((§).) 

Genre Fringilla. 
1" Section. Les Laticones. 

Le Gros-bec. Fringilla coccothraustes. (Tem.) 
Cette espèce, qui sert de type au genre, est bien 
caractérisée par son bec énorme, qui lui sert à broyer 
les noyaux pour en tirer les amandes. Sédentaire 
dans nos bois montagneux, le gros-bec se répand 
l'hiver dans les vergers. On le nomme vulgairement, 
mais à tort, Pinson d' A rdennes. (Pag. 71.) (A. C.) 
(N-) ((§)•) 
Le Yerdier. Fringilla chloris. (Tem.) 

Il habite les haies, les jardins, les arbres des 
routes. (C. C.) (N.) ((§).) 

On confond ordinairement cet oiseau avec le 
bruant jaune, que l'on nomme communément Ver- 
dière. Cette erreur n'est pas seulement propre à 
notre pays, elle est répandue dans presque toute la 
France. Le verdier se reconnaît facilement à son 






gros bec bombé, et le bruant à son bec étroit et à 
bords rentrants. 

La Soulcie. Fringilla petronia. (Linn.) 

Elle niche dans le midi, et se rencontre de passage 
accidentel en automne. Une petite tache jaune- 
clair, placée sur la gorge, rend cette espèce facile à 
reconnaître. (R. R.) (A.) 

Le Moineau. Fringilla domestica. (Linn.) 

Si le moineau fait du tort à l'agriculture en se 
nourrissant de grain au moment de la récolte, il 
rachète un peu ce défaut en détruisant des insectes 
nuisibles le reste de Tannée. On doit noter qu'il ne 
se trouve guère qu'autour des endroits habités. 

(c g.) (n.) m : ) 

Le Friquet Fringilla montana. (Linn.) 

ïl habite les campagnes, les vergers, et niche 
principalement dans les trous d'arbres fruitiers. (C.) 

(no m 

Le Cini. Fringilla serinas. (Linn.) 

Le passage de cet oiseau, commun en Provence, 
est rare dans le nord de la France ; cependant on l'a 
déjà pris dans les environs de Metz et à Paris. On 
doit s'attendre à le rencontrer chez nous. 

2 e Section. Les Brevicones. 

Le Pinson. Fringilla cœlebs. (Linn.) 

Dans le jardins et sur les arbres qui bordent les 

chemins, il fait entendre son joyeux ramage au 

printemps. L'hiver il voyage par petites bandes. 

(C.G.)(N.) ((§).) 

Le Pinson cTArdennes. Fringilla montifringilla. 

(Linn.) 

Il niche dans le Nord, et visite nos climats régu- 
lièrement tous les hivers, quelquefois par troupes 
innombrables. (G.) (H.) 



— 7 * — 
La Linotte. Fringilla cannabina. (Linn.) 

Temminck nous explique très- bien comment cet 
oiseau, sans muer au printemps, revêt son plumage 
de noces ; l'usure du bout des plumes et l'action de 
l'air suffisent pour faire paraître la couleur rouge 
qui est cachée en hiver. 

Buffon le donne en plumage d'hiver, sous le nom 
de Linotte, et en parure de noces , sous celui de 
Linotte de vignes. Son gentyl de Strasbourg est 
une variété. 

Il habite les vignobles, les broussailles. (C. C.) 
(N-) ((§>•) 
La Linotte de montagnes. Fringilla montium. 
(Gmel.) 

Cette espèce, qui n'est pas décrite dans Buffon, 
niche fort avant dans le Nord ; elle est de passage 
accidentel et très-irrégulier pendant les hivers ri- 
goureux. (R. R.) (H.) (Mon cabinet.) 

5 e Section. Les Longicohes. 

Le Tarin. Fringilla spinus. (Linn.) 

Ce petit granivore, à plumage verdâtre, varié de 
noir, devient très-vite familier. Il niche dans le 
Nord. Nous le voyons, à son double passage, au 
commencement et à la fin de l'hiver. (A. C.) (H.) 

Le Grand Cabaret. Fringilla borealis. (Tem.) 
C'est le sizerin de Buffon. 

Il habite les contrées septentrionales et nous visite 
dans Thiver à des intervalles très-irréguliers. Le 
rose-cramoisi qui orne la tête, la poitrine et le crou- 
pion de cette espèce et de la suivante, rendraient ces 
oiseaux dignes d'être élevés en volière, si la domes- 
ticité ne les empêchait pas de revêtir ce charmant 
plumage. (R. R.) (H.) 

Le petit Cabaret. Fringilla linaria. (Linn.) 
C'est le cabaret de Buffon. 



- 7 3 - 

Cet oiseau, qui diffère du précédent, principale- 
ment par une taille moindre et par un plumage 
plus roussâtre, niche dans le nord. Il est de passage 
chez nous pendant certains hivers. Les oiseleurs di- 
sent qu'autrefois on en prenait plus souvent. (Pi.) 
(HO 

Le Chardonneret. Fringilla carduelis. (Linn.) 

Variété accidentelle : le Chardonneret à gorge 

blanche. 

Son nom lui vient des semences de chardon, qu'il 

recherche à l'automne. Il habite nos vergers, nos 

jardins, et, de même que la linotte, il n'émigre pas 

en totalité l'hiver. 

Je dois mentionner comme variété accidentelle, 
intéressante, le chardonneret à gorge blanche, ou 
chardonneret d fève des oiseleurs, pris plusieurs fois 
autour de Troyes. 

Nos oiseleurs désignent sous les noms de Qua- 
trains, de Sixains, des légères variétés de chardonne- 
rets, qui ont quatre ou six taches blanches sous les 
pennes de la queue. Ces taches varient avec la mue. 
(C. C) (NO ((§).) 

Le Serin domestique Fringilla canaria. (Linn..) 

Variétés constantes : le Serin vert. 

— le Serin Isabelle, etc. 

Originaire des îles Canaries, on l'élève dans les 
volières, à cause de son chant. Il en existe beaucoup 
de variétés : les plus constantes sont le serin vert, le 
serin isabeile. 

On obtient des variétés hybrides et infécondes de 
l'accouplement de cet oiseau avec le chardonneret, 
le tarin, la linotte, etc. 



- 7 4 - 

ù e ORDRE. — Ijem Gallinacés. 

2e FAMILLE. — LES COLOMB1NS. 
Genre Coîtim&a. 

ESPÈCES SAUYAGBS: 

Le grand Ramier. Columba palumbus (Linn.) 

Le ramier, quoique très-voyageur, se rencontre 
dans toutes les saisons. Il niche sur les plus grands 
arbres de nos forêts, et, à l'automne, il nous en ar- 
rive des bandes souvent immenses. (G.) (N.) (®.) 

Le petit Ramier, Columba œnas. (Lion,) 

ïl n'est pas décrit dans BufFon. 

Le petit ramier ressemble au bizet, mais il s'en 
distingue par son croupion bleuâtre. Ajoutons encore 
qu'on n'a jamais pu le soumettre à la domesticité. 
Il habite les forêts de haute futaie, surtout celles 
du midi. Nous en voyons quelques-uns pendant l'hi- 
ver, mais très-peu pendant l'été. (R. R.) (N.) ((§).) 

La Tourterelle sauvage. Columba turtur. (Lie.) 

Elle arrive à la fin d'avril, et repart pour îe midi 
au commencement de septembre. Elle habite les 
bois, les bosquets, et niche souvent sur les têtes de 
saules, dans les prairies. (G.C.) (N.) (E.) 

ESPÈCES DOMEST1QDBS : 

La Tourterelle à collier. Columba risoria. (Lin.) 

Variété constante ; la Tourterelle blanche. 

La tourterelle à collier est ainsi nommée, à cause 
du collier noir qui tranche sur son plumage blond. 
C'est par cet oiseau que les poètes font traîner le 
char de Vénus. Il est originaire des Indes, du Séné- 
gal. La douceur de ses habitudes îe fait élever en 
domesticité, quoique son roucoulement soit fort 



_ 7 ft - 

triste. La race blanche, sans collier, est plus 
rare (*). (C. C.) 
Le Pigeon Bizet. Columba livia. (Briss.) 

Il diffère du petit ramier, qui est de la même 
grosseur, par son croupion blanc. Le bizet vit à 
l'état sauvage et indépendant dans les contrées mé- 
ridionales, et niche dans les rochers du nord de 
l'Afrique ; chez nous, il vit volontairement, en demi- 
domesticité, dans les colombiers, que quelques-uns,» 
parfois, abandonnent pour redevenir sauvages et 
vivre alors dans les trous des églises et d'autres 
grands édifices. Ils constituent, dans cet état, le 
bizet fuyard, ou dv roche? de quelques auteurs. C'est 
cette espèce seule qui peuple nos colombiers dans 
les campagnes ; et, suivant l'opinion des natura- 
listes, c'est d'elle qu'est descendu le pigeon domes- 
tique, columba domestlca (Lath.), que nous élevons 
dans nos volières, et dont les rejetons, assortis avec 
soin, ont donné les races qui, perfectionnées par les 
soins de l'homme pendant des siècles, sous divers 
climats, ont changé peu à peu de forme, et se sont 
éloignées de plus en plus du bizet, leur souche com- 
mune. Gorgées de nourriture, elles ont perdu tout 
sentiment de liberté et tout instinct pour pourvoir 
d'elles-mêmes à leurs besoins. C'est donc du bizet 
qu'on suppose qu'est descendu : 

Le Pigeon domestique. Columba domestica. 
(Lath.) 

Cet oiseau, très-variable, très-fécond, et qui n'a 
aucun caractère stable, ne peut pourvoir de lui- 
même à sa nourriture. Il est nommé aussi Pigeon 



(*) îl ne faut pas confondre, ainsi que l'ont fait quelques au- 
teurs, cette race blanche avec la tourterelle blanche , columba 
alba (Tem), espèce de la Chine, domestique dans quelques con- 
trées de l'Europe, mais presque inconnue en France. 



mondain, Pigeon de volière, par opposition aux pi- 
geons de colombier (les bizets) , qui peuvent se 
nourrir d'eux-mêmes. À Troyes, on le nomme sou- 
vent Pigeon pattu, quoiqu'il n'ait pas toujours les 
pieds emplumés. 

Voici ses principales races : 

1° Le Pigeon messager. Columha dom. tabellaria. (non 
Lath.) 

Notre pigeon messager, ou de Bruxelles, n'est pas 
du tout le Columba tabellaria des anciens auteurs, 
race qui rentre dans celle du pigeon romain, et qui 
est impropre au vol. 

Sous-race : le Pigeon volant. Columba tab. alti- 
volans. (Desp.) 
2° Le Pigeon culbutant. Columba dom. giratriœ. (Lath.) 
3° Le Pigeon tournant. Columba dom. gyrans. (Desp.) 
U° Le Pigeon hirondelle. Columba dom. hirundinina. 
(Desp.) 

Sous-race : le Pigeon carme. Columba hir. carme- 
litana. (Desp.) 

5° Le Pigeon pattu. Columba dom. plumipes. (Desp.) 
Sous-race : le Pigeon pattu frisé. Columba ptum. 
hispida. (Lath.) 
6° Le Pigeon tambour. Columba dom. tympansians, 

(Frisch.) 
7° Le Pigeon grosse-gorge. Columba dom. gutturosa. 
(Lath.) 

Sous-races : le Pigeon cavalier. Columbagutt. eques. 
(Lath.) 
— le Pigeon claquart. Columba gutt. per~ 

cussor. (Lath.) 
8° Le Pigeon nonnain. Columba dom. cucultata. (Lath.) 

9° Le Pigeon paon. Columba dom. laticauda. (Lath.) 
Sous-race : le Pigeon paon à plumes de soie. Co^ 
lumba lati. setacea. (Desp.) 



— 77 — 
l'0° Le Pigeon coquille-hoilandais. Columba dom. ga- 
leata. (Lath.) 

Sous-race : Le Pigeon coquille-souabe. Columba gale, 
sueviœ. ( .) 

11° Le Pigeon cravatte. Columba dom. turbita. (Lath.) 
12° Le Pigeon polonais. Columba dom. Brevlrostrata. 

(Desp.) 
13° Le Pigeon bagacîais. Columba dom. turclca. (Lath.) 
14° Le Pigeon turc. Columba dom. barbarica. (Lath.) 
15° Le Pigeon romain. Columba dom. klspanlca. (Linn.) 
Ces quinze races principales, plus ou moins ré- 
pandues chez les amateurs de pigeons de volière, 
ont toutes des sous-variétés, et quelquefois à l'infini ; 
il faut les considérer comme des races assez cons- 
tantes, puisque, si on les croise, leurs caractères s'o- 
blitèrent. Elles peuvent toutes s'unir indistincte- 
ment entre elles, ou avec le bizet, et produire des 
métis toujours féconds ; ce qui prouve que les pi- 
geons sont tous d'une même espèce primordiale, 
puisqu'il est reconnu que la nature s'oppose à la 
génération de mulets provenant d'espèces diffé- 
rentes. On pourrait, à ces quinze races, en joindre 
plusieurs autres encore, mais qui dérivent proba- 
blement de ces races principales, comme les Lillois, 
les Maillés, les Suisses, les Huppés, les Heurtés, les 
Miroités. Par exemple, les pigeons maillés, qui 
(comme les lillois et les cavaliers) tiennent du grosse- 
gorge, ont les grandes plumes des ailes blanches, 
signe évident de leur origine détériorée par le mé- 
lange des variétés ; et, d'ailleurs, leur grande fécon- 
dité est encore une preuve de la confusion de leur 
origine, puisqu'un pigeon produit d'autant plus, 
qu'il a été davantage croisé. En effet, le bizet ne fait 
que deux à trois pontes, les races constantes cinq à 
six, tandis que les maillés, comme les autres va- 
riétés très-croisées, font jusqu'à neuf et dix pontes 



- 7 8 - 
par an : aussi le maillé jacinthe est-il très-eslimé et 
très-répandu à Troyes. 

2 e FAMILLE. — LES FRAIS-GALLINACÉS. 

Genre Phasianus. 

Le Faisan ordinaire. Phasianus colchicus. (Linn.) 
Ce Gallinacé est originaire de la Géorgie, de la Cir- 
cassie, des bords du Phase, d'où les Argonautes le 
rapportèrent au retour de la conquête de la Toison- 
d'Or. Il est naturalisé en France, dans quelques bois; 
dans notre département, on ne le trouve que dans 
quelques parcs, à moitié sauvage. On l'élève aussi 
en domesticité, à cause de sa chair, qui est très-es- 
timée. (R.R.) (N.) ((g).) 

Le Faisan doré. Phasianus pictus. (Lin.) 

Le Faisan argenté. Phasianus nyctlûmerus. (Lin.) 
Ces deux dernières espèces , originaires de la 
Chine et du Japon, se sont aussi multipliées' en 
France, mais seulement comme ornements de nos 
volières ou de nos basses-cours. Suivant Cuvier, le 
faisan doré est le phœnix des anciens. (R. R.) 

Genre Perdix. 

La Perdrix rouge. Perdix rubra. (Bris.) 

Ne se voit point dans les plaines du nord de notre 
département. On en rencontre quelques compa- 
gnies isolées autour de la forêt d'Othe ; mais elle se 
trouve, presqu'aussi nombreuse que la grise, dans 
plusieurs cantons montueux* de Bar-sur-Seine. Les 
chasseurs peuvent facilement reconnaître les mâles 
aux tubercules calleux du tarse, qui ne se voient point 
dans les femelles. Quelques personnes veulent ab- 
solument que la bartavelle, perdix saœatilis (Mey.) se 
trouve dans notre département, ce qui n'a pu être 
prouvé. Cet oiseau du midi de l'Europe se distingue 
de la perdrix rouge par son collier noir qui ne se dilate 



— 79 — 
point en taches sur ta poitrine ; au reste, on peut la voir 
au musée de Troyes. Gérardin nous apprend encore 
que la bartavelle ne peut s'acclimater dans l'inté- 
rieur de la France. Celles qu'on y a apportées ont; 
péri, ou ont bien vite émigré. (À. C.) (N.) ((#).) 

Un de mes amis m'a dit avoir tué, àËstissac, une 
perdrix métis, qui tenait de la rouge et de la grise. 
ïi m'a assuré que les gardes du pays distinguaient 
cette perdrix. Je n'ai pas encore pu me procurer ce 
singulier oiseau, en admettant qu'il existe. ïl est 
possible cependant que la perdrix rouge, qui est 
rare à Estissac, ne trouvant pas d'individus de son 
espèce pour s'accoupler, s'allie à la perdrix grise, 
qui est très-commune. Au reste, si ce fait extraor- 
dinaire peut être prouvé, voici ce que l'on pourra en 
penser : Presque jamais deux espèces différentes ne 
s'accouplent naturellement; et si, par ruse et par 
des moyens détournés, l'homme parvient à faire 
produire ensemble deux animaux différents, comme 
un cheval avec un âne, un loup avec un chien, un 
coq avec un faisan, un serin avec un chardonneret, 
le résultat de cette alliance monstrueuse est le plus 
souvent infécond, ou, s'il peut reproduire sa race 
abâtardie (et ce cas sera fort rare), elle s 9 éteindra ci 
la première ou d la seconde génération. Sans cette règle 
naturelle et immuable, tout serait bientôt boule- 
versé; la nature a donc établi des lois fixes, pour 
que chaque espèce d'animal conserve perpétuelle- 
ment la pureté de ses caractères. 

La Perdrix grise. Perdix cinerea. (Lath.) 

Elle est répandue partout, dans les lieux bas 
comme dans les vignes les plus sèches, dans les en- 
droits un peu boisés, comme dans les plaines. L'a- 
mour de la perdrix pour ses petits, lui fait braver le 
danger pour les sauver, aussi est-il devenu prover- 
bial. (C.C) (N.) ((§).) 

Nos chasseurs parlent d'une perdrix de passage, 



— 8o — 

ou de montagne, perdlx damascœna (Lath.), mais les 
naturalistes ne la regardent point comme une es- 
pèce. Il est présumable que celles que l'on donne 
pour telles, sont de véritables perdrix grises, plus 
petites que celles ordinaires, soit que jeunes elles 
aient été privées de leur mère, ou que des froids ou 
des pluies soient survenus au moment de leur éclo- 
sion, soit pour toute autre cause. On peut dire aussi 
que la fertilité ou la pauvreté d'une contrée influent 
d'une manière sensible sur la grosseur du gibier. 
Telle est aussi notre opinion sur la bécasse et sur la 
perdrix rouge, dont les chasseurs de notre départe- 
ment veulent distinguer deux espèces, une grosse et 
une petite. D'après nos observations, elles sont de 
simples variétés locales. C'est sur d'autres caractères 
que La grosseur, qu'est basée la distinction des espèces, et 
les prétendues bartavelles sont prababîement de 
vieux mâles de la perdrix rouge. Néanmoins j'engage 
fort nos chasseurs qui rencontreraient des perdrix 
de passage, à en déposer à notre Musée. 

2e Section. Les Cailles. 

La Caille. Perdix coturnix. (Lath.) 

Cette espèce, polygame et nomade, arrive dans nos 
champs au milieu d'avril, et repart à l'automne pour 
passer l'hiver en Afrique. Elle voyage la nuit, pen- 
dant la pleine lune. Le nombre en diminue sensi- 
blement tous les ans. Les chasseurs nomment Caf//^ 
vertes Ats cailles du printemps, parce qu'elles habi- 
tent les champs verts, et égyptiennes, les mâles à 
gorge noire. (G. G.) (N.) (P. È. A.) 

Une troisième section du genre perdrix renferme les co- 
lins, qui vivent en compagnie dans les broussailles. Il serait 
facile d'acclimater et de naturaliser chez nous le colin des 
Etats-Unis, perdix borealis (Tem.), dont le mâle est figuré 
dans les planches enluminées de Buffon, no 149. Il est à dé- 
sirer que nos amateurs de chasse propagent cette petite per- 
drix, comme oo fa fait en Angleterre. 



— 8i — 
Genre Meleagris. 
Le Dindon domestique. Meleagris gallopavo. 
(Linn.) 

Il est originaire de l'Amérique septentrionale. Les 
jésuites missionnaires en dotèrent l'Europe en 1570. 
Les premiers dindons furent servis aux noces de 
Charles IX. (C. C.) 

Genre Numida. 
La Pintade domestique. Numida Meleagris. 
(Linn.) 

Elle est originaire des côtes d'Afrique (du Congo, 
de la Guinée). On l'élève comme oiseau d'ornement 
dans les basses-cours, et sa chair est d'un goût ex- 
quis. (A.R.) 

Genre Pavo. 

Le Paon domestique. Pavo cristatus. (Linn.) 
Ce magnifique oiseau, symbole de la vanité et de 
l'orgueil, est originaire des Indes orientales, d'où 
Alexandre-le-Grand l'introduisit en Europe. La Bible 
nous apprend que les flottes de Salomon en rappor- 
taient de Tharsis. Il était servi dans les festins des 
Romains, et depuis, dans ceux du moyen âge, avec 
son superbe plumage. Il est tout-à-fait acclimaté en 
France; mais on ne l'élève plus que comme oiseau 
d'ornement et par curiosité. (A. C.) 

Genre Gallus. 
Le Coq domestique. Gallus domesticm. (Linn.) 
Ce précieux oiseau est devenu, à cause de ses 
habitudes belliqueuses, le signe symbolique du cou- 
rage et de la vaillance. C'est peut-être le premier 
animal que l'homme ait soumis à sa puissance, 
Suivant Temminck, il est originaire de l'Inde et des 
îles de l'Océan indien. Son esclavage, qui remonte 
aux temps fabuleux, l'a fait varier à l'infini, et il a 
donné plusieurs races : 



— 82 — 

Places principales : ie Coq à crête. Gallus domes- 
ticus. (Bris.) 
le Coq huppé. Gallus cristatus. 
(Bris.) 

— le Coq nain (Buf.) Gallus pami- 

Ho. (Bris.) 

— leCoqpattudeCamboge (Bnf.) 

Gallus plurnipes. (Bris.) 

On voit parfois une variété monstrueuse du coq 
ordinaire, qui porte cinq doigts (c'est le Gallus pen- 
tadactylus de Brisson). 

Une autre monstruosité, mais qui n'est qu'artifi- 
cielle, est celle qui porte un ergot de poulet, greffé 
sur la crête, où il prend de l'accroissement. 

Les races suivantes, aussi domestiques en France, 
sont encore regardées par plusieurs auteurs, comme 
des espèces, quoiqu'elles produisent ensemble. 

Le Coq à plumes frisées. Gallus crispus (Bris.) 
Remarquable par ses plumes crispées en dehors. 
On le trouve domestique à Java, au Japon. (à.C.) 

Le Coq russe, ou dePadoue. Gallus patavinus. 

(Bris.) 

Le plus grand de ce genre. Suivant Temminck, 
c'est la variété domestique du coq iago (son gallus 
giganteus), qu'on trouve à Java et à Sumatra. (A. C.) 

Le Coq nègre. Gallus mono. (Tem.) 

De Mosambique (BufF.), de l'Inde, *où il vit sau- 
vage. On l'élève peu, parce que la couleur noire de 
sa crête, de sa peau et de l'enveloppe de ses os, 
cause de la répugnance. (R. R.) 

Le Coq à duvet de soie. Gallus lanatus. (Tem.) 

Sa peau et l'enveloppe de ses os sont noirs aussi. 

Sa livrée blanche, formée de plumes décomposées, 

est soyeuse au toucher. Originaire de la Chine, de 

l'Inde. (A.R.) 



Le Coq sans croupion. Gallus ecaudatus. (Tem.) 

Il est remarquable en ce qu'il n'a point de crou- 
pion, et par conséquent pas de queue. Il vient de 
Geylan. (il.) 



5 e ORDRE. — Eté® E©li assiéra. 

1" FAMILLE. A TROIS DOIGTS, POINT DE POUCE, 

(Tr idactylcs.) 

Genre Otis. 

L'Outarde barbue. Otis tarda. (Lion.) 

On la nomme aussi dans les campagnes Bitard. 
C'est le plus gros de nos oiseaux, puisque le mâle 
pèse jusqu'à douze et treize kii. On en voit l'hiver, 
mais plutôt au printemps, dans nos grandes plaines 
découvertes de Charmont, des Chapelles, des Bier- 
reys, etc. ; quelquefois on y a même trouvé son nid. 
Un faucheur, à Premierfait, poursuivait deux jeunes 
outardes, qui ne pouvaient pas encore voler, quand 
la mère, accourant au secours de ses enfants, vint 
s'élancer contre le faucheur, qui, pour se défendre, 
fut lorcé d'avoir recours à sa faux, avec laquelle il 
lui trancha le cou. 

Cet oiseau s'envole devant le chasseur à plus de 
six cents pas, mais des laboureurs qui conduisent 
des •chevaux s'en approchent quelquefois très-faci- 
lement. Ce serait une bonne acquisition pour nos 
basses-cours, si on pouvait ■ le rendre domestique : 
déjà plusieurs personnes 1 l'ont essayé? (R.) (N.) ((§)•) 

L'Outarde* Gâonepetière.- Otis tetrax. (Linn.) 

La -cannepétière", habité/ comme la précédente^ 
nos plainesTarides et découvertes. Il en niche tous 
les ans dans notre département, à Charmont, aux 
Chapelles, à Origny-le-Sec, etc. (A. R.) (N.) (P 
E. A.) 



- 84 - 
Genre OËdicnemus. 

L'Œdicnème criard. OEdicncmus crcpltans. 
(Terni) 

Tous nos chasseurs le connaissent sons le nom cîe 
Courlis de terre, par imitation de son cri, qui, le soir, 
retentit au loin. Il habite les champs arides, les en- 
droits élevés et incultes^ à Feuges^ les Grès, Mesnil- 
Lettre, etc. 

Les plumes des ailes ne poussent aux jeunes que 
fort tard, de même que pour le canard sauvage. 
Aussi, en septembre, les chasseurs trouvent-ils des 
œdicnèmes qui ont pris leur entière croissance, mais 
qui ne peuvent encore voler. (G. G.) (N.) (P.E.) 

Genre Galidris. 
Le Sanderling variable. Calidris arenaria. (Illig.) 
Son plumage change avec chaque saison ; mais 
on le distinguera toujours des petits échassiers, parce 
qu'il n'a que trois doigts et pas de pouce.. 

Il habite les bords de la mer, et niche dans le 
nord. On eu voit très-accidentellement des individus 
isolés le long des fleuves. (R. R.) (H.) 

Genre flimaïUopus. 
L'Echasse à manteau noir. Himantopus melanop- 

ter us. (Mey.) 

Elle est fort remarquable par ses longues jambes 
grêles et d'un beau rouge. Elle habite les lacs sa- 
lins et les fleuves des contrées orientales. De passage 
très-accidentel dans notre département. 

M.\Brégeata donné au Musée de Troyes un couple 
de cet oiseau rare, qu'il a tué, il y a quelques an- 
nées, sur un étang de Piney. (R. R.) (P.) 

Genre Hœmatopus. 

L'Huitrier Pie-de-mer, Hœmatopus ostraleçus. 
(Linn.) 



— 85 — 

Je pourrais citer deux ou trois captures de cet 
éohassier à pieds rouges, qui habite les bords de 
l'Océan. C'étaient probablement des individus égarés 
par un coup de vent. 

On l'a nommé Huitrier, parce qu'il se nourrit de 
coquilles bivalves. On a joint à ce nom i'épithète 
de Pie , à cause de son plumage noir et blanc, 
(R. R.) (H.) 

Genre Charadrius. 

Le Pluvier doré. Charadrius pltwiatis. (Linn.) 
A l'automne et au printemps, on en voit de pe- 
tites bandes dans les marais, dans les prairies tour- 
beuses. Je me suis procuré quelquefois, au mois 
d'avril, des individus qui commençaient à revêtir le 
plumage de noces. C'est alors le pluvier à gorge 
noire de Buffon, charadrius apricarius des naturalistes 
qui veulent à tort en faire une espèce distincte. 
(A.C.) (N.?) (P. A.) 

• Le Pluvier Guignard. Charadrius morinellus, 
(Linn.) 

N'habite pas les marais, comme les autres espèces 
congénères. On le voit par bandes sur les tertres des 
plaines désertes du Pavillon, de Luyères, où il est de 
passage assez régulier à l'automne et au printemps. 

Il est très-sauvage; les braconniers, pour le join- 
dre, imitent les ivrognes ou les bpiteux, ce qui 
semble l'étonner au point qu'il reste stupéfait, C'est 
un gibier recherché. (R.) (P. A.) 

Le grand Pluvier à collier. Charadrius hiaticula. 
(Linn.) 

Il habite les rivages de la mer, où il niche. On le 
trouve parfois le long de la Seine. (R.R.) (A. P.) 

Le petit Pluvier à collier. Charadrius minor. 
(Mey.) 

En le voyant de loin courir sur les grèves de la 
Seine, on le prendrait pour la Lavandière. 



*** Je l'ai" tué àSaiut-Juliei^ #& ferme de Marivas, 
où il niche. Il disparaît en hiverf^. R.) (N.) (E.) 

'Lé Pluvier à collier interrompt!. Ghiradrius 
t c antianus. (Lath.) ' - ,^%- 

t Il n'est pas décrit dans Buffon. *^l|f- 

Il vit ordinairement sur les grèves de la merjj'eoï 
ai trouvé un jeune, à l'automne, sur le marcftè au I 
gibier. (R. R.) (A.) é ; ' 

(.m» 2 Genre Vanellus (*). ;. '. , : y 

*fîe Vanneau -pluvier. Vanellm melanogaster. ; 
J?^ (Beclist.) 

Se trouve sous trois rubriques** différentes dans 
Buffon : le vanneau varié est le pliïmage d'hiver, le I 
vanneau gris est un feune, et le vanneau suisse le 
plumage cfes noces. '*.. 

lï'niche dans les malais duihord^ïl est de pas- 
sage sur les bords de l'Océan! M: feurdain l'indique 
dans son ^catalogue des animai du département. 
(R.R.)(H.) ) 

Le Vanneau huppé. Vcffiellus cristatus. (Mey.) '., 
ïl habite les marais, les prairies tourbeuses, et y 
niche. Il n'a pas encore abandonné le marais de - 
Saint-Germain, bien qu'il soit desséché depuis plu- 
sieurs années. Pendant le carême, on en apporte à I 
Troyes de grandes quantités prises aux filets. îl est 
regardé comme un gibier que Ton peut manger les 
jours d'abstinence, de même que la plupart des ( 
autres oiseaux de rivage, la bécassine, la poule 
d'eau, etc. Quelques-uns, moins canoniques, y joi~ , 
gnent même le canard sauvage. 

Les amateurs d'horticulture peuvent mettre des 

(*) Ce genre semble assez mal placé dans les Tndactyles, car 
les Vanneaux ont un pouce, bien qu'il soit si petit qu'il ne tou- 
che pas à terre ; mais l'ensemble de leurs autres caractères les 
range à la suite des Pluviers. 



-8 7 - 
vanneaux dans leurs jardins, pour détruire les vers 
et les limaces. Il est curieux de les voir frapper la 
terre de leurs pieds, pour attirer les vers de terre à 
la surface. (C.G.) (N.) ((§).) 

2« FAMILLE. — A QUATRE DOIGTS. {Tètradaetyles.) 

§ I er . Les Cultirostres. 

Genre Grus. 

La Grue cendrée. Grus cinerea. (Bechst.) 

Cet échassier, le plus haut de nos oiseaux, niche 
dans les marécages du nord. Ses bandes, alignées 
en triangle, au commencement de novembre, quand 
il va en Afrique, et en mars, quand il en revient, 
annoncent à nos cultivateurs le changement des 
saisons. Son passage régulier est annoncé par son 
cri des plus sonores, qui se fait entendre du haut des 
airs. On n'en tue pas tous les ans, parce que, par- 
fois, ces oiseaux ne s'arrêtent pas dans nos plaines. 

(LA.) (P. A.) 

Genre Ciconia. 

La Cigogne blanche. Ciconia alba. (Bris.) 

Quoique très-sauvage chez nous, elle niche sur 
les cheminées et les tours en Allemagne. Elle est de 
passage en automne et au printemps, quand elle va 
en Afrique ou qu'elle en revient. Parfois, au mois 
d'août, on a vu des bandes, composées en partie de 
jeunes cigognes, s'abattre sur les arbres des bois, et se 
laisser tuer facilement, tant elles étaient fatiguées. 
(A. li.) (P. A.) 

Il y a un siècle, les apothicaires prenaient pour emblème 
la cicogne, lui attribuant, avec Belon, l'invention des clys- 
téres; mais, d'après iElian , Plutarque, Cicéron, Prosper 
Alpin, ce serait l'usage que Plbis ferait de son bec qui aurait 
donné lieu à cette invention. 

La Cigogne noire. Ciconia nigra. (Bechst.) 

Cette espèce sauvage habite les forêts et les ma- 
rais boisés de la Pologne. On en tue quelquefois dans 



— 88 — 

notre département ; mais son passage n'est ni an- 
nuel ni régulier. 

On peut voir au musée de Troyes, un beau mâle 
donné par madame Marcotte. M. Gofïînetet M. Jour- 
dain possèdent cette espèce, ainsi que moL (R. R.) 

(H.) 

Genre Ardea. 

4 r e Section. Les Hérons. 

Le Héron cendré. Ardea cinerea. (Linn,) 

Le héron de Buffon est le jeune; son héron huppé 
est l'adulte. Il se tient le long des rivières, et dans 
nos marais, à proximité des forêts, sur les arbres 
desquelles il va coucher tous les soirs. C'est un oi- 
seau erratique, qui habite toutes les contrées du 
globe. 

Il niche rarement dans nos forêts. On l'a vu, 
en 1841, nicher dans l'étang des Hauts-Tuileaux, 
forêt de Rumilly. 

La graisse du héron est regardée comme un appât 
infaillible pour le poisson. (A, C.) (N.) ((g).) 

Le Héron pourpré. Ardea purpurea. (Linn.) 
Buffon fait encore deux espèces de cet oiseau, en 
décrivant le vieux sous le nom de héron pourpré- 
huppé, et le jeune sous celui de héron pourpré. 

Ce bel oiseau, à plumage d'un roux éclatant, 
habite les bords des lacs et des étangs dans le midi. 
On en tue presque tous les ans dans nos pays. Je ne 
puis pas assurer qu'il niche sur les étangs de Piney, 
seulement je sais que plusieurs fois on l'y a tué 
pendant l'époque de l'incubation, ce qui ferait croire 
qu'il y niche. (R.) (N. ?) (P. E.) 

2e Section. Les Butors. 
Le grand Butor. Ardea stellaris. (Linn.) 

Se reconnaît facilement au milieu des espèces 
voisines par son gros cou et par son plumage brun- 
jaunâtre marqué de zigzags noirs. 



Il se tient dans les joncs et dans les roseaux des 
étangs, des marais. On en tue tous les ans. On 
m'a assuré qu'il nichait dans les étangs boisés de 
Yendeuvre. On dit que c'est en enfonçant son bec 
dans la vase qu'il fait entendre son cri, que l'on a 
comparé au mugissement du taureau. (A. R.) (N. ?) 
(P.E.A.) 

LeBlongios. Ardea minuta. (Linn.) 

Il est plutôt connu des chasseurs sous le nom 
de petit Butor. Buffon le décrit dans trois chapitres ; 
le vieux est son blongios de Suisse, et les jeunes 
sont le butor brun rayé et le butor roux. 

Ce héron le plus petit du genre se tient dans les 
broussailles des marais, et des étangs de Piney, etc. 
Il niche tous les ans dans les noues que forme la 
Seine à S le -Cyre, S f -Lyé. etc. (A. R.) (N. ! ) (P. E. 
A.) 

Genre Nycticorax. 

Le Bihoreau à manteau noir, Nycticorax ardeo- 
la. (Tem.) 

Le crabier roux et le Pouacre, de BufFon, sont 
des feunes, plus ou moins âgés, et son bihoreau fe- 
melle est encore un jeune de deux ans, car il n'y 
a point de différence dans les sexes, et les trois 
longues plumes effilées de la nuque, qui tombent 
sur le dos, se voient aussi dans la femelle adulte. 

Il niche en Provence dans les buissons et les 
joncs qui bordent les fleuves et les étangs. Il nous 
visite accidentellement au printemps. (R. R.) (P.) 
(!\Susée de Troyes, etc.) 

Genre Platalea. 

La Spatule blanche. Platalea leucorodia. (Linn.) 
BufFon, selon l'âge, en fait deux espèces : la spa- 
tule et la spatule blanche. 

Comme cet oiseau est multiplié en Hollande 5 
Temminck a pu vérifier que la platalea nivea? de 

k. 



— go — 
Cuvier, était un jeune; aussi Cuvier a-t-ii rectifié 
ce fait dans sa dernière édition. Son nom explique 
parfaitement la forme de son bec. Nous n'en con- 
naissons que trois captures faites dans notre dépar- 
tement, la dernière à Nogent-sur-Seine, dans l'au- 
tomne de 1839. (Le Musée, mon cabinet, etc.) (R. 
R.) (H.) 

§ 2 me . Les Longirostres. 

Genre ffofs. 

L'Ibis Faîcioelle. Ibis falcinellus. (Tem.) 

Voyez dans Buffon le Courlis vert ou Courlis d'I- 
talie, qui est le même oiseau. 

Cet Ibis était vénéré en Egypte et avait les hon- 
neurs de l'embaumement après sa mort, de même 
que l'Ibis sacré {Ibis religiosa. Cuv.), puisqu'on 
trouve des momies de ces deux espèces. 

La racine du mot Falcinelle signifie faucille, et ce 
nom lui a été donné à cause de la forme de son bec. 
On peut voir dans le cabinet de M. Jourdain un 
oiseau de cette espèce pris à Ervy. C'est la seule 
capture que nous connaissions de cet Ibis qui ha- 
bite les fleuves et les étangs du midi et du levant. 
(R. R.) (P.) 

Genre Numenius. 

Le grand Courlis. Numenius arquata. (Lath.) 
Les oiseaux de ce genre sont reconnaissables, à 
leur long bec grêle et très-arqué, et à leur plumage 
brun grisâtre marqué de noir. Ils doivent leur nom 
à leur cri. (îl ne faut pas les confondre avec le cour- 
lis de terre, page 84.) 

Cette espèce habite les côtes maritimes, elle est 
de passage très-accidentel, on n'en tue pas tous les 
ans. (II. II.) (H.) 

Le petit Courlis. Numenius phœopus. (Lath.j 
Il diffère du précédent par sa taille moitié moin- 



— gt — 

dre. IL niche dans le nord, il est de passage en hi- 
ver le long des côtes maritimes. On le rencontre 
dans nos marais encore plus rarement que le grand 
Courlis. (R. R.) (H.) 

Genre Reçut* virostra. 
L'Avocette à nuque noire. Recurvirostra avo- 
celta. (Linn.) 

Cet échassier est remarquable par son long bec, 
flexible, se recourbant en haut. Il habite las plages 
inondées par la mer, en Europe. 

Trois avocettcs ont été tuées à Âuxon, dans l'au- 
tomne de 1840. M. le curé de cette commune en 
envoya deux au Musée de Troyes; c'est le seul 
exemple connu du passage de cet oiseau chez 
nous. (R. R.) (H.) 

Genre Trioga. 

Le Bécasseau Gocorli.Tringa subarquata. (Tem.) 
Figuré dans Buffpn sous le nom d'Alouette de mer. 
Il vit le long des côtes maritimes et autour des 
lacs, quelquefois de passage le long des fleuves. 

J'ai trovivé sur le marché S*- Jean, à Troyes, di- 
verses espèces de bécasseaux, mêlées à d'autres oi- 
seaux de passage, que l'on prend de temps en temps 
dans les nappes des vanneaux. (R. R.) (A. P.) 

Le Bécasseau Brunette. Tringa variabilis. (Mey.) 
Ce petit échassier maritime est la Brunette, et le 
Cincle de Buiîon. 

Son plumage est très-variable selon l'âge et la 
saison. Il habite les marais salins, les sables de la 
mer. On le trouve plus souvent le long des fleuves 
que le précédent, surtout au printemps, époque 
à laquelle il revêt déjà son plumage de noces. (R. 
R.) (P. A.) 

Le Bécasseau Tem mi a. Tringa Temmincku* 
(LeisL) 



** ga -a 

West pa9 décrit dans BufFon. 

Cette espèce, ainsi que la suivante? est la plus pe- 
tite de tous nos échassiers. 

Elle niche dans le nord; elle est de passage' en 
France sur les bords des lacs et des rivières. J'ai tué 
un bécasseau temmia dans le marais de S'-Germain. 
Cette espèce ne se méfie pas beaucoup de l'homme ; 
sous les yeux du chasseur, elle continue à chercher 
les insectes aquatiques, dont elle se nourrit. (R. R.) 
(A. P.) 

Le Bécasseau petit, Tringa minuta. (Leisl). 

Ne se trouve pas dans BufFon. 

Habitant du nord, il est de passage le long des 
fleuves et des marais, où on le voit courir sur les ri- 
ves. Au printemps, plutôt qu'à l'automne, on en ap- 
porte, avec d'autres oiseaux de rivage, sur le mar- 
ché au gibier de Troyes. (R. R.) (P. A.) 

Le Bécasseau Maubêche. Tringa cinerea. 
(Linn.) 

Sous trois noms dans BufFon, suivant son plu- 
mage, variant par l'âge et avec les saisons : mau- 
bêche grise, maubêche tachetée, et maubêche. 

Il niche dans les régions du cercle arctique, et 
l'hiver il est de passage sur les bords de la mer, 
mais très-rarement et tout à-Fait accidentellement 
sur les fleuves delà France. (R. R.) (H.) 

Genre Machetes. 
Le Combattant Paon-de-mer. Machetes pugnax. 
(Cuv.) 

Ici, comme pour tous les oiseaux à plumage va- 
riable, BufFon a multiplié les espèces outre mesure; 
car indépendamment de son Combattant, qui re- 
présente le plumage d été, son Chevalier varié est 
un très-jeune Combattant, etson Chevalier commun 
est le plumage d'hiver de la même espèce. 

Cet oiseau niche dans les vastes marais^des* côtes 



- 9 3- 
maritimes. Au printemps les mâles se livrent de fu- 
rieux combats pour la possession des femelles, et ils 
se revêtent, à cette époque, d'une brillante livrée 
qui varie pour chaque individu. On en prend dans 
notre département tous les ans avec les Vanneaux : 
ils sont même encore de passage, dans nos contrées, 
au dommencement d'avril, et comme leur mue de 
printemps est alors assez avancée, on peut en ren- 
contrer qui sont déjà revêtus da leur plumage de 
noces, quoiqu'ils ne nichent point ici : mais leur 
face n'est pas encore recouverte de papilles char» 
nues. (A. C.) (A. P.) 

Genre Totanus. 
Ire Section. A Bec dp» oit : 

Le Chevalier Arlequin. Totanus fuscus. (Leisl.) 

C'est la Barge brune de Buffon. 

Il est de passage en France le long des fleuves, 
plutôt au printemps qu'à l'automne ; il niche dans 
le nord. 

Je l'ai déjà trouvé, mêlé à d'antres échassiers, sur 
le marché de St. -Jean, à Troyes. (R. R.) (A. P.) 

Le Chevalier Gambette. Totanus calidris. 
(Bechst.) 

Le Chevalier rayé de Buffon est un jeune, et son 
Chevalier aux pieds rouges est le plumage partait. 

Il habite les bords de la mer, et niche dans les 
marais du nord. On le trouve de passage dans notre 
département, à l'automne et plus régulièrement au 
printemps. (A. C.) (P. A.) 

Le Chevalier aux pieds verts. Totanus stagnati- 
Us. (Bechst.) 

Figuré dans Buffon sous le nom de Barge grise ; 
mais la description ne se rapporte point à cette es- 
pèce. 

Il niche dans le nord, et est de passage le long 



— 94 — , 
des fleuves. Je n'aï encore pu m'eiï procurer qu'un 
seul individu. (R. R.) (H.) 

Le Chevalier Cul-blanc. Totanus ochropus. 

(Tem.) 

Il est connu de nos chasseurs sous le nom de Cul- 
blanc, parce que, lorsqu'il s'envole, on distingue la 
blancheur de son croupion et d'une partie de ^sa 
queue. 

Il habite et niche sur le sable le long de la Seine, 
et sur les gazons des marais. Il disparaît en partie 
pendant l'hiver. (A. C.) (N.) ((§).) 

Le Chevalier Sylvain. Totanus glareola. (Tem.) 
Ressemble au précédent, mais toute sa queue est 
rayée de brun et de blanc. Il habite et niche en Al- 
lemagne et dans le nord. Je l'ai déjà rencontré sur 
le marché au gibier, et je l'ai tué aux environs de 
Troyes, au mois de mars. Je présume même que 
c'est lui que j'ai vu pendant les pontes sur les étangs 
de nos bois. (R. R.) (H.) 

Le Chevalier Guignette. Totanus hypoleucos. 
(Tem.) 

C'est la Guignette de Buffon, qui l'a figurée sotls 
le faux nom de petite alouette de mer. 

Il habite et niche sur la grève le long de la 
Seine et des petites rivières limpides, à S^Juîien, à 
S-Lyé; je ne l'ai jamais vu dans les marais. (A. 
C.) (N.) (P. E. A.) 

2me Section. A Bec Retroussé. 

Le Chevalier aboyeur. Totanus g lottis, (Bechst.) 
C'est la Barge grise et la Barge aboyeuse de Buf- 

fon. 

Il niche dans le nord, et on le trouve en France 

le long des fleuves, pendant l'hiver, et souvent isolé ; 

je n'en ai encore trouvé que quelques individus sur 

Se marché de Troyes. (R. R.) (A. P.) 



- 95 - 

Genre Limosa. 
La Barge à queue noire. Limosa melanura, 

(Leisl.) 

La Barge commune de Buffon est le plumage 
d'hiver, et sa grande Barge rousse est la livrée d'été. 
Cet oiseau, haut monté et à bec très-long, niche 
dans les marais de la Hollande; on le rencontre 
dans nos marais et nos prairies tourbeuses, à la fin 
de l'hiver plutôt qu'à l'automne. (A. II.) (À. P.) 

La Barge rousse. Limosa rufa. (Briss.) 

Cette espèce a le bec retroussé, comme le Che- 
valier aboyeur; elle niche dans le nord de l'Europe, 
et opère son passage le long des côtes maritimes. 
Cependant j'en ai déjà rencontré sur le marché de 
St.-- Jean, à Troyes. (R. R.) (A. P.) 

Genre Scoîopax. 
l r e Section. A Tibia EmpluMé. 

La Bécasse. Scoîopax rusticola. (Linn.) 

Ce gibier recherché est parfaitement connu. Il en 
niche tous les ans quelques-unes dans nos forêts à 
terrain noir et humide. Mais au passage de novem- 
bre et à la fin de mars, nous voyons beaucoup de 

* bécasses, et on les chasse surtout à l'affût. (C.) (N.) 

m-) 

2me Section : A Tibia en partie dénudé. 

La Bécassine. Scoîopax gallinago. (Linn.) 

Habite nos marais, nos prairies tourbeuses ; quand 
on se promène dans les environs de son nid, elle fait 
entendre, du haut des airs, un cri perçant qu'on 
peut comparer au chevrotement de la chèvre. Il en 
arrive souvent de forts passages, au mois d'août. Elle 
disparaît en partie l'hiver. (G.) (N.) ((§).) 

La Bécassine sourde. Scoîopax gallinula. (Linn.) 
Les chasseurs l'ont nommée Sourde parce qu'elle 



— 9 6 — 

est difficile à lever et qu'elle ne part que sous le nez 
du chien. 

Elle est bien plus petite que la précédente. On la 
rencontre de même dans les marais, et quelquefois 
dans les vignes. Elle niche dans le nord. Cependant 
des œufs, trouvés dans nos marécages, ont été re- 
connus par M. Des Murs, de Paris, pour appartenir 
à cette espèce. (A. G.) (N.?) ((§).) 

§ 3 e . Les Macrodactyles. 
Genre liallus. 

Le Râle d'eau. Rallus aquaticus. (Linn.) 

Il est bien facile â distinguer du Râle de genêt, 

par son long bec et ses habitudes tout aquatiques. 

Il habite les marécages couverts de broussailles 

et de hautes herbes, au milieu desquelles il se coule 

et d'où il est difficile à faire envoler. (A. G.) (N.) 

«§>•) 

Genre Gallinula. 
Ire Section. Sans plaque sur le front. 

Le Râle de genêt. Gallinula crex. (Lath.) 

Les chasseurs le nomment aussi Roi-de-Cailles, 
parce qu'on prétend que les cailles émigrent sous sa 
conduite. 

Il habite les taillis, les hautes herbes des planta- 
tions humides, ou il niche; en septembre, il se ré- 
pand dans les champs. (G.) (N.) (P. E. A.) 

La Marouette. Gallinula porzana. (Lath.) 

Est bien reconnaissable par son manteau brun 
olivâtre, ponctué de blanc. 

Elle habite les marais, les bords herbus des ri- 
vières. J'en ai quelquefois rencontré des nichées, à 
St.-Pouanges. (A. R.) (N.) (P. E.) 

La Poule deau Poussin. Gallinula pusilla» 
(Bechst.) 



— 97 — 
Etait inconnue à Buffon. 

Cette espèce est encore plus petite que la ma- 
rouette. Elle est commune dans le midi. 

Elle habite les marais, où elle est très-difficile à 
trouver, mais on n'en voit pas tous les ans ici. (R. 
R.) (N. ?) (P.) 

2 e Section. A Plaque Frontale. 

La Poule d'eau ordinaire- Gallinula ckoropus. 
(Lath.) 

La poulette d'eau, de Buffon, est un jeune, qui 
n'a pas encore la plaque du front développée. 

La poule d'eau vit dans les roseaux et les joncs 
des rivières, des étangs et des marais de tout le 
département. (C.) (N.) ((§).) 



6 me ET DERNIER ORDRE. — Aes fetitml%&&*&. 

Ire FAMILLE.— A PIEDS PALMÉS. 

(Vrais-Palmipèdes.) 

§ i er . Les Lamellirostres. 
Genre Cycnus. 
Le Cygne sauvage. Cycnus musicus. (Temm.) 
On distingue facilement ce gracieux palmipède 
du suivant, par la base du bec qui est jaune, tandis 
que le cygne domestique a une protubérance noire 
sur le bec. On lui a donné l'épithète de Musicus, 
parce que les poètes de l'antiquité attribuaient à 
cet oiseau les chants les plus mélodieux, quand il 
était près de mourir. 

Il habite les régions du cercle arctique, .mais, 
presque tous les hivers, il est de passage dans nos 
contrées, et principalement dans les hivers rigou- 
reux. (A.R.) (H.) 

Le Cygne domestique. Cycnus olor. (Temm.) 

5 



-9» ~ 
Cette espèce habite et niche dans les contrées 
orientales de l'Europe ; elle est de passage l'hiver, en 
Provence. 

Dans nos climats, on l'a rendue domestique, pour 
en faire l'ornement des eaux des jardins et des parcs. 
(A. R.) 

Genre Anser. 

L'Oie cendrée. Anser férus. (Temm.) 

Variété constante : l'Oie domestique. 

Cette oie a encore été nommée Première, parce 
qu'elle est la souche de celle que nous élevons en 
domesticité. Une industrie, qui s'exerce surtout en Al- 
sace, consiste à priver les oies de mouvement, d'eau 
et de lumière, pour obtenir ces foies volumineux qui 
font les délices des gastronomes. 

Elle habite les mers et les marais du nord et du 
levant; ses phalanges, alignées en forme de V, ne 
nous visitent pas tous les ans. (A. R.) (H.) 

L'Oie sauvage. Anser segetum. (Temm.) 

Peut se distinguer par son bec noir, coloré de 
jaune dans le milieu, tandis que chez la précédente 
le bec est tout entier de couleur orange. 

Elle niche très-avant dans le nord, et émigré pé- 
riodiquement dans nos contrées tempérées. On voit 
tous les hivers ses bandes nombreuses former des 
figures régulières dans les airs, et sembler obéir à 
un chef. (A. C.) (H.) 

L'Oie rieuse. Anser albifrons. (Temm.) 

L'épithète de rieuse lui a été donnée soit a cause 
de son cri qui imite, dit-on, un ricanement, soit à 
cause des plumes blanches de la base du bec, qui 
lui donnent une physionomie particulière. 

Elle habite les marais du cercle arctique, et son 
passage est assez irrégulier dans le centre de la 
France. Nos canardiers en tuent de temps en temps 
sur les étangs. (Musée de Troyes, mon cabinet.) 
(R.) (H.) 



— 99 — 
Le Cravant. Anser bernicla. (Temm.) 

Cette oie habite des régions toujours glacées ; elle 
est très-accidentellement de passage en France 
dans les hivers rigoureux, et rare surtout sur les fleu- 
ves de l'intérieur. (Cabinet de M. Jourdain.) (R. 
R.)(H.) 

La Bernache. Anser teucopsis. (Temm.) 

La fable l'a fait naître successivement du fruit 
d'un arbre, et d'une coquille marine (l'anatif). 
C'est par suite de cette opinion erronée que les Con- 
ciles autorisèrent l'usage de cet oiseau en carême, 
usage qui, plus tard, s'est étendu aux autres ca- 
nards. 

Elle niche, comme ses congénères, dans les con- 
trées les plus reculées du nord ; dans les grands hi- 
vers, elle émigré le longdes côtes maritimes, et plus 
rarement dans, l'intérieur des terres. (Cabinet de M. 
Jourdain.) Je possède une bernache qui a été tuée, 
en 1840, au-dessous de Nogent-sur-Seine. (R. R.) 
(H.) 

L'Oie d'Egypte. Anser œgyptiacus. (Mey.) 

Ce bel oiseau, qui habite l'Afrique, était vénéré* 
des Egyptiens, à cause de son attachement pour ses 
petits; on en retrouve la figure sur leurs monu- 
ments. On l'a tué à des époques irrégulières dans 
plusieurs provinces voisines, mais on ne Ta pas en- 
core observé dans notre département. On l'élève 
aussi en domesticité pour l'ornement des bassins. 

Genre Anas. 

ire Section. A Pouce non Membrane* 

Le Canard musqué. Anas mosckala. (Linn.) 

On le nomme ordinairement Canard de Barbarie, 

mais à tort, puisqu'il est originaire de l'Amérique. 

Son nom de musqué lui vient de l'odeur qui lui est 

communiquée par l'humeur que sécrètent les glan- 



— 100 — 

des du croupion, el dont il enduit son plumage ; 
pour le manger il faut avoir soin d'enlever cette 
partie. 

On l'élève en domesticité dans les basses-cours, et 
Fesclavage détériore tous les jours ses formes pri- 
mitives. (A. C.) 

Le Canard sauvage. Anas boschas. (Linn.) 
Vanité constante : le Canard domestique. 
Il habite toute l'année les grands étangs du dé- 
partement, et tous les hivers il en arrive de grandes 
bandes des pays du nord. Les jeunes qui commen- 
cent à voler sont nommés Halhrans par les chas- 
seurs. Si on l'élève en domesticité, une nourriture 
abondante, qu'il trouve facilement, lui a bientôt fait 
perdre son énergie et la faculté de voler, et, comme 
dans les autres animaux domestiques, les générations 
qui suivent revêtent un plumage toujours varié en- 
tre les divers individus. (G.) (N.) (@.) 

Le Canard Tadorne. Anas tadorna. (Linn.) 

Son beau plumage offre les couleurs du chat tri- 
colore, c'est-à-dire, le noir, le blanc et le roux vif. 

% Il niche dans des trous ou dans des fentes, sur les 
côtes de l'Océan, et est de passage très-accidentel sur 
les fleuves de l'intérieur, jamais par bandes, mais 
par couples. Au mois de janvier 1840, on en a ap- 
porté plusieurs fois des environs chez les restaura- 
teurs de Troyes. (R. R.) (H.) (Mon cabinet.) 

Le Canard Chipeau. Anas strepera* (Linn.) 

Il habite les marais du nord de l'Europe, et on 
en tue presque tous les hivers sur nos grands 
étangs ; on le trouve quelquefois sur le marché au 
gibier à Troyes. (A. R.) (H.) 

Le Canard à longue queue. Anas acuta. (Lin.) 
Sa queue pointue rend ce canard très reconnais- 
sable. 

Il habite le nord, et tous les ans il se rend dans le 



101 — 

midi. On en voit tout l'hiver sur le marché de Saint- 
Jean ; sa chair n'est jamais grasse, comme celle 
des autres canards. (A. C.) (H.) 

LeCanard Sifïleur. Anas penelope. (Linn.) 

Quand nos oiseaux indigènes vont dans le midi, il 
en arrive aussitôt du nord pour les remplacer, et 
au moyen de ces pérégrinations régulièrement or- 
données, nos climats ne sont jamais dépeuplés; 
aussi voyons-nous tous les ans les différentes espè- 
ces de canards, principalement le sifïleur, sur nos 
étangs et sur nos rivières ; pendant certains hivers 
il est très-abondant. (A. C.) (H. P.) 

Le Canard Souchet. Anas clypeata. (Linn.) 

Son large, bec, en forme de spatule ou de cuiller, 
offre un caractère qui fait distinguer facilement 
cette espèce. 

Il habite la Hollande. Tous les ans on en apporte 
sur le marché de Troyes, avec les autres canards 
tués sur nos étangs et sur nos rivières. C'est un gi- 
bier estimé, qui est indiqué sous le nom de Rouge- 
de-Rivière, sur les cartes des restaurateurs, à cause 
de la couleur de son ventre. (A. C.) (H.) 

La Sarcelle d'hiver, Anas crecca. (Linn.) 

C'est la petite Sarcelle de Buffon. Elle est bien 
connue des chasseurs sous le nom de Racanetie. 

Le mâle a la tête marron, et la femelle ressemble 
à la cane, sauf sa petite taille. Tous les hivers il en 
arrive du nord des bandes qui viennent se joindre à 
celles qui nichent dans nos marais et nos étangs. 
Elle niche même dans les tourbières, à St.-Pouan- 
ges. Elle était domestique chez les Romains. (A. C.) 

Cf.) (®.) 

La Sarcelle d'été. Anas querquedula. (Linn.) 
Buffon fait de la femelle une deuxième espèce 
sous le nom de Sarcelle commune. 

On peut facilement distinguer cette espèce de la 



102 

précédente par la seule inspection du miroir de 
l'aile; dans cettte espèce, il est vert cendré, tandis 
que dans la sarcelle d'hiver, il est moitié noir, moi- 
tié vert foncé. 

Je n'ai jamais vu cette espèce que dans les mois 
de mars et d'avril, et j'ignore si elle niche chez 
nous. (A. R.) (N. ?) (P.) 

2me Section. A Pouce portait une Membrane. 

Le Canard Macreuse. A fias nigra. (Linn.) 

Il est bien facile à distinguer des autres canards, 
car son plumage est entièrement noir. 

Cet oiseau, qui niche dans le nord, est abondant 
sur nos côtes maritimes, à son double passage ; mais 
on le rencontre plus rarement dans l'intérieur de 
la France. (Le cabinet de M. Jourdain et le mien.) 

(R.R.)(e.) 

Le Canard Milouinan. Anas marila. (Linn.) 
La tête du mâle est d'un noir à reflets verdâtres. 
Ce canard niche tout-à-fait dans le nord, et se mon- 
tre de passage très-irrégulier dans nos contrées. Ce- 
pendant je l'ai remarqué plusieurs fois sur notre 
marché au gibier. (A.R.) (H.) 

Le Canard Milouin. Anas ferina. (Linn.) 

Nos marchands de gibier le connaissent sous le 

nom de Rouget, à cause de sa tête, qui est d'un 

roux rougeâtre. 

Il habite le nord, et on le trouve avec les autres 

espèces de canards presque tous les hivers sur nos 

étangs ou dans les tournants des rivières. (A. C.) 

m 

Le Canard Garot. Anas glangula. (Linn.) 

Une tache blanche, de chaque côté du bec, tranche 
fortement sur le noir violacé de la tête du mâle. 

Ce canard habite le nord, et est de passage pé- 
riodique sur les côtes maritimes; mais il se trouve 



10Ô — 

irrégulièrement dans nos climats, surtout le vieux 
mâle. (R.) (H.) 

Le Canard Morillon. Anas fuligula. (Linn.) 

Buffon en fait trois espèces; mais sou petit Mo- 
rillon et son Canard brun sont des femelles et des 
jeunes. 

Toutes les petites espèces de canards sauvages, 
comme celui-ci, le précédent et les femelles de plu- 
sieurs autres, sont confondues vulgairement sous le 
nom commun de Tiers, parce qu'elles sont un tiers 
plus petites que le canard sauvage. 

Le Morillon niche dans le nord; mais on en trouve 
tous les hivers sur le marché de Troyes, surtout des 
jeunes. (A. C.) (H.) 

Le Canard à iris blanc. Anas leucopktatmos. 
(Beehst.) 

C'est la Sarcelle d'Egypte de BufFon. 

Le plumage du mâle est d'un beau roux rougeâ- 
tre; mais, jeune ou femelle, on peut toujours recon- 
naître ce canard à la petite tache blanche du des- 
sous du bec. 

Il habite les contrées orientales de l'Europe et 

se trouve de passage accidentel sur nos étangs ou 

nos rivières. On peut le voir au Musée de Troyes. 

J'en ai aussi plusieurs dans mon cabinet. (R.R.)(H.) 

Genre Mergus. 

Le grand Harle. Mergus Merganser. (Linn.) 

Les trois palmipèdes de ce genre son! caractérisés 
par leur long bec, dentelé en scie, et qui leur sert 
merveilleusement à pêcher le poisson dont ils se 
nourrissent. Ils nagent souvent le corps submergé. 

Cet oiseau habite les régions boréales, et 11 'émigré 
que par les grands froids. On en tue de temps en 
temps sur la Seine. (Cabinets du Musée, de M. Jour- 
dain, le mien.) (11. R.) (H.) 

Le Harle huppé. Mergus serrator. (Linn.) 



~ 104 — 

Le Harle à manteau noir de Bu Son, est le même 
que son Harle huppé; l'âge seul en fait la diffé- 
rence. 

Cet oiseau habite le nord, et son passage a lieu le 
long des côtes de l'Océan. Il est très-accidentelle- 
ment de passage dans notre département, surtout le 
vieux mâle. (Cabinets de M* Lenfant, de M. Jour- 
dain, le mien). (R. R.) (H.) 

Le Harle Piette. Mergus (libellas. (Linn.) 

H abite le nord, et tous les hivers il est de. passage 
en France. Les vieux en plumage parfait sont rares 
dans nos contrées, ; mais tous les hivers on en trouve 
des jeunes sur le marché au gibier de ïroyes. Dans 
cet état c'est le Harle étoile de Bu Son. (A. R.) (H.) 

§ II. Les Longipennes. 
Genre Sterna, 
L'Hirondelle de mer Pierre-garin. Sterna hi- 
rundo. (Linn.) 

Les oiseaux de la tribu des Longipennes sont ex- 
cellents voiliers, et le nom à" Hirondelle de mer a été 
donné à ce genre-ci à cause de son vol aisé et pres- 
que continuel. 

Le Pierre-garin habite les côtes de l'Océan , et, 
après de grands coups de vent, il s'égare parfois 
jusque dans nos contrées; on le rencontre alors le 
long de la Seine. (R. R.) (H. P.) 
L'Hirondelle de mer Èpouvantail. Sterna ni- 
gra. (Linn.) 

L'hirondelle de mer à tête noire, ou Gachet de 
Buffon, est le plumage d'hiver; la Guifette noire, ou 
Epouvantait, est le plumage d'été, et le jeune est 
figuré sous le nom de Guifette. 

Cette espèce, petite et noirâtre, habite les grands 
marais et les lacs de l'Europe ; on en voit de temps à 
autre sur ia Seine, et il serait possible qu'elle y ni- 



— io5 — 

chat, car je l'ai vue l'été. Je possède ses divers plu- 
mages. (R. R.) ((§). ?) 

Genre Larus. 
l re Section. Les Goélands. 
Le Goéland à pieds jaunes. Larus flavipes. 
(Mey.) 

On ne peut appliquer avec certitude à cet oiseau 
aucune des descriptions de Buffon. 

Ce genre se distingue du précédent par son bec 
crochu : les hirondelles de mer l'ont droit. 

Il se trouve sur les côtes maritimes. Après quel- 
ques tempêtes, les jeunes s'égarent parfois sur les 
fleuves de l'intérieur; mais les adultes ne se ren- 
contrent jamais sur la Seine. (R.R.) (A. H.) 

2e Section. Les Mouettes. 

La Mouette à pieds bleus. Larus canus. (Linn.) 
C'est la Mouette à pieds bleus, ou grande Mouette 
cendrée de Buffon ; mais sa Mouette d'hiver n'est 
qu'un jeune de la même espèce. C'est seulement 
dans ce plumage qu'on en voit accidentellement sur 
la Seine, où ils ont été sans doute amenés par un 
coup de vent. (Catalogue de îa Faune de l'Aube, par 
M. Jourdain, mon cabinet, etc.) (R. R.) (A. H.) 

La Mouette rieuse, Larus ridibundus. (Leisl.) 
Le petit Goéland de Buffon semble représenter le 
plumage d'hiver, et sa Mouelte rieuse est le plu- 
mage d'été, quand elle a revêtu le capuchon brun, 
qui indique le moment des noces. 

On la nomme Rieuse, à cause de son cri. Elle est 
commune le long des côtes maritimes et dans les 
marais salins. On en tire tous les ans sur nos ri- 
vières, ou les jeunes se trouvent parfois dès le mois 
de juillet. (R.) (A. H. P.) 

La Mouette à trois doigts. Larus tridactylus, 
(Lath.) 



- — io6 — 

Le jeune seulement est décrit dans Buffon ; c'est 
sa Mouette cendrée tachetée. 

L'inspection du pouce, qui ne consiste qu'en un 
moignon sans ongle, fait avec certitude reconnaître 
cette Mouette. 

Elle niche dans le nord, et vient sur nos côtes en 
hiver. En janvier 1840 , après un ouragan qui dura 
plusieurs jours, on tua dans notre département une 
grande quantité de ces Mouettes. Plusieurs ont été 
trouvées mortes, épuisées par la faim et la fatigue; 
d'autres, étendues sur les bords de la Seine, se lais- 
saient prendre facilement, tant elles étaient fati- 
guées. On m'en envoya de Nogent, de Brienne, de 
Romilly, etc. C'est le seul passage accidentel que 
l'on connaisse de cet oiseau de mer chez nous. 
(R.R.)(H.) 

Genre Lestrïs. 

Le Stercoraire de Buffon. Lestris Ricliardsonû. 

(Swain.) 

Cet oiseau niche dans les régions boréales, et ha- 
bite les rochers de la mer, où il poursuit sans cesse 
les Mouettes, pour les forcer de lâcher les poissons 
qu'elles tiennent dans leur bec, et qu'il rattrape au 
vol. C'est de cette habitude qu'est venu îe nom de 
stercoraire, parce qu'on avait supposé qu'il se nour- 
rissait de la fiente des autres oiseaux, et que c'était 
pour cela qu'il les suivait. 

Les jeunes, seuls, et avant qu'ils aient les filets à 
la queue, sont jetés par des ouragans dans nos con- 
trées. On peut en citer à peine quatre exemples. Un 
stercoraire fut trouvé mort près de Bucey, il y a 
plusieurs années. M. Simonnot et M. Arnoult, à 
Troyes, en possèdent deux jeunes : le dernier fut tué 
dans l'automne de 1841. (R. R.) (H.) 



— 107 — 

§ III. Les Totipalmes. 

Genre Curbo. 

Le grand Cormoran. Carbo cormoranus. (Mey.) 
Cet oiseau marin, grand destructeur de poisson, 
a la singulière faculté de nager le corps entièrement 
submergé , et son caractère saillant est d'avoir le 
pouce réuni dans une membrane avec les doigts de 
devant. 

îl habite les côtes maritimes, et ne se trouve 
qu'accidentellement et après de fortes tempêtes sur 
nos étangs et le long de la Seine. Deux Cormorans, 
qui commençaient à revêtir le plumage de noces, tués 
sur les étangs de Vendeuvre, se trouvent dans le ca- 
binet de M. Gaston de Mesgriguy. (A. R.) (H. P.) 

§ IV. Les Plongeurs, 
Genre Colymbus. 

Le Plongeon Luâme. Colymbus arcticm. (Lion.) 

Les plongeons semblent avoir reçu l'onde pour 

unique demeure; leur dépouille est précieuse pour 

les peuplades pauvres du nord, auxquelles elle sert 

de vêtement. 

Us nichent dans les mers arctiques, et sont de pas- 
sage l'hiver sur les côtes de France; les jeunes seuls 
s'égarent dans l'intérieur. Noos ne connaissons que 
deux exemples de passage chez nous : un Plongeon 
Lumme fut tué à Nogent-sur-Seine, il y a plusieurs 
années, et un autre, tué en novembre 1839, se 
trouve dans la collection de M.Gaston de Mesgriguy, 
à Briel; mais ces plongeons n'avaient pas encore la 
gorge noire des vieux. (R. R.) (H.) 

Le Plongeon Cat-marin. Colymbus septentrioua- 
Us. (Linn.) 

L'adulte est le Plongeon à gorge rouge de Buffon, 
et les jeunes, à divers âges, sont décrits sous les 



— 108 — 
noms de Plongeon Cat-marin et de petit Plongeon. 
Cet oiseau niche dans le nord ; à l'automne, il 
est de passage sur nos côtes maritimes. On tue par- 
fois des jeunes sur nos étangs et sur la Seine. J'en 
aï déposé un au Musée. (R. R.) (H.) 

2e FAHIÏLLE. — A PIEDS FESTONNÉS. 

(Pinnatipèdes.) 

Genre Podiceps. 

Le Grèbe huppé. Podiceps cristatus. (Lath.) 

Le Grèbe huppé se trouve sous trois rubriques dif- 
férentes dans Buffqn : l'adulte est son Grèbe cornu, 
et les jeunes d'un et de deux ans sont le Grèbe huppé 
et le Grèbe. 

Les Grèbes, remarquables par leur grande facilité 
pour nager, savaient fort bien, par une submersion 
subite, éviter le plomb, en voyant briller l'amorce 
des anciens fusils à silex. 

Leur plumage, à éclat demi-métallique, est em- 
ployé comme fourrure. 

Le Grèbe huppé habite les bords de la mer, mais 
aussi les étangs de l'intérieur, et, quand il gèle, on 
le trouve sur les rivières. (R.) (N.) ((§).) 

Le Grèbe Jougris. Podiceps ruhricollis. (Lath.) 
Son nom lui vient de ses joues d'un gris de sou- 
ris, dans l'adulte. Il se voit sur les lacs et les étangs 
de l'Europe orientale. Il est rare en France. Les 
jeunes seuls viennent nous visiter accidentellement. 
(Mon cabinet.) (R.R.) (H.) 

Le Grèbe Castagneux. Podiceps minor. (Lath.) 
On le nomme vulgairement /?£//£ Plongeon, mais à 
tort, car les Plongeons ont les pieds palmés, et dans 
le Castagneux, les doigts sont seulement bordés de 
membranes comme chez les autres grèbes. 

Il habite les noues de la Seine, les étangs, ou par- 
fois j'ai trouvé son nid. Les jeunes sont communs à 



Troyes, sur le marché au gibier, pendant l'hiver; 
mais les vieux, à gorge d'un marron vif, sont rares. 

(A.C.)(N.)(®0 „ v ,. 

Genre Fulica. 

La Foulque Morelle. Fulica atra. (Linn.) 

Buffon fait, du jeune et du vieux, deux espèces, 
sous les noms de Foulque et de Macroule. 

Cet oiseau, d'un noir ardoisé, a quelques rapports 
avec la Poule d'eau. Il habite et niche dans les ro- 
seaux des étangs et des marais, Quand il gèle, il se 
répand sur les rivières, (G.) (N.) (®.) 



3 e CLASSE. — I^cb Reptiles, 

1 er Ordre. Les Chéloniens, » 

2 e Ordre. Les Sauriens, 5 

3 e Ordre. Les Ophidiens, 5 

ft e Ordre. Les Batraciens, 15 



Total., 25 espèces, 

non compris celles fossiles. 



1 er ORDRE. — lie® €feél@Mleti^. 

Les tortues terrestres et les tortues maritimes ha» 
bitent les contrées chaudes. Elles n'existent point 
par conséquent dans notre département. Cependant 
des vertèbres et autres débris fossiles trouvés à Cré- 
ney, dans la craie, au mois de juillet 1838, ont été 
reconnus par M. Lauriilard, de Paris, comme ap- 
partenant à une espèce de tortue de mer. 



2 e ORDRE. — lies §^Eirieiis. 
(Les crocodiles sont les reptiles placés au commencement 



110 — 

de cet ordre : on en a déjà trouvé de fossiles en France, mais 
pas encore sur notre territoire.) 

Ire FAMILLE. — LES SAURIENS A QUATRE PIEDS. 

Genre Lacerta. 

Le Lézard vert. Lacerta viridis. (Daud.) 

Sa variété à deux raies est le plus souvent la fe- 
melle; Daudin en avait fait une espèce sous le nom 
de Lacerta bilineata. 

Ce lézard est bien connu dans l'arrondissement 
de Bar-sur-Seine, sous le nom de V erdret. C'est le 
plus grand de nos lézards, car il mesure jusqu'à 
O m , 30. On le rencontre sur les coteaux pierreux du 
sud-est de notre département, et sa fuite est des plus 
rapides. (A. C. à Bar-sur-Seine, aux Riceys.) 

La queue des lézards se rompt assez facilement, 
mais l'animal ne semble pas souffrir de cette perte 
qui est bientôt réparée. 

Le Lézard des souches. Lacerta Stirpium. 
(Daud.) 

Le Lacerta arenicola du même auteur est la fe- 
melle qui a les taches du dos plus marquées. 

Ce lézard se distingue des autres par sa livrée œîl- 
îée en dessus, c'est-à-dire par des taches blanches 
entourées de noir. On le trouve sur les chemins 
herbus qui séparent le territoire des communes, 
dans les broussailles et dans les petits bois. Au 
moindre bruit il se précipite dans son trou percé 
en terre. 

Je l'ai rapporté deCréney, d'Estissac, de laGrange- 
rEvêque, etc. (A. C.) 

Le Lézard des murailles. Lacerta muralis. 
(Dug.) 

Daudin en a fait encore deux espèces sous les 
noms de Lacerta agills et Lacerta maculata. Le nom 
(Vagillt, ayant été donné tantôt à l'un, tantôt à 



111 — 

l'autre de nos lézards, doit être proscrit. Linnée les 
confondait sous ce nom. 

Pour la grosseur celui-ci vient le troisième. Il ha- 
bite principalement les murs exposés au midi, et 
aussi les coteaux pierreux. Les enfants du peuple 
regardent la possession de sa queue comme devant 
porter bonheur 9 et pour cela ils la conservent quel- 
quefois dans leur poche comme une amulette. 

On voit ce lézard à Troyes sur le rempart de la 
Tour-Boileau, et à Bar-sur-Seine sur les friches, etc. 
(C. C.) 

Le Lézard vivipare. Lacerîa vivipara. (Jacq.) 
C'est aussi le Lacerta schreibersiana de Mil. Edw. 
On l'a nommé vivipare, parce que les œufs éclosent 
dans le corps de la femelle. 

Ce lézard nouvellement observé en France est à 
peu près de la longueur de celui des murailles, mais 
de structure bien plus délicate; il en diffère par les 
bandes brunes uniformes de son dos qui est recou- 
vert de petites écailles oblongues et non granuleuses 
comme dans celui des murailles; celui-ci n'a que 
six rangées de plaques ventrales, tandis que le vi- 
vipare a de chaque côté des flancs des écailles assez 
grandes qui forment deux rangées de plus. 

Je l'ai observé dans une partie sèche et couverte 
de buissons du marais d'Argentolles. Je l'ai rapporté 
aussi des endroits desséchés du marais de Saint - 
Pouange. Chez nous il n'habite donc point les mon- 
tagnes, comme on l'a indiqué pour d'autres pays. 
(R.) 

Genre Plesiosaurus. (?) 

Une énorme vertèbre lombaire, trouvée dans le 
calcaire à gryphées-virgules, à AmanrJes près Bar- 
sur-Aube, paraît avoir appartenu à un Plesiosaurus 
(Cuv.), reptile antédiluvien qui habitait les mers 
et qui parvenait à une longueur de six à huit mè- 
tres; ses pieds formaient d'immenses nageoires ou 



112 

palettes dont la nature vivante ne nous offre plus 
d'exemple analogue. (Musée de Troyes.) J'ai encore 
vu chez M. Des Etangs une vertèbre semblable, ve- 
nant aussi de Bar-sur- Aube. 

2me FAEySLLE.-/.J2 S SAURIENS SJNS MEMBRES 
EXTÉRIEURS. 

Genre An guis. 

L'Orvet fragile. Anguisfragilis. (Linn.) 

UAnguis erix de Linné n'est qu'un jeune ayant 
encore les lignes noires sur le dos, 

Ce genre avait été placé parmi les ophidiens ou 
serpents, mais Tanatomie y indique à l'intérieur un 
sternum et des vestiges de pieds, ce qui le rappro- 
che des sauriens. 

L'Orvet est connu chez nous sous le nom de Lan- 
veau, et l'on prétend vulgairement qu'il est aveugle, 
ce qui est une erreur des plus matérielles. De com- 
bien de crimes cet innocent reptile n'esl-il pas ac- 
cusé dans nos campagnes ? et cependant sa bouche 
peu fendue et toul-à-fait dépourvue de dents à ve- 
nin n'a jamais essayé de mordre; on a mis sans 
doute sur son compte les malheurs causés par la 
vipère. L'épilhète de fragile lui vient de ce que 
quand on le prend il se raidit avec tant de force 
que sa queue se brise encore plus facilement que 
celle des lézards. On le rencontre dans les prés secs 
et dans les bois. (À. C.) 

Observation. Cinq grosses vertèbres fossiles, trouvées en- 
semble à Amances, ne sont pas encore déterminées. Elles 
proviennent probablement de reptiles dont l'espèce ne se ren- 
contre plus vivante, peut-être de Sauriens. (Musée de 
Troyes.) 

On a trouvé à Créney , dans la craie sans silex, en mai 18/$, 
une côte de Sâurien avec d'autres ossements fossiles que je 
mentionnerai en parlant du genre sphyrœna des poissons, 
page 124. (Musée de Troyes). 



— u3 — 

3 e ORDRE. — &es OgiMdiens. 

Ire FAMILLE. — LES SERPENTS NON VENIMEUX. 

Genre Tropidonotus. 

La Couleuvre à collier. Tropidonotus natrix. 

(Kuhl.) 

C'est le Coluber nairix des anciens auteurs. 

Les trois taches blanches caractéristiques qu'elle 
porte sur le cou sont peu marquées quand il y a 
long-temps qu'elle a changé de peau. C'est cette es- 
pèce que l'on mange dans quelques pays, sous le 
nom à' anguille des haies ; mais chez nous elle n'est 
point recherchée comme aliment. Quand elle est 
en colère, il suinte d'entre les écailles du ventre 
une humeur fétide. 

On la trouve dans les bois et surtout autour des 
marais, car elle nage bien et se tient dans Peau pen- 
dant la chaleur. (C. C.) 

( Dans les campagnes on accuse la couleuvre à 
collier d'entrer dans les étables pour sucer le lait 
des vaches; nous ne voyons rien dans son organi- 
sation qui puisse faire croire à la possibilité de ce 
fait; car quels seraient ses moyens de succion ? Est- 
elle douée de lèvres mobiles capables de faire le 
vide? Les petites dents aiguës qui garnissent son 
palais blesseraient d'ailleurs le pis auquel elles vou- 
draient s'attacher , et l'animal se débarrasserait 
bien vite du reptile. Au reste, il est évident qu'un 
estomac de couleuvre, qui contient à peine quelques 
cuillerées de lait, ne peut tarir le pis d'une vache, 
comme on le prétend. Mais nous ne voulons pas 
dire que les couleuvres n'aiment pas le lait; au con- 
traire, celles que l'on tient en domesticité en lèchent 
volontiers, de même que les lézards.) 

La Couleuvre vipérine. Tropidonotus viperinus. 
(Boié). 

5. 



- <>4 - 

C'est le Coluber viperinus de Latreiiîe. 

La distribution des taches noires sur la tête, eu 
forme de V, la font ressembler à la vipère, de là son 
nom de vipérine; mais elle en diffère par ses flancs 
portant des taches œiiiées, et par son ventre tacheté 
comme un damier. On la rencontre dans les en- 
droits pierreux, le long des ruisseaux, car ses habi- 
tudes sont encore bien plus aquatiques que celles 
de la précédente. 

Fendant la chaleur elle se tient sous les pierres 
dans l'eau, pour se rafraîchir et y chercher sa nour- 
riture. Le seul échantillon que j'aie vient des envi- 
rons de Chaource. (R. R.) 

Genre Goronella. 

La Couleuvre lisse. Coronella austriaca. (Laur.) 

Ou Coluber austriacus. (Gmel.) Coluber lœvis. (Lac.) 
Elle est appelée lisse parce que les écailles ne sont 

point carénées comme dans le genre précédent. 

Elle est d'un gris roussâtre et porte une moustache 

noire derrière les yeux. Par là elle peut ressembler 

à la vipère; mais on distinguera celle-ci par son 

nez retroussé. 

Elle habite les forêts. M. Jourdain l'a rencontrée 

à Ervy. Je l'ai rapportée de la forêt d'Othe et des 

Riceys. (A. R.) 

Genre Zamenis. 
La Couleuvre verte et jaune. Zamenis viridi- 
flavus. (Wag.) 
C'est le Coluber alro-virens. (Lacep.) 
Son nom explique un peu les couleurs de cette 
belle espèce tachée de jaune sur un fond noir en 
dessus et à ventre verdâtre. C'est la plus grande de 
nos couleuvres, car elle peut avoir un mètre cin- 
quante centimètres de longueur. On la trouve o*ans 
plusieurs départements voisins, mais je n'ai pas eu 
l'occasion de la remarquer chez nous; on m'a as- 



— 1 15 — * 

sure quelle se trouvait dans les bois motftagneux 
de Clairvaux. (R. R. ?) 

2me FAMILLE. — LES SERPENTS VENIMEUX. 

La "Vipère commune. Vipera aspis. * (Merr.) 

Linnée en avait fait deux espèces : Coluber berus 
et Coluber aspis. 

Le nom de vipère lui vient de viviparus, parce que 
les œufs éclosent avant d'avoir été pondus. Sa lan- 
gue bifide passe dans le vulgaire pour être le dard qui 
donne la mort, ce qui est une erreur grossière; car 
le venin réside dans deux dents fines et allongées, 
arquées en dedans t;t placées à la mâchoire supé- 
rieure. L'animal irrité a la faculté de faire sortir de 
ses gencives ces crochets qui, percés d'un petit ca- 
nal, instillent le venin chez son ennemi. 

Quand on est mordu par une vipère, il faut laver 
la plaie, la faire saigner en l'ouvrant, la cautériser 
par l'ammoniaque ou par le beurre d'antimoine, et 
dans cette prévision nos chasseurs font bien d'en 
porter un flacon avec eux; on recommai.de la suc- 
cion de la plaie, et la ligature du membre au-dessus 
de la morsure, en attendant l'arrivée du médecin. 
En cas d'absence de ce dernier, on doit employer 
l'application immédiate d'une ventouse, et tâcher 
de provoquer la sueur, en faisant boire quelques 
gouttes d'ammoniaque dans un verre d'eau, etc. 

Le venin est des plus délétères, introduit dans les 
veines, mais il ne produit rien appliqué sur les 
membranes muqueuses; aussi peut-on, sans dan- 
ger, gucer la plaie de la morsure, pourvu que la 
bouche soit saine. On comprend en effet facile - 



* On ne confondra pas notre Vipera aspis avec l'aspic de 
Gléopâtre (Vipera haje. Geoff.), serpent venimeux d'Afrique, 
célèbre par la mort de cette reine, et que les jongleurs d'Egypte 
savent changer en bâton, en lui pressant la nuque avec les 
doigts. 



•m l î G — 

ment*que 5 s'il en était autrement, la vipère s'em- 
poisonnerait elle-même en se nourrissant des ani- 
maux qu'elle a tués. D'après les expériences de l'ab- 
bé Fontana, la vipère ne contiendrait pas assez de 
venin pour tuer un homme. Cependant on cite 
plusieurs cas de mort. Ces expériences demandent 
donc à être reprises. 

Il est bon desavoir que la vipère est le seul reptile 
de notre pays qui soit dangereux ; mais l'effroi qu'elle 
inspire par les terribles accidents qu'elle peut causer 
a rejailli sur tous les autres reptiles, quelqu'inof- 
fensifs qu'ils soient. 

C'est cette espèce qui habite la forêt de Fontai- 
nebleau : chez nous elle se trouve sur les coteaux et 
dans nos bois rocailleux exposés au midi. (A. R. à 
Bouilly, Estissac ; C. à Bar-sur-Seine, aux Riceys.) 



4 e ET DERNIER ORDRE. — I*e® ^atraeiei*©. 

Ire FAMILLE. — LES ANOURES (ou sans queue). 

Genre Rana. 

La Grenouille verte. Rana esculenta. (Linn.) 
Les jeunes de cette espèce et de tous les Batraciens 
ont une structure particulière , et sont nommés 
Têtards. 

On connaît le cri fatiguant de cette grenouille qui 
peuple les eaux dormantes. Sa chair délicate et assez 
estimée se vend sur nos marchés avec celle de la 
suivante. On la distinguera par les trois plis jaunes 
formés par la peau du dos. (C. C.) 

(La grenouille est célèbre par les découvertes d'électricité 
dont elie fut la cause. On sait en effet comment, il y a cin- 
quante ans, Galvani, physicien de Bologne, crut découvrir 
un fluide particulier, qu'on nomma galvanisme, mais dont 
Yolta, au moyen d'expériences faites avec la pile qui porte 
son nom, prouva l'identité avec le fluide électrique.) 

La Grenouille rousse. Rana temporaria. (Linn.) 



— n 7 — 
Le nom de Temporaria vient à cette espèce de 
ce qu'elle porte sur les tempes une grande tache 
noire. Ses couleurs varient beaucoup, et ses pieds 
sont peu palmés; aussi elle n'habite les eaux que 
pendant l'hiver et pour la reproduction. On la ren- 
contre ordinairement dans les lieux frais et om- 
bragés, et quelquefois dans les lieux secs et élevés. 
Ce qui permet aux Batraciens de s'éloigner parfois 
des marais, c'est qu'ils ont une petite vessie, ou plu- 
tôt un petit réservoir intérieur qui absorbe de l'eau 
pendant la rosée, et qui distribue ensuite la fraî- 
cheur, sans laquelle ils ne peuvent vivre. (C. C.) 

Genre Pelodytes. 
La Grenouille ponctuée.. Pelodytes punctatus. 
(Ch. Bonap.) 

Les sexes forment deux espèces dans Daudin : 
Rana punctata, et Rana plicata. 

Ce nouveau genre, établi par le prince de Musi- 
gnano, ne contient que cette espèce rare, et qui ne 
se trouve guères qu'en France. Son épithète explique 
parfaitement les taches verdâtres (noirâtres après la 
mort) qui recouvrent son dos et ses cuisses sur vm 
fond livide; ses longs doigts présentent des indices 
de pelottes : aussi sait-elle grimper à la manière des 
rainettes. Au printemps, on la trouve dans l'eau, et 
l'été sous les pierres, dans les buissons. Je l'ai ren- 
contrée dans les environs de Bar-sur-Seine et d'Es- 
tissac. (R.) 

Genre Hyîa. 

La Rainette verte. Hyla arhorea. (Schinz.) 
On la nomme aussi vulgairement Renongelle. 
Elle se tient souvent sur les feuilles des arbres 
dont elle a la couleur; elle y grimpe au moyen des 
pelottes visqueuses de ses doigts. On la nourrit sou- 
vent dans un bocal rempli d'eau, pour servir de ba- 
romètre. Comme les autres batraciens, elle passe 



— nS — 

î'hiver sans manger ni respirer, enterrée dans la 
vase des fossés. Aux approches de la plaie, le mâle 
fait entendre un croassement très-fort. 

On la trouve dans les plantations humides autour 
deTroyes, etc. (A. C.) 

Genre Alytes. 

Le Crapaud accoucheur. Alyles obstetricans. 

(Wag.) 

On Ta nommé accoucheur, parce le mâle aide la 
femelle à pondre ses œufs, qu'il enlace à ses pieds 
de derrière pour les porter dans l'eau, où il les fé- 
conde, et où les têtards doivent éciore. Le soir le 
mâle fait entendre par intervalle une vois qui res- 
semble à une très-petite clochette. Le son en est 
clair et n'a rien de désagréable, il me semble 
rendu par la syllabe dock. Cette espèce est très- 
petite, et les individus que j'ai trouvés aux environs 
de Paris sont tous bien plus petits encore que ceux 
de notre département. 

On îe trouve le long des murs, dans l'arrondisse- 
ment de Bar-sur-Seine. (A.C.) 

Genre Peîobates. 

Le Crapaud brun. Felobates fuscus. (Wag.) 

Ce genre est bien caractérisé par l'ergot corné et 
tranchant qui arme le talon des pieds, et qui lui 
sert sans doute à creuser son trou. 

Le Pelobate brun répand, quand on le saisit, une 
odeur d*ail qui fait pleurer. Au mois d'avril on le 
trouve accouplé dans les mares; l'été, c'est dans les 
bois marécageux qu'on le rencontre. Je l'ai rap- 
porté de Lusigny. (Il.R.) 

Genre Bombinator. 

Le Crapaud sonnant. Bombinator igneus. 

(Merr.) 
Ou Bufo bombinus. (Daud.) 



— n 9 — 
L'épithète d'igneus (couleur de feu) lui a été 
donnée à cause de son ventre jaune-orangé marqué 
de marbrures bleu foncé. Quand on le touche, il 
retourne ses membres au-dessus de son dos de la 
manière la plus singulière. Il fraie dans l'été. On en 
trouve toujours plusieurs réunis dans les mares ar- 
gilleuses, d'où il sort peu et ou il fait entendre la 
voix caractéristique qui l'a fait appeler sonnant, 
(C.G. dans l'arrondissement de Bar-sur-Sehie.) 

Genre Bufo. 

Le Crapaud commun. Bufo vulgaris. (Laur.) 

Le Bufo cinereus (Daud. et Risso.) et le Bufo rœ- 
selll (Latreil, Daud. et Riss.) ne sont que des varié- 
tés locales et accidentelles, suivant MM. Duméril 
et Bibron. 

Son gros corps trapu, couvert de verrues, cause 
le dégoût; après une pluie on le rencontre dans les 
lieux obscurs et dans les bois. Pendant la séche- 
resse il se relire dans des trous en terre. (C.G. par- 
tout.) 

On parle souvent de crapauds vivants trouvés dans 
des pierres, dans des trous d'arbres sans communi- 
cation extérieure. Ge fait extraordinaire est exact et 
a été vérifié bien des fois ; avec quelques précau- 
tions on peut même le simuler artificiellement. 
M. Des Etangs m'a dit avoir trouvé dans une car- 
rière de Montgueux le moule d'un crapaud ainsi 
enfermé. 

Les crapauds sont innocents en ce qu'ils n'ont 
pas de venin agissant sur le sang comme celui de 
la vipère, mais l'humeur laiteuse et jaunâtre- qui 
exsude de leur peau et concourt au travail de la 
respiration, doit donner de mauvaises propriétés à 
l'eau, puisque cette liqueur peut faire mourir de 
petits animaux. Nous pensons que la répugnance 
qu'il inspire n'est pas sans fondement, et nous 
avons éprouvé que sa salive, le liquide qu'il éjacule 



120 



quand on le tourmente, et l'humeur de sa peau 
causent sur les membranes muqueuses un senti- 
ment de brûlure, et y déterminent des phlyctènes, 
comme le ferait l'euphorbe réveille-matin : l'hu- 
meur même des grenouilles, et surtout celle de la 
rainette des arbres, cause sur les lèvres et les yeux 
un prurit désagréable. 

Quelquefois, pendant l'été, quand une petite pluie 
chaude succède à une grande sécheresse, on voit des 
quantités innombrables de petits crapauds et de pe- 
tites grenouilles couvrir les chemins v et il ne manque 
pas de gens crédules qui croient que ces reptiles 
tombent d'un nuage, enfin que c'est urîe véritable 
pluie de crapauds. Ils prétendent que c'est le vent 
qui a emporté les œufs avec l'eau des marais; mais 
ils n'expliquent pas comment peut se comporter le 
têtard après son éclosion dans l'air, ni sa transfor- 
mation en petit crapaud, quand il tombe à terre. 
Autrefois on allait même jusqu'à croire à une gé- 
nération spontanée. Il est bien plus sage de penser 
tout simplement que ces petits animaux, qui se ter 
naient cachés parla sécheresse, sortent par milliers 
de leur retraite, attirés par l'humidité. Ce grand 
nombre n'est pas étonnant, car on connaît l'im- 
mense quantité d'œufs que pondent les femelles. 
Reste à répondre à ceux qui disent avoir reçu sur 
leurs vêtements de ces reptiles qui ne pouvaient par 
conséquent sortir de terre : il est probable que c'é- 
taient alors de jeunes rainettes qui ont l'habitude de 
se tenir sur les arbres, et que l'orage faisait tomber, 
i'ai déjà vu deux fois de ces apparitions si nom- 
breuses de crapauds ; une sur un petit chemin de 
Pont-Sainte-Marie, et l'autre dans les Tauxelles, 
dans des endroits marécageux et après une pluie 
d'orage. De plus, j'ai vu un fait analogue aux Ri- 
ceys ; mais cette fois c'étaient des salamandres et des 
tritons qui couvraient la route, après une pluie qui 
succédait à une forte sécheresse, et je n'ai pas es- 



1 31 

sayé d'expliquer ces faits au moyen d'un nuage. Il 
me paraît plus naturel de penser que ces reptiles, 
cachés dans la terre, venaient absorber l'humidité 
dont ils étaient privés depuis long-temps. 

Le Crapaud vert. Bufo viridis. (Laur.) 

D'après l'Erpéthologie de MM. Duméril et Bibron, 
c'est le même que le crapaud des joncs, Bufo cala- 
mita. (Laur.) 

Les auteurs en avaient fait deux espèces, suivant 
qu'il avait ou qu'il n'avait pas une raie dorsale 
jaune. En effet, cette ligne jaune est peu apparente 
chez quelques individus. 

ïi habite toutes nos contrées; en mai, pendant 
l'accouplement, il se trouve en abondance dans les 
fossés de la garenne de Prédillon (nord-ouest de 
Troyes). Pendant l'été on le rencontre dans les dé- 
combres, les carrières, et en haut des collines, sous 
les pierres. (C.) 

2« FAMILLE. — LES URODÈLES (pu ayant une queue.) 
Genre Salamandra. 
La Salamandre terrestre. Salamandra maculosa. 
(Laur.) 

Elle est noire avec des taches irrégulières jaune- 
vif sur le dos. Cette espèce, que le blason figurait 
dans ses écussons, est célèbre par la faculté qu'on 
lui attribuait de résister aux flammes. Elle habite 
sous les pierres, dans les bois et les murs humides 
des vergers. Elle ne va à l'eau que pour y déposer 
ses têtards. (R. R. à Bouilly, Estissac; mais À. C. à 
Bar-sur-Seine, à Ricey.) 

Genre Triton. 
La Salamandre crétée. Triton cristatus. (Laur.) 
Ainsi nommée, parce que le mâle porte une crête 
dentelée très haute tout le long du dos, mais seule- 
ment au temps de l'amour. Le ventre est orangé 
, avec des taches noires. 

6 



— 122 « — 

Les tritons possèdent à un haut degré la faculté de 
reproduire de nouveaux membres pour remplacer 
ceux qui leur ont été enlevés, et ils peuvent même 
être surpris et renfermés dans la glace sans périr. 

Cette espèce habite les mares des bois et les eaux 
croupissantes de tout le département. Pendant Tété 
on la trouve quelquefois à terre. (C. C. mares de 
Prédillon, de Saint-Martin, de Villechétif, de Mont- 
gueux, de Saint-Germain, de Bar-sur-Seine, etc.) 

La Salamandre marbrée. Triton rnarmoratus* 

(CUY.) 

Elle a la peau chagrinée, comme la précédente, 
à laquelle elle ressemble ; mais on la distingue par 
les lâches irrégulières qui l'ont fait nommer mar- 
brée, et par son ventre rougeâtre pointillé de blanc. 
Le mâle porte, pendant le mois de mai, une crête 
qui est bientôt remplacée par une ligne rouge. 

Elle habite f eau pour la reproduction, et l'été on la 
trouve sous les pierres, dans les lieux humides, les 
bois. (R. R.) 

Genre Lissotriton. 

La Salamandre ponctuée. Lissoir iton panda tus. 
(Bell.) 

Ou Salamandra punctata. (Latr.) 

Le nouveau genre Llssotrlton a été créé par Tho- 
mas Bell pour les tritons à peau lisse, les précé- 
dents ayant la peau chagrinée. 

Le Lissotriton ponctué est ainsi nommé, à cause 
des taches arrondies, noirâtres, dont son corps ver- 
dâtre est parsemé. Le mâle seul porte une crête 
festonnée. 

Il se trouve dans les mares d'eau stagnante, dans 
les rouissoirs au chanvre, où on le voit se promener 
par paires. (C. C.) 

La Salamandre à ceinture. Lissotriton alpestris. 
(Ch. Bonap.) 



— 125 — 

Ou Salamandra cincta. (Latr.) 

Sur ses flancs elle présente une rangée longitudi- 
nale de petits points noirs, d'où son nom assez im- 
propre, car il semble indiquer une rangée trans- 
versale. Le dos du mdie, à peine crété, est pendant 
le mois de mai d'un beau bleu ardoisé, et son ventre 
est d'un orangé vif; mais ces couleurs disparaissent 
bientôt dans l'alcool. 

On la trouve dans les fossés remplis d'eau, sur 
les coteaux de Bar-sur-Seine. (A. G.) 

La Salamandre palmipède. Lissotriton palmipes. 
(Bell.) 
Ou Salamandra pahnipes. (Latr.) 
Le mâle porte l'indice de trois crêtes sur le dos, 
et un petit filet termine sa queue. Les doigts sont 
réunis par une membrane ; mais ce caractère varie 
avec l'âge. Je ne Tai encore observée que dans les 
sources et les fossés stagnants de l'arrondissement 
de Bar-sur-Seine, et jamais à terre. (A. R.) 



Observation. Tous les reptiles (soit salamandres, soit 
serpents) que des personnes trop crédules ou d'ignorants 
charlatans prétendent exister dans Pestomac de quelques 
malades, sont bien certainement des êtres chimériques dont 
la présence n'a jamais pu être prouvée. Cette fable est in- 
ventée par l'ignorance, par la jonglerie, ou, si elle est avancée 
de bonne foi, elle repose sur des observations trop légère- 
ment faites. Comment peut-on admettre un fait si con- 
traire aux lois de la nature des animaux? Cependant ce 
préjugé est assez répandu dans le vulgaire. 



k™ CLASSE. — Les Poïesons. 

lo. A SQUELETTE OSSEUX. 

i er Ordre. Les Acanthoptérygiens, 5 

2 9 Ordre. Les Malacoptérygiens-Àbdominaux, 23 

3* Ordre. Les Malacoptérygiens-Subrachiens, 1 

4 e Ordre. Les M alacoptérygiens- Apodes, 1 



— 124 — 
5 e Ordre. Les Lophobranches, 9 

6* Ordre. Les Plectognates, * 

2p. a squelette cartilagineux, 

7* Ordre. Les Chondroptérygiens à branchies 

libres, « 

8* Ordre. Les Chondroptérygiens à branchies 

fixes, . 3 

Total des espèces, 33~ 
Non compris celles fossiles. 



1* ORDRE. — I^es Aeantftoptérygiens* 

Ire FAMILLE. — LES PERCOÏDES. 
Genre Perça. 

La Perche commune. Perça fluviatilis (Linn.) 
Elle est reconnaissable par les bandes verticales 
noirâtres qu'elle porte sur le dos, et par ses nageoi- 
res inférieures rouges. C'est un assez bon poisson, 
des plus faciles à prendre à l'appât. (C. dans nos 
rivières.) 

Genre Acerina. 

La Perche goujonnière. Acerina cernua. 
(G. Cuv.) 

On la nomme vulgairement Goujon-Perchat, et 
son nom lui vient de la ressemblance qu'on lui a 
trouvée avec la perche et le goujon. Ce que dit Gros- 
ley, dans ses Ephémérides Troyennes, d'un petit 
poisson nommé Chagrin, de son temps, paraît dési- 
gner celui-ci dont la peau couverte d'écaillés âpres, 
semble rugueuse comme du chagrin. Il est olivâtre 
r taché de brun. (À. R. dans la Seine, etc.) 

Genre Sphyrœna. 

Dans une fouille à Ervy, on a rencontré des dents 



— is5 — 
fossiles ayant appartenu à un Sphyrène (Bloc.) ou 
peut-être à une espèce de Requin (squalus.) poissons 
marins aussi voraces l'un que l'autre. (?) (Musée de 
Troyes.) 

M. Cottet, conservateur-adjoint du Musée de 
Troyes, a présenté, le 6 juin 18A2, à la Société Géo- 
logique de France, des ossements fossiles trouvés à 
Créney, près Troyes, dans la craie sans silex. M. 
Laurillard les a déterminés et a reconnu parmi ces 
débris outre la côte d'un saurien, dont j'ai fait 
mention à la classe des reptiles (page 112), une mâ- 
choire inférieure, l'occipital et portion de l'opercule 
d'un poisson voisin des sphyrènes, parmi les pois- 
sons vivants, et des hypsydon de M. Agassiz, parmi 
les poissons fossiles. (Musée de Troyes.) 

â« FAMILLE. — LES JOUES CUIRASSÉES. 

Genre Cottus. 

Le Chabot. Cottus gobio. (Linn.) 

On le nomme plus vulgairement Chafaux. Sa 
grosse tête, large et déprimée, fait ressembler gros- 
sièrement ce petit poisson aux têtards de grenouil- 
les; aussi excite-t-il la répugnance, bien que sa 
chair soit aussi saine que celle des autres poissons. 
Il se tient sous les pierres, dans les ruisseaux d'eau 
vive, où il est facile à prendre avec la main. (G. G.) 

Genre Gasterosteus. 

L'Epinoche aiguillonnée. Gasterosteus aculeatus. 
(Linn.) 

Les enfants la connaissent à Troyes, sous le nom 
d'Epingale. Elle est caractérisée pir les trois épines 
qu'elle porte sur le dos, et qui la protègent contre 
la voracité des autres poissons. L'Epinoche est nui- 
sible au peuplement des rivières, car elle détruit 
les poissons au moment de leur naissance. 

D'après Guvier, Linnée a confondu sous le nom 



126 — - 

de Gasterosteus acuteat us deux espèces, 1° VEplnoche à 
queue armée, Gasterosteus Trachurus (Cuv. et V.); 2V 
VEplnoche à queue nue, Gasterosteus Leiurus (Cuv. 
et V.). On ne trouve chez nous que la dernière, 
ayant, comme son nom l'indique, les côtés de la 
queue dégarnis d'écaillés. (C. C.) 

L'Epinoche à neuf épines. Gasterosteus pungi- 
tins. (Linn.) 

C'est, avec la Bouvière, le plus petit de nos pois- 
sons, car iî n'a que quatre centimètres de longueur. 
On le distinguera toujours facilement du précédent, 
par les neuf épines de son dos, le premier n'en 
ayant que trois. 

Suivant Cuvier, Linnée a encore confondu sous 
le même nom deux espèces d'Epinoches à neuf épi- 
nes : 1° YEplnochette à queue armée, qui a les côtés 
de la queue garnis d'écaillés carénées, et qui doit 
garder le nom donné par Linnée; 2° et YEpinockette 
à queue nue, (Gasterosteus lœvls. Cuv.) qui est l'es- 
pèce que nous voyons dans nos rivières et même 
dans les marais. (A. C.) 

3e FAMILLE. — LES SCÏÉNOÏDES. 

Genre Chrysophris. 

On a trouvé dans une carrière, à Maroiles-sous- 
Lîgnière, une dent molaire fossile, d'une grande es- 
pèce de Chrysophris (Cuv.), ou de Cyrodus, (Agas.) 
poissons marins. (Musée de Troyes.) 

4 e FAMILLE. —LES SCOMBÉROÏDES. 

(Plusieurs poissons marins de cette famille, tels que le Ma- 
quereau et ïe Thon, sont trés-connus sur nos tables.) 

Genre Zens. 

Ce grand genre de Linnée, maintenant divisé en 
plusieurs autres, renferme des poissons de mer. Une 
empreinte d'un poisson antédiluvien de ce genre, a 



— 127 ~ 
été trouvée dans la craie de S'-Parres-les-Tertrcs. 
(Musée de Troyes.) 

Genre Spherodus. 

Les poissons antédiluviens de ce genre habitaient 
les mers ; ils ne se rencontrent plus vivants. Leurs 
dents aplaties, arrondies et placées sur plusieurs 
rangs, sont nommées Bufonites, dans les ouvrages 
de géologie, et elles se trouvent par fois isolées dans 
nos carrières. On a découvert dans une carrière 
(dans le Kimoieridgeclay.) àThieffrain, un pharyn- 
gien intérieur entier, du spherodus giças (Agas). 
(Donné en échange par le Musée de Troyes, à celui 
de Paris.) 

Dans le classement d'Agassiz, ce genre fait partie 
de sa famille des Pycnodontes. 



2 e ORDRE. — ¥jes KfalMoptérislens- 
alMlom£i&sa,nx. « 

f* a FAMILLE, — LES CYPRfflOÏDES. 
Genre Cyprinus* 

i re D\ms\ou. Les Carpes. 

La Carpe ordinaire. Cyprinus carpio. (Linn.) 

Variétés : la Carpe à miroirs, cyprinus carpio spe- 
cu taris. 
— la Carpe à cuir, cyprinus carpio coriaceus. 

Le poisson était bien plus commun autrefois dans 
notre département, avant que la plupart de nos 
étangs fussent rendus à l'agriculture. Il s'expor- 
tait en quantité pour la capitale, et dans les rues 
de Paris on entendait crier : carpes de Les mont, 
brochets de Lahore. 

On a calculé que l'ovaire d'une carpe contenait 
700,000 œufs. Ce chiffre énorme donne une idée 
de sa fécondité. 



— 128 — 

On pêche quelquefois, dans les étangs de Piney, 
la belle race de carpe, dite à miroirs, dont les écail- 
les sont remarquables par leur grandeur et leurs 
reflets. 

La carpe à cuir n'est qu'une variété accidentelle 
et maladive de la carpe à miroirs qui a perdu une 
partie de ses belles écailles. (Ces variétés sont R. R.) 

Quand on place des carpes dans des réservoirs 
souterrains, ou dans des fontaines très-froides, on 
les voit devenir difformes ; à Vendeuvre il existait 
des viviers qui ont été abandonnés pour ce motif. 

La carpe de la Seine et des eaux vives se recon- 
naît à sa couleur jaune. Elle est plus estimée que 
celle de nos étangs. (C. C.) 

La Carpe Gibèle. Cyprinus gibelio. (Gmel.) 

Caractérisée par le manque de barbillons à la 

mâchoire supérieure, par la ligne latérale de son 

corps arquée vers le bas, et par sa nageoire caudale 

coupée en croissant. 

Plusieurs personnes m'ont dit qu'on la péchait 

parfois dans nos étangs, mais je ne l'ai pas observée 

moi-même. (R. R. ?) 

La Dorade de la Chine. Cyprinus auratus. 
(Linn.) 

Est bien connue sous le nom de Poisson rouge. Ce 
cyprin originaire de la Chine, est maintenant ré- 
pandu dans toute l'Europe. La domesticité, ou plu- 
tôt la nature de l'eau a fait varier sa belle couleur 
rouge dorée, car on en trouve de noirs et de blancs. 

On l'élève dans des bassins et parfois dans des 
étangs, alors il devient assez gros, et sa chair imite 
celle de la carpe. (A. R.) 

La Bouvière. Cyprinus amarus. (Bloch.) 

A Troyes, les enfants la nomment Gravier, parce 
qu'elle se plaît sur la grève de la Seine. C'est le 
plus petit de tous nos poissons, car il est à peine 



— 129 — 
long de quatre centimètres, et sa petitesse empê- 
chant qu'on puisse lui enlever la vésicule du fiel, il 
est amer au goût, d'où son épithète d'amarus. On 
pourrait le preudre pour un jeune véron, mais il 
porte, comme les carpes, une épine rude à sa na- 
geoire dorsale. (A. G.) 

2 me "ïïwvswi. Les Çàrbeàux. 

Le Barbeau. Cyprinus barbus. (Linn.) 

Son nom lui vient de quatre barbillons qui pen- 
dent à sa mâchoire supérieure. Ce poisson croît 
vite et devient très-gros, alors on en fait un plat 
d'honneur, quoique sa chair soit médiocre. (C. C. 
dans la Seine et dans i'Âube, moins dans les petites 
rivières.) 

S M< î>W\s\ou. Les Goujons. 

Le Goujon. Cyprinus gobio. (Linn.) 

Tout le monde connaît ce petit poisson moucheté 
de noir, portant des barbillons, et qui se tient par 
troupes nombreuses sur les grèves des eaux limpi- 
des et courantes. On ne le mange qu'en friture, à 
cause de sa petitesse. (C. C.) 

4 me ïwto. Les Tanches. 

La Tanche. Cyprinus tinca. (Linn.) 

Est caractérisée par ses très-petites écailles et par 
l'enduit visqueux qui les recouvre. Le plus souvent 
elle habite les eaux marécageuses, alors sa couleur 
est sombre, et sa chair est peu estimée ; mais dans 
les rivières vives, elle devient dorée, et sa chair est 
alors bien meilleure. Dans cet état c'est le cypri- 
nus tinca auratus de Bloch. (G. G.) 

5 m8 V%\Â&\ou. Les Brèmes. 

La Brème. Cyprinus brama. (Linn.) 

Est facile a reconnaître à son corps très -haut, 
comprimé latéralement. Elle est peu estimée, parce 



— i5o — 

que son corps mince est rempli d'arêtes. (G. dans la 
Seine et nos grandes rivières.) 

La Brème Bordeiière. Cyprinus latus. (Gmel.) 
Par sa forme, elle ressemble à la précédente, 
mais elle est plus petite et ses nageoires inférieu- 
res sont rouges. On peut la distinguer des autres 
poissons à nageoires rouges par la nageoire anale 
qui est très-grande dans les brèmes. 

Elle n'a pas un nom constant parmi les pêcheurs. 
Le nom de Bordeiière veut dire qui habife les bords de 
l'eau. (A. G. clans nos eaux courantes ou tranquilles.) 

6 me ÏÏ\toôu. Les Ables. 

Plusieurs cyprins du sous-genre Âble, sont vulgairement 
confondus sous le nom de Poissons blancs, et les petits sous 
celui de Blanchailles. Ceux à nageoires rouges, sont souvent 
confondus aussi sous les noms de Rousse, Rosse, Rossât. 

Dans l'ordonnance émanée de notre préfecture, sur la pê- 
che fluviale, il est question de la Hovelte et du Sourd ; j'i- 
gnore à quels poissons se rapportent ces noms vulgaires. 

La Chevenne ou Meunier. Cyprinus dobula. 
(Linn.) 

Elle est encore connue sous le nom de Vllna, pour 
indiquer sans doute que c'est un poisson vil, dont 
la chair peu estimée est remplie d'arêtes. 

Elle se reconnaît à sa tête large et arrondie, et à 
ses nageoires ventrales rougeâtres. C'est un des pois- 
sons qu'on prend le plus souvent à la ligne, à cause 
de sa gloutonnerie. (G. G. dans toutes nos rivières, 
surtout autour des moulins, d'où son nom de Meunier,) 

Le Gardon. Cyprinus idus. (Bloch.) 

Ressemble au précédent, mais sa tête est moins 
large; il y a un proverbe qui dit : être frais comme 
an Gardon, parce que ce poisson vit assez long- 
temps hors de l'eau. (C. dans la Seine, autour des 
égouts et des moulins.) 

La Pvosse. Cyprinus rutilus. (Lion.) 



— i5i — 
Est connue sous le nom de Rousse et de Rossât, et 
se distingue facilement à la couleur rouge vif de ses 
nageoires. On en trouve dans la Seine, et on en 
met souvent dans les étangs. (À. G.) 

La Vandoise. Cyprinus leuciscus. (Linn.) 

Son corps étroit et assez allongé facilite la fuite 
de ce petit poisson, qui, se tenant ordinairement sur 
le gravier dans une eau limpide et peu profonde, 
sait très-bien éviter le filet. Dans le moment du frai 
les nageoires inférieures deviennent rougeâtres. (G. 
G. dans nos rivières à fond de grève.) 

Le Rotengle. Cyprinus erytkrophlalrnus. (Linn.) 
Ses nageoires inférieures rouges le font confon- 
dre par nos pêcheurs soit avec la Rousse, soit avec 
le Gardon. ïi est caractérisé par la saillie brusque 
de son dos, élevé comme dans les brèmes, ce qui 
fait paraître sa tête déprimée. (A. G. dans la Seine 
et dans les étangs,) 

Le Ryssling. Cyprinus jaculus. (Juri.) 

J'admets cette espèce ; d'après la description de 
M. Vallot. 

Ce petit poisson est facile à confondre avec Fable, 
mais sa nageoire anale n'offre que quatorze rayons, 
tandis que dans Table il y en a une vingtaine. On 
le voit souvent à fleur d'eau, mêlé au spirîing et à 
Table, lutter contre le courant, devant les vannes 
et aux environs des moulins ; à Troyes on le trouve 
aux Moulins-Brûlés, à l'endroit où se jettent les eaux 
de la ville. (A. G.) 

L'Able. Cyprinus alburnus. (Linn.) 

On le nomme aussi Ablette, et il est bien connu, 
car il se prend très-facilement à la ligne. A cause 
de sa petitesse, il n'est bon qu'en friture. 

Ses écailles argentées et brillantes, servent à imiter 
très-bien les véritables perles, après avoir été rédui- 



— l32 — 

tes eu poudre et collées dans de petites boules de 
verre. (C. C. dans nos rivières.) 

Le Spirling. Cyprinus bipunctatus. (Bloch.) 

Ce petit poisson est connu dans notre départe- 
ment sous le nom de Lorette ; c'est VEperlan des 
pêcheurs parisiens. Il est caractérisé par une dou- 
ble série de points, marquée latéralement le long 
de son corps. (Dans tous les autres poissons, cette 
ligne latérale est simple). On le voit jouer avec les 
deux précédents à la surface des eaux courantes. (C. 
G. dans la Seine, l'Aube et les petites rivières.) 

Le Véron. Cyprinus phoxinus. (Linn.) 

Malgré sa petitesse, on ne le dédaigne point pour 
la friture, et on le pêche en même temps que la Lo- 
che Moutelle. Il fraie en mai, et alors ses bandes 
nombreuses couvrent certaines grèves de nos riviè- 
res. On s'amuse souvent à le prendre avec une ca- 
rafe en verre blanc, ayant la forme d'une nasse. 
(C. C.dans les fontaines, les ruisseaux, les rivières.) 

Genre Cobitis. 

La Loche ordinaire, Cobitis barbatula. (Linn.) 
Est très-connue aussi sous le nom de Moutelle. 
Ce très-petit poisson estreconnaissable à son corps 
cylindrique taché de brun 5 et à ses six barbillons. Il 
se tient, comme le Chabot, sous les pierres, mais n'ai- 
me pas comme lui les eaux vives. Sa chair est re- 
cherchée. (C. C.) 

La®Loche des rivières. Cobitis tœnia. (Linn.) 
Je n'ai pas encore eu occasion de remarquer ce 
poisson chez nous ; plus petit que le précédent, il 
porte un aiguillon en avant de l'œil. (R. R. ?.) 

2»e FAMILLE. — LES ESOCÉS. 

Le Brochet. Esox lucius. (Linn.) 

Les dents acérées qui garnissent le palais de ce 



— i53 — 

poisson servent très-bien sa voracité si nuisible au 
peuplement des étangs. Il aime à venir dormir au 
soleil, sur l'eau, et quelques pêcheurs sont assez 
adroits pour l'enlever alors avec un lacet de laiton. 
Autrefois les brochets de l'étang de Lahore avaient 
de la réputation à Paris; maintenant on n'en parle 
plus. Dans nos marais tourbeux on en trouve de 
noirs, ce qui tient à la nature du terrain ; ceux-ci 
6ont très-mauvais. On ne mange pas les œufs de 
brochets, parce qu'ils sont purgatifs. (C. dans nos 
rivières et nos étangs.) 

3« FAMILLE. — LES SALMONÉS. 

Genre Salmo. 

Le Saumon, qui nous arrive des bords de la mer, soit salé, 
soit frais, sert de type à ce genre. 

La Truite saumonée. Salmo trutta. (Linn.) 

La truite est le poisson le plus carnassier, après 
le brochet. 

On sait avec quelle vitesse elle nage contre le 
courant; elle remonte même les chutes d'eau. 

On peut voir facilement au printemps l'endroit 
où les truites fraient, car les pierres y sont frottées 
et débarrassées des herbes et de la vase. 

La truite saumonée, remarquable par sa chair rou- 
geâtre et les belles taches rouges de son dos, est la 
plus recherchée pour les tables délicates. On en pê- 
che de temps à autre dans la Seine (aux Moulins- 
Brûlés par exemple), qui pèsent jusqu'à six kilo- 
grammes. (C. C. dans les rivières limpides et à fond 
pierreux, comme l'Ourse, la Laignes.) 

La Truite commune. Salmo fario. (Linn.) 

Celle-ci se distingue de la précédente par sa chair 
qui est blanche, et parce qu'elle ne devient jamais 
aussi grosse. Quelques observateurs pensent même 
qu'elles ne font qu'une seule espèce. (?) (PlusC. dans 



— x54 — 
les ruisseaux clairs et d'eau vive, que dans la Seine 
et dans l'Aube.) 

5e FAMILLE. ~ LES CLUPES. 

Le genre clapea est précieux, puisqu'il renferme plusieurs 
poissons de mer, tels quelle Hareng, la Sardine, l'Anchois, 
utiles comme aliments, et dont on fait un commerce im- 
mense, même dans l'intérieur des terres. 



3 e ORDRE. — lies Malacoptérygiens- 
§ uf»r aeliiens • 

i*e FAMILLE, — LES GADOÏDES. 
Genre Gadus. 

Ce genre renferme des poissons marins qui fournissent 
d'importants articles de commerce ; la Morue, le Merlan , 
sont habituellement apportés sur nos marchés. Une espèce 
remonte dans nos rivières , c'est : 

a Lotte. Gadus lotta. (Linn.) 

Elle se reconnaît facilement à son corps allongé, 
un peu anguilliforme, à ses marbrures brunes, et 
au barbillon unique qu'elle porte au menton. Ce 
poisson se dépouille comme l'anguille, et est des 
plus recherchés. Son foie surtout qui est volumi- 
neux est très-estimé. Elle ne se trouve guère que 
dans la Seine et dans l'Aube. (A. R.) 

Les poissons plats, qui forment une 2e famille, sont tous 
marins ; plusieurs, comme le Turbot, la Limande, la Sole, 
se voient journellement chez nos restaurateurs. 



k* ORDRE. — lies Malaeoptéry&ienfl-Apode*« 

FAMILLE UNIQUE. — LES ANGUILLIFORMES. 

Genre Murœna. 

L'Anguille. Murœna anguilla. (Linn.) 

Long-temps le mode de reproduction de l'anguille 



— )00 

a été un problème, et a donné lieu à biien des con- 
jectures erronées. On a même quelquefois pris pour 
déjeunes anguilles les vers intestinaux dont cette es- 
pèce est affectée. Aujourd'hui l'étude microscopi- 
que de ses organes générateurs doit faire cesser 
toute incertitude à ce sujet. La présence, chez cer- 
tains individus, d'un ovaire pourvu d'œufs, et, chez 
d'autres, d'une laite, conduit à affirmer que l'an- 
guille se reproduit de la même manière que les au- 
tres poissons. Mais elle se rend tous les automnes à 
la mer, pour y frayer ; et, à cette époque, le désir de 
gagner l'Océan est si violent, qu'elle surmonte les 
obstacles qui l'arrêtent, en rampant à terre, comme 
les serpents. Elle est servie en cela par la faculté 
qu'elle a de pouvoir vivre un certain temps hors de 
l'eau. Ses habitudes étant toutes nocturnes, on ne 
la pêche que la nuit, et, à l'époque de ses émigra- 
tions qui ont lieu dans le mois d'octobre, on en 
prend des quantités dans les anguillières que pos- 
sèdent plusieurs moulins. 

La peau d'anguille, à cause de la graisse dont elle 
est pénétrée, était conseillée autrefois pour lier les 
cheveux des femmes. (C. dans nos rivières.) 

Un préjugé, très-répandu 5 parmi les pêcheurs de 
Troyes, veut que l'anguille soit produite par le 
goujon. Ils soutiennent avec bonne foi avoir trouvé 
de très-petites anguilles dans le ventre de ce petit 
poisson. Pour répondre à cette fable, nous dirons 
simplement que les poissons sont très-sujets aux 
vers intestinaux, et que l'on peut trouver dans le 
goujon : 1° Vascaris goblonis (Gmeh) ; 2° la tœnia no~ 
dulosa (Gmel.); 3° la filarla ovata (Ency. méthod.) ; 
k° la II gala ab dominai ls (GmeL), ou II gala cingulum 
(Rudolphi.) ; 5° et la llgala simplissima (Rudolphi.). 
Ces deux derniers vers parviennent à plus d'un 
mètre de longueur, et il est certain que nos pê- 
cheurs, n'y regardant pas de si près, auront pris ces 
vers parasites pour de jeunes anguilles. 



— i56 — 
5 e ORDRE. — £<es liopfoobrasiefieg. 



6 e ORDRE. — &es Pleetognaies. 

Ces deux ordres ne renferment que des poissons marins , 
et, à notre connaissance, on n'en a pas encore trouvé de 
fossiles sur notre territoire. 



7* ORDRE. — 1j©s Cltoiiflroptéi*ygiens à 

iiraiaeliies litee® ©ta Statriofiîieng. 

Cet ordre comprend le genre Esturgeon [acipencer) , dont 
les œufs salés donnent le caviar, et la vessie natatoire la 
colle de poisson. Tous ces poissons sont marins : on n'en 
a pas encore rencontré de fossiles dans nos carrières. 



9 et dernier ORDRE. — JLe^ CIftOfitdiregrtérygieng 
à brandîtes fixes • 

1" FAMSLLE. — LES PLAGIOSTOMES. 
Ancien Genre Squalus de Linnée. 

On rencontre dans plusieurs localités des débris 
fossiles de Requins. Par exemple, on a trouvé àCre- 
ney, aux Croûtes et à Ervy, des dents fossiles d'une 
espèce particulière de Squale, du genre Lamma 
(Guy.), voisin du squalus cornubicus (Schn.) 
(Musée de Troyes.) 

Des dents fossiles provenant d'un requin du genre 
Cestracien (Cuv.), voisin du squalus phliippl (Sch.), 
ont encore été trouvées dans la craie de Creney. 
(Musée de Troyes.) 

Genre Raia. 

Ce genre comprend les différentes espèces de 
Raies qui nous arrivent fraîches des bords de l'O- 
céan. On a déjà rencontré sur notre territoire, dans 
le calcaire grossier, des dénis fossiles de ces pois- 
sons. 



- i5 7 - 

2« FAMILLE. — LES CYCLOSTOMES. 
Genre Petromyson. 

La Lamproie fluviatile. Petromyson fluviatilis. 
(Linn.) 

La petite Lamproie. Petromyson planer i. (Bl.) 
Ces deux singuliers poissons se reconnaissent aux 
sept ouvertures qu'ils ont de chaque côté du cou. 
Ils s'attachent, par la succion, aux pierres et même 
aux autres poissons pour les dévorer. Us habitent les 
eaux douces. Nos pêcheurs me les ont indiqués, mais 
je n'ai encore pu me les procurer. (?) 

Genre Ammocœtes. 

Le Lamprillon. Ammocœtes branchialis. (Dum.) 
Est connu de nos pêcheurs sous le nom de Cha- 
touille. 

Il a, comme les lamproies, sept ouvertures bran- 
chiales, mais il s'en distingue parce qu'il n'a point 
de dents, et qu'il ne peut s'attacher par la succion. 
Ce petit poisson répugne à cause de sa ressemblance 
avec un ver, et ne sert que pour amorcer l'anguiilo. 
(A. R. dans la Seine et l'Aube; C. C dans la Laie 
gnes, t'Ource, etc.) 



FIN 

DU CATALOGUE DES ANIMAUX VERTÉBKÉS 

du département de l'Aube. 



„ 1 58 — 
ERRATA. 



Fage 8, ligne 6, au lieu de : retireront, lisez : retireraient. 



- *, 


— 23, 


— 10, 


— i, 


- '4, 


- 5, 


- x&, 


— 20, 


32, 


— 28, 


~ 36, 


- 2 7> 


— 4a, 


— 28, 


- 48, 


— u, 


— 55, 


T~ H, 


- 64, 


— Si, 


~6 9 , 


- c, 


— 77» 


- 5, 



du coure, — 

dû savoir, — 

cresscrelle, — 

arachmides, *— 

anti-diîuvienne, — 

anti-diluvien, — 

de Buiïbn, — 

zyudactyleâ, — 

housserole, — 

falouse, — 

wui, pui, — 

cravattc, — 



des cours, 
du savoir. 
Cresserelte. 
arachnides, 
antédiluvienne, 
antédiluvien, 
à Buffon. 
Syndactylet. 
Rousserole. 
Farlouse. 
wui, pîu. 
à cravate. 



APPENDICE AUX BECS-FINS MUSCIVORES, 



Depuis l'impression de ce Catalogue, j'ai eu occa- 
sion de mieux étudier les Pouiliots, sur lesquels les 
naturalistes sont en si grand désaccord, et j'ai comparé 
ceux de ma collection à ceux que possède M. Gerbe, 
qui travaille à une monographie de ces oiseaux. 
D'après ses communications, je dois modifier ici ce 
que j'ai dit page 59. 

L'espèce que j'indique, d'après M. Temminck, sous 
le nom de Bec-Fin ïcterine, me paraît se rapporter 
parfaitement à celle que Vieillot décrit sous le nom 
de Fitis. Je n'ai point trouvé dans notre département 
Flcterine de Vieillot, Bec-Fin qui se rapproche de 
YHlppola'is ; mais j'ai rencontré fréquemment l'Icterine 



de ïeniminck, que maintenant j'appellerai Bec- Fin 
Fitis. 

Le Pouiliot à ventre jaune, Sylvla Flavi Ventris, de 
Vieillot, est très-probablement le Sylvla Trochilus de 
Temniinck, et c'est l'espèce que j'ai indiquée sous le 
nom de Bec-Fin Pouiliot. 

Le Pouiliot Fitis se distingue des autres espèces par 
son ventre blanc, par les stries longitudinales jaunes 
des parties inférieures du corps, et par les 3 ou U 
pennes latérales de la queue, qui sont arrondies et 
un peu échancrées en dedans à leur extrémité. 

Le Pouiliot à ventre jaune est, comme son nom 
l'indique, jaune sur toutes les parties inférieures, mais 
sans flammèches, et les pennes de la queue, au lieu 
d'être arrondies et échancrées, se terminent insensi- 
blement en pointe. 

Maintenant j'ai à ajouter une nouvelle espèce à ma 
Faune, c'est : 

Le Pouiliot à queue étroite. Sylvla Angus- 
ticauda. (Gerbe.) 

Je m'empresse d'indiquer cette espèce de Pouiliot 
inédite et découverte dans les environs de Paris, par 
mon ami, M. Gerbe : je l'ai déjà rencontrée plusieurs 
fois dans notre département, mais elle était innom- 
méedans ma collection. (A. R.) (P.E.) (N.) 

Les dimensions suivantes suffiraient pour faire dis- 
tinguer ce Pouiliot; mais son authenticité comme 
espèce devient surtout évidente, lorsqu'on prend en 
considération le caractère saillant de l'éîroitesse des 
pennes de la queue. 

Le bec d'ailleurs est sensiblement plus déprimé et 
plus effilé que dans les espèces voisines. 

Longueur des pennes de la queue, l\5 millimètres. 

Largeur des pennes de la queue. 6 idem. 

Longueur du tarse 19 idem. 

Longueur de la rame (aile pliée). 62 idem. 

Longueur totale 116 idem. 



— 140 — 

Ces mesures sont prises sur plusieurs individus, 
venant de provinces différentes. 



D'après ce qui précède et ce que j'ai dit page 59 ? 
voici la synoniinie des 6 Pouiliots de notre départe- 
ment, indépendamment du Bec-Fin Hyppolaïs, qui 
n'est pas un Pouillot, et du Bec-Fin Icteriue de Vieil- 
lot, que je n'ai point encore vu chez nous : 

1° Le Pouiliot Sifïleur (Temm.) ou Pouillot Sylvi- 
coie. (Vieil.) 

2 # Le Pouillot Fitis (Vieil.) ou Pouillot Icterine. 
(Temm.) 

3* Le Pouillot à ventre jaune (Vieil.) ou. Bec-Fin 
Pouillot. (Temm.) 

U° Le Pouillot Véloce (Temm.) ou Pouillot Collybite. 
(Vieil.) 

5° Le Pouillot Natterer(Temm.) ou Pouiliot Boneili. 
(Vieil.) 

6° Et le Pouiliot à queue étroite, espèce nouvelle 
qui avait été confondue avec le Pouillot à ventre jaune, 



TABLE ALPHABÉTIQUE 



des 



» t 



ANIMAUX VERTEBRES 

CITÉS DANS LA FAUNE DE l'aUBE *. 



Avertissement 5 

Noms des auteurs cités. . . . . . . i5 

Signes et abréviations *5 



Àble 

Ablette (voyez Able) 

AcANTHOPTÉRYGIEHS 

Accenteur Mouchet 
Aigle Balbuzard. 
Aigle Botté . . 
Aigle Pigargue . 
Aigle Royal . , 
Alouette "Calandrelle . 
Alouette de mer (voyez Bé 

casseau) .... 
Alouette des champs . 
Alouette huppée (voyez Co 

chevis) . . , 
Alouette Lulu , 
Alouette Plpit (voy. 
Alyte accoucheur 

Ane 

Anguille . . • 
Anguille de haies (voy. Cou 

leuvre) . . 
Autour. . • 
Avocette . . 



Pipit) 



64- 



i3i 
i5i 

124 

62 
4o 
4o 
4o 

39 
66 

9 l 
65 

66 

-65 

64 

118 

34 

154 

n5 

4o 
9 1 



Babiltarde (voyez Bec- Fin 

Babillard) . . . 
Bacolle (voyez Belette) 
Baleine fossile . . 
Balbuzard. . . . 
Barbasteile . . . 
Barbeau .... 
Bardeau (voyez Ane) 
Barge à queue noire 
Barge rousse . 
Bartavelle. • . 
Batraciens . . 
Bécasse . . . 
Bécasseau Brunette 
Bécasseau Cocorli 
Bécasseau petit . 
Bécasseau Temmia 
Bécassine ordinaire 
Bécassine sourde 
Bec-Croisé . . 
Bec- Figue. . . 
Bec-Fin à poitrine jaune 
Bec-Fin aquatique . . 



57 

23 

38 

4o 

*9 
129 

34 
9? 
95 
/8 
116 

95 
9 l 
9 l 
9 2 
9 l 
95 



55- 



* Les noms des classes sont en MAJUSCULES, ceux des ordres en petites majus- 
cules, les noms dçs espèces ea caractères ordinaires, et les noms vulgaires en italique. 



— 1^2 — 



Bec-Fiû à tête noire . . 

Bec-Fia babillard . » . 

JBec-Fio de murailles . . 

Bec-Fin Fauvette . . . 

Bec-Fin Ictérine. , . « 

Bec-Fin Natterer. « , 

Bec-Fin Phraginite. . . 

Bec-Fin sifïieur .... 

Bec-Fiu véloce .... 

Belette 

Bergeronnette flavéole. 

Bergeronnette grise. . . 

Bergeronnette jaune . .. 

Bergeronnette printan - 
nière . . 

Bernacbe ...... 

Biboreau ...... 

Bitard (voy. Outarde bar- 
bue) 

Bizet 

Bizet fuyard (voy. Bizet) . 

Blaireau 

Blanchaille$(voy. lesAbles). 

Blongios . . . . . . 

Bœuf domestique . . . 

Bondrée 

Bouvière 

Bouvreuil 

Bourse-Rouge (voy. Rouge- 
gorge) 

Branlequeue (voyez Berge- 
ronnette) 

Brème. , 

Brème bordelière . . . 

Brocbet 

Bruant de marais . ♦ . 

Bruant de neige. . . . 

Bruant de roseaux . . . 

Bruant fou 

Bruant jaune. ... 68- 

Bruant Zizi . . . i . 

Brunette 

Butor, grand. . . . . 

Butor, petit (voy. Blongios) 

Busard des marais ♦ . . 

Busard Montagu. . , . 

Busard St. -Martin . . . 



83 
75 
75 
22 
i3o 

% 
?6 

4i 

128 

70 

58 

63 
129 
i3o 

l32 

68 

69 
68 

% 
-70 

% 
9 l 



Buse commune 
Buse pattue . 



G. 

Cabaret, grand .... 
Cabaret, petit .... 

Caille 

Caille égyptienne (voyez 

Caille) 

Caille verte (voyez Caille) . 
Gampagnol des prés . 
Campagnol ordinaire . • 
Campagnol roussâtre . 
Canard à iris blanc. 
Canard à longue queue . 
Canard de Barbarie (voyez 

Canard musqué) . • 
Canard domestique. . . 
Canard musqué. » . . 
Canard sauvage .... 
Canard siffleur .... 

Cabnassiers 

Carpe à cuir 

Carpe à miroirs .... 
Carpe Gibèle. .... 
Carpe ordinaire .... 

Castagneux 

Castor fossile .... 

Cerf 

Cétacés ... ... 

Cbabot. ...... 

Chafaux (voyez Cbabot) . 
Chagrin ( voyez Goujon - 

Peichat) 

Cbardonneret 

Chardonneret à fève . . 
Chasse-Pigeon (voy. Eper- 

vier) 

Chat domestique . 
Chat sauvage. .... 
Chat -Huant {voy. Hulotte). 
Chatouille ( voyez Lam - 

prillon) 

Chauve-Souris Murin .* . 

Chéloniens 

Cheval. ...... 



4i 

42 



7 2 
80 



80 

80 
3o 
3o 
00 
io3 
100 

99 

100 

99 

100 

101 

18 
127 
127 
128 

i2 7 

io8 
3o 
35 

5 7 
1 25 

125 

124 

7 3 
7 3 

4» 

2 7 

42 

i3 7 
18 

109 
34 



— i45 — 



Chevalier aboyeur . . , 


94 


Chevalier Arlequin. 


q3 


Chevalier aux pieds rouget 




(voyez Chevalier Gam- 




bette) 


9 5 


Chevalier aux pieds verts. 


Q3 


Chevalier Cul-blanc , 


q4 


Chevalier Gambette . 


q3 


Chevalier Guignette 


94 


Chevalier Sylvain . . 


■ 94 


Chevêche 


45 


Chevenne 


i3o 


Chèvre domestique, . 


36 


— — > Ses races 


. 3 7 


Chevreuil 


. 35 


Chien domestique . 


. 25 


— — Ses races 


26 


Chipeau 


100 


Chomdroptérygiehs A BiUN 




CHIBS FIXES. . . . 


. i36 


ChONDHOPTÉRYSIERS A ERA1V 




CHIÊS LIBRES 


. 136 


Choucas 


i 5i 


Chouette Chevêche . . 


. 45 


Chouette Effraie. . . 


. 43 


Chouette Hulotte. . . 




Chrysophris fossile . , 


126 




' î 7 


Cigogne noire . . . 


• «7 


Cini 


7 1 


Cobaye Cochon-dMnde 


. 3i 


Cochevis 


. 66 


Cochon-d'Inde (voyez Co 




baye) 


. 3i 


Cochon domestique. . 


. 33 


Combattant Paon-de-mer 


92 


Coq domestique. . . 


. 81 


— — Ses races 


. 82 


Corbeau 


, 5o 


Cormoran grand. . 




Corneille mantelée . . 


. 5i 


Corneille noire . 


. 5i 


Coucou 


. 46 


Couleuvre à collier. . 


. n3 


Couleuvre lisse . . . 


. 114 


Couleuvre verte et jaune 


. u4 


Couleuvre Vipérine, . 


. n3 



Courlis de terre (voy, GEdic 
nème) 

Courlis d'Italie (voy. Ibis) 

Courlis, grand , . . 

Courlis, petit . . . 

Crapaud accoucheur . 

Crapaud brun . . , 

Crapaud commun . . 

Crapaud sonnant . . 

Crapaud vert. . . . 

Crapaud volant (voyez En 
gou lèvent) .... 

Gravant 

Cresserelîe . . . . 

Crocidure commune . 

Crocidure Leucode. 

Cujelier (voyez Alouett 
Lulu) 

Cul-blanc (voy. Chevalier] 

Cul-blanc (voy. Traquet) 

Cygne domestique . . 

Cygne sauvage . . . 

Cyrodtis fossile . . . 



84 
90 
90 

9° 
118 

us 

no 



99 
§9 



65 

94 
62 

97 
97 
1 26 



Daim 35 

Dindon domestique. . . 81 

Dorade de la Chine. . . i?8 

Draine. ...... 53 

Ducs (grand, moyeu, petit). 43 

E. 

Ecmassiers 83 

Echasse à manteau noir . 84 



Ecureuil 



27 



Edentés 3 

Effarvate 56 

Effraie 43 

Eléphant fossile. ... 3a 

Eirierillon 09 

Emouchet (voy. Epervier). 4i 

Engoulevent 5o 

Eperlan de la Seine (voyez 

Spirling) i32 

Epervier -. 4 s 



- i44 



Bpingale (voy. Epiooche). 125 
Epiooche aiguillonée . . 125 
Êpinoche à neuf épines . 126 
Ep'mochette (voy.Epinoche 

à neuf épines). . 
Etourneau. • . . 



121 



F, 

Faisan argenté . . . . 78 

Faisan doré ..... j8 

Faisan ordinaire. • • . 78 

Faucheau (voy. Busard). » 4 2 

Faucons ...... 58 

Faucon Pèlerin ...» 38 

Farlouse 64 

Fauvette ...... Sy 

Fauvette d'hiver (voyez Âc- 

centenr) 62 

Fer-à-cheval, grand . • i8 

Fer-à cheval, petit . . • 18 

Foin (voyez Fouine). • . 23 

Fouine 23 

Foulque Morelle. . . . 109 

Freux ....... 01 

Friquet. ...... 71 

Furet 23 

G. 

Gallinacés . . . . . 74 

Gardon. ...... i3o 

Garrot 102 

Geai • 52 

Gobe-mouche à collier. . 55 

Gobe-mouche Bec-figue . 55 

Gobe-mouche gris . > . 55 

Goéland à pieds jaunes • io5 

Gorge-bleue 58 

Gorge-rouge 58 

Goujon 129 

Goujon- Perchât (voy. Per- 

che-Goujonnière). . .124 

Grand-Duc 4^ 

Grasset (voyez Pipit des 

buissons) 65 

Gravier (voy. Bouvière) . 1 28 



Gravichat (voyez Grimpe 

reau). . . • 
Grèbe Castagneux 
Grèbe huppé. • 
Grèbe Jougris • 
Grenouille ponctuée 
Grenouille rousse 
Grenouille verte. 
Grimpereau familier 
Gbimpeubs, 
Grisette 
Grive • 
Gros-bec 
Grue . 
Guignard 
Guignette 

H. 



4; 
108 
108 
108 

116 
116 

47 
44 
5 7 
53 

70 
«7 
85 

94 



Halbran (voyez Canard sau- 
vage). ....... 100 

Harle, grand. .... io3 

Harle huppé . • . . « io3 

Harle Piette . • • . • io4 
Harpaye (voyez Buzard des 

marais) ...... 4 2 

Hérisson d'Europe ... 20 

Hermine ...... a3 

Héron cendré 88 

Héron pourpré . , . 88 

Hibou Brachiotte ... 43 

Hibou Grand-Duc ... 43 

Hibou Moyen-Duc ... 44 

Hibou Petit-Duc. ... 44 

Hirondelle de cheminée . 49 
Hirondelle de fenêtre . . 48 
Hirondelle de mer Epou- 
vantait ...... io4 

Hirondelle de mer Pierre- 

Garin îoi 

Hirondelle de rivage . . 49 

Hobereau 39 

Hoche-queue (V. Bergeron- 
nette) 63 

Huitrier 84 

Hulotte 43 

Huppe 48 



i45 



Hypsydon , 



Ibis Falcinelle 



Judelle (V. Foulque) 
I. 



Lamprillon. . . 
Lamproie fluviatile 
Lamproie, petite. 
Lanveau (V. Orvet) 
Lapin .... 
Lérot .... 
Lézard de murailles 
Lézard des souches 
Lézard vert . . 
Lézard vivipare . 
Lièvre .... 
Linotte. . . . 
Linotte de montagne 
Lissotriton â ceinture 
Lissotriton palmipède 
Lissotriton ponctué 
Litorue. . • 
Loche de rivière. 
Loche ordinaire . 
Locustelle . . . . 
Loir. .... 

LOPHOBBANCHES. . 

Lorclte (V. Spirling) 
Loriot .... 
Lotte .... 

Loup 

Loutre d'Europe. 

M. 



Macreuse 

M ALACOPTÉRYGIENS - ABDOMI- 
NAUX 

Malacopiérygiens-apodes. 
Malacopt^rygiens - SUBRA- 

CH1EPTS , 



125 



90 



109 



112 

3i 

2 9 
110 
110 
110 
111 

3o 

72 

7 2 

122 
123 
122 

53 

l32 
l52 

56 

2 9 
136 

l32 
52 

134 

24 

24 



102 

127 
134 

i34 



MAMMIFERES. . . . i 7 

Mammifères fossiles. 22, 3o, 
32, 33, 54, 35, 36 et 3 7 
Mammouth. ( V. Eléphant 
fossile) ...... 32 

Marouette. ..... 96 

Marte 22 

Martin-Pccheur . . . ; ^8 

Martinet de murailles . . 49 

Maubêche 92 

Mauviette (V. Alouette des 

champs) 65 

Mauvis 55 

Merle à plastron. ... 54 

Merle de roche .... 54 

Merle noir 53 

Mésange à longue queue . 67 
Mésange bleue .... 67 
Mésange Charbonnière. . 66 
Mésange Moustache. . . 67 
Mésange Nonnette ... 67 
Mésange petite Charbon- 
nière 67 

Meunier i3o 

Milan 4 l 

Milouin 102 

Milouinan. ..... 102 

Moineau ...... 71 

Morelle (V. Foulque). . . 109 

Morillon io3 

Mouchet ...... 62 

Mouette à pieds bleus • • io5 

Mouette à trois doigts • . io5 

Mouette rieuse .... io5 

Moutelle (V. Loche) • . i32 y 

Mouton. 37 

Moyen-Duc ..... 44 

Mulet (V. Ane) 34 

Mulot 28 " 

Musaraigne carrelet. . . 20 
Musaraigne commune • . 21 
Musaraigne d'eau ... 21 

Musaraigne Leucode • • 21 

Musaraigne porte-rames. . 20 

Muscardin 29 

Musette ( Voy. Musaraigne 
commune) ..... 21 



M. 



Noctule. 



O. 

Œdicnème criard . . . 

Oie cendrée 

Oie d'Egypte 

Oie domestique .... 

Oie première (voy. Oie cen- 
drée) 

Oie rieuse ...... 

Oie sauvage . , . . . 

OISEAUX 

Oiseau bleu (voyez Martin - 
Pêcheur) . . 

Ophidiens ...... 

Oreillard barbastelle . . 

Oreillard commun . 

Orfraie {voyez Pigargue) . 

Ortolan 46- 

Orvet fragile 

Ours des cavernes . . 

Outarde barbue .... 

Outarde cannepetière « . 

P. 



Pachydermes . 
Palmipèdes . 
Paon-de-mer . 
Paon domestique 
Passereaux . . 
Patte-noire (voyez 

Spioncelle). . 
Pêche- Vcron (voyez 

tin-Pêcheur) . 
Pélobate brun . 
Pélodyte ponctué 
Perche commune 
Perche Goujonnière 
Perdrix de 

montagne 
Perdrix grise . 
Perdrix rouge 
Petit-Duc. . 



Pipit 



Mar 



ou d 



9S 
38 

48 

n3 

l 9 

4o 
-68 
112 

22 
83 
83 



97 
9 2 
81 
5o 



146 — 

Pic-Bois (voyez Pic Épei 

che) 45 

Pic cendré. ..... 45 

PicEpeicbe 45 

Pic Epeichctte .... 45 

Pic Mar 45 

Pic noir ...... 44 

Pic vert ...... 45 

Pie 5a 

Pie de-Mer (voy. Huitricr) 
Piegrièche à poitrine rose. 54 
Piegrièche écorcheur . . 55 
Piegrièche grise .... 54 
Piegrièche rousse ... 5o 

Pigargue 45 

Pigeon bizet j5 

Pigeon domestiqué ... 76 

— Ses races ... 71 

Pinson . . 71 

Pinson d'Ardennes . . 70, 71 
Pintade domestique. . . $5 
Pipit à gorge rousse. . . 64 
Pipit des buissons ... 64 
Pipit Farlouse. .... 64 
Pipit Rousseline .... 64 
Pipit Spioncelle. ... 69 
Pipistrelle. . • . 
Plectognates. . • 
Plesiosaurus • .^ • 
Plongeon Cat-marin, 
Plongeon Lumme • 
Plongeon, petit (voy. Cas 

tagneux) .... 
Pluvier à collier, grand 
Pluvier à col interrompu 
Pluvier à collier, petit. 
Pluvier doré ... . 
Pluvier Guignard . . 
Poisson rouge (voy. Dorade) 
POISSONS . . . 
Poissons blancs ( voyez les 

Ables) ..... 
Poissons fossiles. 1 24, 1 26, 
Popue (voyez Huppe) . 
Pouillot à queue étroite. 
Pouiilot à ventre jaune. 



48 
118 

124 
124 

76 

79 
79 
78 
44 I Pouillot Fitis. 



»3i 

"7 

107 
104 

108 
85 
86 
85 
85 
85 

128 

123 



i3o 
27,1 36 
48 
i3 9 
,3 9 
i3o. 



— 147 — 

Poule d'eau ordinaire . . 97 Rousse (voyez Rosse) . . i3o 

Poule d'eau Poussin . . 96 Rousseline 64 

Proyer ....... 68 Rousserole 55 

Putois ....... 23 Rousserole, petite (voyez Ef- 

farvattej 56 

Q* Royat (voyez Troglodyte) . 60 
^v . lQ Ruminants. 35 

QuADEUMANBS l8 Ryflsling ^ 

B. 

Racaca (voy. Rousserole) . 55 
Racanette (voyez Sarcelle 

d'hiver) 101 

Raie fossile i36 

Rainette verte . . • . 117 

Râle d'eau 96 

Râle de genêt .... 96 
Ramier, grand .... yi 

Ramier, petit yi 

Rapacbs ...... 38 

Rat commun 28 

Rat d'eau 29 

Rat des moissons ... 28 
Renard Charbonnier . . 25 

Renard rouge 25 

Renongelle (voy. Rainette). 1 17 

REPTILES 109 

Reptiles fossiles. 109 — 111 — 112 
Requins fossiles . . 125 — 136 
Rhinolophe, grand et petit 18 
Roi de cailles (voyez Râle 

de genêt) 96 

Roitelet huppé .... 60 
Roitelet Triple-bandeau. . 60 
Rollier 52 

RONGEUBS • 27 

Roselet (voyez Hermine) . 23 

Rossât (voyez Rosse) . . )3o 

Rosse ....... i3o 

Rossignol ...... 57 

Rotengle i3i 

Rouge de-rivière (voyez Ca- 
nard Souchet), . . . 101 

Rouge-Gorge 58 

Rouge-Queue 58 

Rouget (voyez Canard Mi- 

luuin) 102 



S. 

Salamandre a ceinture . 122 

Salamandre crêtée . . . 121 

Salamandre marbrée . . 122 

Salamandre palmipède . 123 

Salamandre ponctuée . . 122 

Salamandre terrestre . . 121 

Sanderling 84 

Sanglier 33 

Sansonnet (voyez Etour- 

neau) 52 

Sarcelle d'Egypte (voy. Ca- 
nard à iris blanc). . • io3 

Sarcelle d'été 10 1 

Sarcelle d'hiver . . . • 101 

Sauriens 109 

Serin domestique ... 78 

Sérotine ; 19 

Sicilienne (voyez Mésange 

bleue) 67 

Sitelle Torchepot. ... 47 

Sizerin grand-cabaret . . 72 

Sonneur à ventre de feu • 118 

Souchet 101 

Soulcie. ...... 71 

Souris ....... 28 

Souris des champs (voyez 

Campagnol) . . . • 3o 

Spatule blanche. ... 89 

Spherodus gigas . ... 127 

Sphyrène fossile . . . . 124 

Spioncelle 64 

Spiriing i32 

Squales fossiles 1 56 

Stercoraire de Buffon . . 106 

Surmulot 27 



T. 

Tadorne . . . • , 
Tanche . • . . . 

Tarier v 

Tarin ...... 

Taupe commune . . 
Têtard (voy. Grenouille) 
Tiatia (voyez Litorne) . 
Tichodrome ... . 

Tiercelet (voy. Epervier) 
Tiers (voyez Morillon) . 
Tique-Mouche (voy. Gobe 

mouche gris) . . . 
Toc-tois (voyez les Pics) 
Torchepot (voyez Sitelle) 

Torcol 

Tortue fossile. . . . 
Tourne-motte (voyez Tra 

quet) 

Tourterelle à collier. . 
Tourterelle blanche. . 
Tourterelle sauvage. . 
Traîne- buissons (voy. Ac 

centeur) 

Traquet 

Traquet Pâtre . . . 



100 

129 
62 



116 
55 

47 
4i 
io3 



55 

45 

47 
46,69 
109 

62 

'1 
74 



62 
62 
62 



148 — 

Tréplu (V. Allouette Lulu. 
Trictrac (voyez Traquet 

Tarier) .... 
Trille (voyez Proyer) 
Triton crête . . . 
Triton marbré . . 
Troglodyte . • . 
Truite commune • 
Truite saumonée '. 



65 

62 
63 
121 
122 
60 
i33 
i33 



V. 

Vandoise ...... i5i 

Vanneau huppé .... 86 

Vanneau Pluvier. ... 86 

Verderolle. . . . . . 5j 

Verdier •••••• 70 

Verdière (voyez Bruant 

jaune) 68, 70 

Vcrdret (voy. Lézard vert). 110 

Véron • • i32 

Vigneron (voy. Ortolan) . 69 

Vilna (voyez Chevcn ne) i i3o 

Vipère commune . • • 1 15 

Z. 

Zeus fossile . • • . • 126 



FIN DE LA TABLE. 



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